Prunetti raconte les conditions de travail de son père, ouvrier dans l'industrie chimique, et la bataille juridique pour la reconnaissance de la maladie professionnelle qui l'a emporté. "C'est un travail dangereux de souder à quelques centimètres d'une cuve de pétrole. Une seule étincelle peut déclencher une explosion pouvant emporter une raffinerie entière. C'est pour ça qu'ils te disent d'utiliser cette bâche d'un gris sale, résistante à de très hautes températures car produite avec une substance légère et indestructible : l'amiante. Avec ça, les étincelles restent prisonnières. Toi, tu restes prisonnier avec elles et, sous la bâche d'amiante, tu respires les émanations libérées par la fusion de l'électrode. Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans tu es mort". Alberto Prunetti raconte l'histoire de son père, Renato, né en 1945 à Livourne, dans les terres de l'aristocratie ouvrière toscane. Soudeur dans les raffineries et les aciéries italiennes depuis l'âge de quatorze ans, Renato s'empoisonne lentement au travail : il respire de l'essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau, et finalement, une fibre d'amiante se glisse dans ses poumons. Il meurt à 59 ans, après plusieurs années passées à l'hôpital. En contrepoint de ce récit tragique, l'auteur rapporte ses souvenirs d'enfance, entre parties de foot et bagarres, et décrit toute une époque, sa musique, ses dialectes, ses grands événements sportifs - dans cette Toscane ouvrière où les années 1970 furent une décennie de luttes sociales, avant que les restructurations des années 1980 n'y mettent bon ordre. L'opposition entre le père, parfait représentant de l'idéologie stalinienne du travail, et le fils qui incarne très vite la figure du précaire, n'empêche pas que s'exprime le profond amour qui les lie, teinté d'agacement et d'amusement avant que la maladie ne s'installe. L'humour constant, la délicatesse des sentiments, l'érudition historique et technique se mêlent dans ce récit.
Nombre de pages
142
Date de parution
15/02/2019
Poids
150g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782748903799
Titre
Amianto. Une histoire ouvrière
Auteur
Prunetti Alberto ; Quadruppani Serge
Editeur
AGONE
Largeur
121
Poids
150
Date de parution
20190215
Nombre de pages
142,00 €
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Résumé : "Parce qu'ils s'en vont tous, à Londres, à Berlin, à Barcelone ou à Paris, et je leur dis, oui, c'est bien, prenez le train et fuyez à l'étranger, quittez cette Italie au bout du rouleau. Mais je vais vous dire autre chose n'oubliez pas que pendant que vous partez, tata-toum, tata-toum, tata-toum, sous chaque 108 mètres de votre fuite il y a deux rails construits par les ouvriers des aciéries de Piombino". Un rejeton de la fière classe ouvrière toscane, premier de sa famille à avoir fait des études supérieures, se retrouve à composer, dans une cuisine puante de Bristol, la pizza Margherita en hommage à l'autre Marguerite, la maléfique Thatcher. Il est flanqué d'un flibustier tout droit sorti de L'île au trésor, d'un acteur shakespearien dans la débine, d'un Pavarotti déboucheur de chiottes et de toute une troupe de semi-délinquants, lumpenprolétaires rebelles, amateurs de bière, de foot et de diverses substances. Ces souvenirs vrais sont passés au filtre de la poésie fantastique et de la critique sociale, dans un récit drolatique et émouvant, entre Ken Loach, George Orwell et H.P. Lovecraft. Un chant d'amour à une classe morcelée, malmenée par les managers doucereux et les superviseurs esclavagistes, mais qui résiste encore et toujours.
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