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L'atelier du roman N° 95, décembre 2018 : Simon Leys ou le plaisir de la critique
Proguidis Lakis
BUCHET CHASTEL
20,00 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782283032114
Avec ce numéro, L'Atelier du roman fête ses 25 ans. Aucun autre écrivain n'illustre mieux la raison d'être de notre revue que Simon Leys. Aucun autre écrivain ne peut mieux représenter notre ambition de pratiquer une critique littéraire " plaisante et robuste ", comme il est noté dès l'ouverture du premier numéro de la revue. Simon Leys (1935-2014) est surtout connu pour son " témoignage " Les Habits neufs du président Mao (1971), un livre en contraste absolu avec les illusions d'une grande partie des intellectuels occidentaux des années ‘60 à propos de la Révolution culturelle chinoise. Mais le succès d'un livre peut parfois occulter la valeur des autres. C'est ce qui est un peu arrivé avec Leys. Pourtant, cet écrivain belge et français a été un esprit universel, autant exquis que fécond, couvrant plusieurs champs littéraires : de la critique d'art et littéraire au reportage, des récits de voyage au roman et des essais spirituels à la haute sinologie. Articles, entre autres, de Denis Grozdanovitch, Morgan Sportès, Florent Georgesco, Patrice Jean, Eryck de Rubercy et Lakis Proguidis. Des pages sur Georges Bernanos, des chroniques, des nouvelles et les dessins humoristiques de Sempé couvrent le reste de la matière.
Nombre de pages
190
Date de parution
06/12/2018
Poids
380g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782283032114
Titre
L'atelier du roman N° 95, décembre 2018 : Simon Leys ou le plaisir de la critique
Auteur
Proguidis Lakis
Editeur
BUCHET CHASTEL
Largeur
170
Poids
380
Date de parution
20181206
Nombre de pages
190,00 €
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Résumé : L'idée optimiste et courante que nous nous faisons des relations entre un écrivain et son temps, ou un écrivain et la critique, consiste à penser que l'écrivain crée et qu'on tente de le comprendre. La bonne volonté serait donc à l'oeuvre. Mais s'il en allait autrement ? Si le malentendu était, pour ainsi dire, originel ? Et pire que le malentendu : un véritable travail de malveillance ? Une lutte à mort, subtile, complexe, implacable, un ostracisme de fond ? Voilà, en tout cas, la démonstration que ce livre minutieux et terriblement comique nous apporte : Gombrowicz écrit des romans dont personne ne veut, il s'explique en vain, la critique parle pour ne pas l'entendre et comme pour le raccompagner aux frontières, doucement et obstinément. "L'oeuvre est très peu connue. Elle s'achemine inéluctablement vers l'oubli. Seule la critique qui l'a accompagnée survit encore d'une certaine manière". Et s'il en allait de même pour tout écrivain ? Si, de plus en plus, notre belle et attentive humanité avait trouvé enfin le moyen de noyer sans bruit l'inconvénient majeur qu'incarne Ia littérature ?
On a souvent posé la question de la définition du roman, sans cesser de chercher le dénominateur commun qui rassemble dans un même art des oeuvres aussi dissemblables que Manon Lescaut ; Les Liaisons dangereuses ; Le Procès ; Ulysse, etc. Mais on peut aussi s'interroger sur ce qui nous attache, nous les lecteurs, à ces oeuvres, ce qui fait que nous allons de l'une à l'autre, ce que nous y cherchons et que nous ne trouvons pas ailleurs. Mieux encore : on peut se demander à quoi le roman lui-même nous lie ou nous relie, à quel point de vue et à quel regard, à quel savoir et à quelle durée il nous donne accès. Ce 97e numéro de L'Atelier du roman tente de répondre à ces interrogations. Le reste de la matière – parsemé des dessins humoristiques de Sempé – est composé de critiques de romans d'aujourd'hui et d'hier, d'ici et d'ailleurs ; de textes de nos chroniqueurs du Canada, des Etats-Unis et de l'Italie ainsi que des réflexions sur la dépréciation grandissante de la critique littéraire.
Francis Jammes écrivait à Colette : " Ils n'admirent point tant Gauguin et Verlaine pour ce qu'ils ont fait de génial que pour ce qu'ils eurent d'excentricité. " Si L'Atelier du roman consacre un numéro à Colette, ce n'est pas tant parce qu'elle risque d'être oubliée mais plutôt d'être réduite à un statut d'icône. Sa vie la place en effet parmi les précurseurs des mouvements sociaux qui ont connu leur éclosion lors la deuxième moitié du XXe siècle : le féminisme, la libération sexuelle, l'écologie, etc. Mais qu'en est-il de son oeuvre littéraire, de ses romans, de son théâtre et de ses nouvelles ? Qu'en est-il de la valeur de cette oeuvre et de sa place au coeur d'une époque durant laquelle la littérature française dominait la scène internationale ? Comment, aujourd'hui, lisons-nous Colette ? C'est la question que ce numéro de L'Atelier du roman soulève. Et l'envisager permet déjà d'y répondre : Colette doit avant tout être admirée pour son talent littéraire. Le reste de la matière est composée de critiques de romans, de chroniques et de courts textes de création. L'ensemble est illustré par Sempé.
Résumé : "Romancier (et sa vie). "L'artiste doit faire croire à la postérité qu'il n'a pas vécu", dit Flaubert. Maupassant empêche que son portrait paraisse dans une série consacrée à des écrivains célèbres : "La vie privée d'un homme et sa figure n'appartiennent pas au public." Hermann Broch sur lui, sur Musil, sur Kafka : "Nous n'avons tous les trois pas de biographie véritable." Ce qui ne veut pas dire que leur vie était pauvre en événements, mais qu'elle n'était pas destinée à être distinguée, à être publique, à devenir bio-graphie. On demande à Karel Capek pourquoi il n'écrit pas de poésie. Sa réponse : "Parce que je déteste parler de moi-même." Le trait distinctif du vrai romancier : il n'aime pas parler de lui-même. "Je déteste mettre le nez dans la précieuse vie des grands écrivains et jamais aucun biographe ne soulèvera le voile de ma vie privée", dit Nabokov. Italo Calvino avertit : à personne il ne dira un seul mot vrai sur sa propre vie. Et Faulkner désire "être en tant qu'homme annulé, supprimé de l'histoire, ne laissant sur elle aucune trace, rien d'autre que les livres imprimés". (Soulignons : livres et imprimés, donc pas de manuscrits inachevés, pas de lettres, pas de journaux.) D'après une métaphore célèbre, le romancier démolit la maison de sa vie pour, avec les briques, construire une autre maison : celle de son roman. D'où il résulte que les biographes d'un romancier défont ce que le romancier a fait, refont ce qu'il a défait. Leur travail, purement négatif du point de vue de l'art, ne peut éclairer ni la valeur ni le sens d'un roman. Au moment où Kafka attire plus l'attention que Joseph K., le processus de la mort posthume de Kafka est amorcé." Milan Kundera, L'Art du roman.