San "kia, deuxième roman de Zakhar Prilepine après Pathologies, qui racontait la guerre en Tchétchénie, témoigne du parcours d'une certaine jeunesse russe. Un roman qui se veut le pendant d'aujourd'hui de La Mère de Gorki. Sacha, militant d'un groupuscule d'extrême gauche, hantise de tous les services de sécurité, vient se réfugier un temps à la campagne auprès de ses grands-parents, après une manifestation qui a mal tourné. Il a cessé de travailler, vit d'expédients chez sa mère, qui se tue à la tâche à l'usine pour un salaire de misère et ne comprend pas les aspirations révolutionnaires de son fils. En plus de ses amis, avec qui il picole énormément, comme son père, mort d'alcoolisme, il y a Yana, une jeune fille responsable de la même organisation, dont il s'est épris. Arrêté quelques jours plus tard, torturé, humilié, laissé pour mort par la police, Sacha ne peut que se radicaliser davantage. Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée, avait de la sympathie pour ces jeunes, les seuls à oser affronter, à leurs risques et périls, le pouvoir en place. Des jeunes à qui on ne laisse que la liberté de se fracasser la tête contre les murs et de passer à l'action directe."Zakhar Prilepine est à la mode, expliquait un critique russe. Crâne rasé et chemise noire déboutonnée, il pourrait jouer au cinéma un killer ou un anti-killer. Il plaît à tous: aux uns pour son réalisme, aux autres pour un antilibéralisme militant; aux radicaux de gauche pour son héros révolté, qui hait la société de consommation avec sa liberté d'entreprendre et son délitement social; aux adversaires libéraux de toutes les révolutions parce que ce héros-là est condamné, et que ces gamins enragés qui cassent les vitrines et brûlent les voitures ne pourront jamais accomplir aucune révolution."A quoi l'auteur de San'kia répondait d'avance:"La Russie se nourrit des âmes de ses fils, c'est cela qui la fait vivre. Ce ne sont pas les saints, ce sont les maudits qui la font vivre."Pas étonnant qu'en quelques années Zakhar Prilepine soit devenu, dans son pays, l'un des écrivains les plus populaires et son roman San"kia un best-seller sur internet.
Nombre de pages
447
Date de parution
03/10/2009
Poids
410g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782742785759
Titre
San'kia
Auteur
Prilepine Zakhar ; Dublanchet Joëlle
Editeur
ACTES SUD
Largeur
115
Poids
410
Date de parution
20091003
Nombre de pages
447,00 €
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Zakhar Prilepine, que beaucoup considèrent en Russie comme le Maxime Gorki de notre temps, est l'auteur d'une dizaine de romans traduits dans plusieurs langues. San'kia, le plus connu d'entre eux, a fait de lui un gourou de la jeunesse. Ni ses idées politiques radicales ni son engagement dans le mouvement national-bolchevique de Limonov ne détournent de lui des millions de lecteurs. C'est qu'il empoigne la terrible réalité russe des "années zéro", de 2000 à aujourd'hui, sans pathos ni faux-semblants, avec une lucidité implacable servie par un immense talent. Je viens de Russie, recueil de miniatures écrites à la volée, forme un condensé merveilleusement spontané de ses émotions, de ses colères et de ses intuitions. Il y est donc question de politique, de littérature, d'histoire, d'amour, d'impressions de voyage, de tout ce qui le fait vivre et écrire à cent à l'heure.
Avec Je viens de Russie, chroniques coup de poing publiées par La Différence en 2014, les Français ont pu découvrir les passions, les colères et les combats de Zakhar Prilepine. Formidable écrivain et romancier de renommée mondiale, il partage "le pain chaud" de ses soucis quotidiens avec ses lecteurs. De sa plume anti-glamour et facétieuse, il tient un journal exceptionnel qui nous fait entrer au coeur de la vie russe actuelle. Si Prilepine ne cède pas un pouce de terrain dans son corps-à-corps avec les libéraux, il règle ses comptes en écrivain, avec un humour féroce. Sans détour ni arrogance, il confie ses craintes et ses antipathies. Aucune contradiction pour lui entre les sujets brûlants de l'actualité et la banalité du quotidien. Lisez ces courts récits chaleureux et électriques, et vous en apprendrez beaucoup sur le monde russe actuel, loin des stéréotypes.
