Il est peut-être l'heure de découvrir Priestley (1894-1984), que toute l'Angleterre applaudit pendant près d'un demi-siècle, et qui mérite de sortir de son purgatoire. Tel est le lot de ceux qui, à l'écart des avant-gardes et ne prétendant en rien à l'innovation, s'emploient d'abord à rester fidèles à un imaginaire singulier, et qui parfois poussent la discrétion jusqu'à accepter le succès, sans trop d'illusion sur les suites immédiates de l'affaire, mais confiants peut-être dans le jugement des surlendemains. Adam au clair de lune (1927) est le premier roman de Priestley, et déjà on l'y trouve tout entier. Une histoire toute simple, avec un héros tout simple, mais qui emprunte des sentiers délicieusement compliqués. L'argument pourrait se résumer ainsi : un jeune homme sans qualités s'en va passer quelques jours de vacances en Ecosse, et s'en reviendra changé pour la vie. Mais c'est ne rien dire de l'essentiel : de la construction tourbillonnante du récit, tout en fausses pistes, du chassé-croisé perpétuel des personnages, de leur non-conformisme foncièrement britannique, ni surtout de la grande question qui court entre les lignes comme le furet de la chanson : qu'est-ce-que la réalité ? ... et le rêve n'est-il pas le plus court chemin pour arriver jusqu'à elle ? Nous sommes dans un roman, mais l'atmosphère, comme dans le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, ou dans les meilleurs films de Renoir (La Règle du jeu, Le Carrosse d'or), hésite entre la comédie mélancolique et le conte. Un homme va de femme en femme et fait à ce jeu le seul apprentissage qui compte : celui du désordre. L'on devine bientôt comment va finir la fête, trop belle pour être vraie, trop cruelle pour être vraiment illusoire : entre douceur et tristesse, dans ce silence tremblé où s'éteignent les derniers lampions, tandis que la fraîcheur monte du petit matin gris. Le monde est là, avec ses fausses couleurs et son air de ne pas y toucher. Il faut vivre. L'air de ne pas y toucher. Ce serait peut-être bien là le secret de Priestley.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
272
Date de parution
25/02/1997
Poids
312g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782859404666
Titre
ADAM AU CLAIR DE LUNE
Auteur
Priestley J-B
Editeur
PHEBUS
Largeur
140
Poids
312
Date de parution
19970225
Nombre de pages
272,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Aube aime son père. De tout son coeur. Il est le soleil de sa vie, son prince charmant, le gardien de ses rêves et de ses cauchemars. Son père aime sa petite princesse. De tout son corps. Elle est l'inspiration de ses jeux interdits, son unique obsession, son pantin. Ensemble, ils filent le parfait bonheur. Jusqu'au jour où il lui prend ce qui lui restait d'enfance et d'innocence. Aube commence alors à s'éteindre pour ne reprendre vie que bien des années plus tard, peu avant son dix-huitième anniversaire, dans un bureau du Directeur de la Protection de la Jeunesse. L'expérience d'Aube ressemble malheureusement à celle de nombreux autres filles et garçons. mais elle a ceci de spécial : Aube a choisi de briser le mur du silence. Dans ce roman, l'inceste est abordé sans tabous afin de lever le voile sur un sujet dont les victimes et leur entourage osent très peu parler.
Rentrée littéraire 2025 Prix Pulitzer 2024 1874, au lendemain de la guerre de Sécession. Sur les routes de Virginie-Occidentale se croisent civils et soldats, renégats et vagabonds, affranchis et fugitifs. ConaLee, 12 ans, l'adulte de sa famille depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, entreprend un voyage avec sa mère, qui n'a pas prononcé un mot depuis des mois, et l'homme qu'on lui a dit d'appeler "papa" . Ce vétéran sudiste, qui s'est imposé dans leur monde, les dépose à l'entrée de l'asile d'aliénés de Trans-Allegheny. Là, loin de leurs proches, se faisant passer pour une dame et sa bonne, mère et fille empruntent le long chemin de la guérison. Une fois de plus, Jayne Anne Phillips tisse un récit envoûtant où la mémoire collective, les secrets familiaux et les fracas de l'Histoire se conjuguent. Dans une prose d'une beauté âpre, elle s'attache à dépeindre avec empathie les victimes, les blessés dans leur chair et leur âme. Et fait revivre une galerie de personnages mémorables : Dearbhla, la guérisseuse irlandaise qui sait lire dans les pierres, O'Shea, le veilleur de nuit amnésique ou encore Mrs Hexum, la cuisinière au grand coeur. Autant de sentinelles qui tentent à leur échelle de protéger un monde qui se délite et de réparer les vivants.
Vous voulez que je vous ouvre ma tête pour aller voir dedans ? Si j'étais vous je voudrais pas savoir." C'est un homme inquiet qui appelle la gendarmerie parce qu'il est sans nouvelles de sa femme. C'est une infirmière aimant marcher seule quand le sommeil la fiait. C'est un petit garçon avec des yeux profonds comme des lacs et qui a perdu sa mère. Mathis a six ans. Il est le dernier témoin du drame qui s'abat sur lui. Alors il répond quand on l'interroge, hésite, se reprend, questionne le vide. Car lorsqu'on disparaît, c'est bien qu'on est encore quelque part, non ? Cette histoire commence dans le Narbonnais, juste avant Noël. Un couple sur le point de se séparer, des étangs fouillés sans relâche, un enfant seul. C'est sa voix que l'on entend. Voix de tête dans ce roman où amour, violence et solitude sont disséqués tour à tour par les principaux intéressés en un long chant qui se déploie jusqu'à l'inexorable. Y a-t-il plus grand trauma que de perdre sa mère du fait de son père ? Partant d'un angle mort des féminicides, Delphine Saubaber nous plonge dans un roman déchirant d'une sidérante vérité.
Rufous Flanagan, cartographe spécialisé dans le recensement des espèces en voie d'extinction, est lui-même sur le point de disparaître. Atteint d'une démence précoce qui s'attaque irrémédiablement à sa mémoire, il se lance un défi : revoir une dernière fois ses frères et soeurs, mais aussi, avant de l'avoir totalement oubliée, la cabane où ils ont trouvé refuge pendant plusieurs mois, des décennies plus tôt. Commence une odyssée périlleuse, sur les sentiers isolés de Colombie-Britannique, alors que les feux de forêt font rage. Car Rufous doit affronter non seulement une nature hostile, mais surtout le démantèlement de son propre esprit. Ses souvenirs, tantôt vivaces, tantôt fugaces, deviennent une carte qui le guide dans un voyage où la frontière entre rêve et réalité s'estompe... Lettre d'amour à un monde en sursis, Ciel noir, coeurs battants nous emmène à la recherche du temps perdu et d