Après "Je viens de Russie", "De gauche, jeune et méchant", Zakhar Prilepine cristallise la polémique sur une actualité dramatique qui dépasse les frontières du monde russe : l'Ukraine. Il y est allé souvent avant Maïdan et y est retourné après, comme correspondant de guerre et humanitaire. Il a levé les fonds et a consacré son prix du Grand Livre qui l'a auréolé en 2014 à l'organisation de convois pour le Donbass. Il les a lui-même accompagnés et a renouvelé l'opération en septembre 2015. Reporter sur le front, il sait mieux que personne mener le dialogue avec les combattants séparatistes que Kiev s'obstine à traiter de " terroristes ". La guerre, il l'a connaît depuis la Tchétchénie. Et il en parle sans pathos, avec une compassion toute retenue. L'émotion naît de la force de son écriture, pas d'une sentimentalité hypocrite. Non, la guerre en Ukraine ne l'a pas surpris : elle couvait depuis 1990 et les causes du conflit remontent à bien plus longtemps (les plus récentes renvoient à l'après-guerre de 14-18 et aux récidives pronazies des années 40). Son recul historique sur les événements qui ont éclaté en février 2014 se traduit par une analyse fine et sans concession du passé récent. " Le temps des troubles " que traverse l'Ukraine contemporaine, à l'instar de la Russie du début du XVIIe siècle, s'est tramé dans l'histoire. Et il explique comment. Avec une ironie mordante, il dissèque les responsabilités des acteurs politiques, russes et ukrainiens depuis l'effondrement de l'URSS. Il ne ménage pas la partie russe tout en assumant son soutien à la fermeté du Kremlin. Sa plume insolente ne rate pas les intellos du camp libéral qui, de Moscou ou de l'étranger, dissertent sans fin sur les options du Donbass, loin du front et loin de la misère. Ouvrage traduit du russe par Monique Slodzian.
Ce recueil de nouvelles permet à Zakhar Prilepine de nous parler à sa façon, qu'on a pu qualifier de ?brutale?, d'amour, des femmes, de la guerre, de mecs avec des histoires de chien qu'on mange bravement alors que c'est du porc, de filles délurées? Il y a un ton Prilepine, à coup sûr celui d'un grand écrivain. Les héros de Zakhar Prilepine sont des jeunes gens des années 1990 qui boivent énormément, se sentent ?paumés? et sont profondément las. Mais, ?c'est toute la Russie qui est lasse: ses pierres, ses arbres, ses maisons, ses routes, ses croyances sont fatigués. Même si l'horizon est bouché, même si les riches ne voient pas la pauvreté autour d'eux, c'est tout de même la Russie.? C'est dans cette Russie-là, horrible mais forcément aimée, que Prilepine nous entraîne A travers ces onze nouvelles, il nous parler d'amour et de guerre, des femmes et des ?mecs?, de comment on devient un homme, de la campagne qui se meurt (?Un Village mortel?), toujours à sa façon qu'on a pu qualifier de ?brutale?. La série des nouvelles ?entre mecs? (?Récit de garçons?) est souvent tristement comique avec des histoires de voitures déglinguées, de chien qu'on mange bravement alors qu'on découvrira le lendemain que c?était du porc (?Viande de chien?), de filles délurées? pour devenir tragique quand l'action se passe en Tchétchénie (?Le Meurtrier et son jeune ami?, ?Slavtchouk?) portée par des personnages particulièrement réussis comme Roubtchik ou le Primate. Mais dans cet univers masculin au possible, deux nouvelles (?Gilka? et ?Ma Fille?) montrent un Prilepine nostalgique à jamais de la tendresse des femmes. Avec une force d?évocation qui subjugue, une écriture brutale mais somptueuse, Zakhar Prilepine s'inscrit dans la grande tradition du roman russe. Il promène sur le monde un regard toujours tendre, étonné, émerveillé et plein d'humour, tout en faisant entrer dans ses romans une réalité brûlante, dérangeante, loin de l'image lisse, heureuse et conquérante que souhaite donner la Russie d'elle-même. Il y a un ton ?Prilepine?, à coup sûr celui d'un grand écrivain.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.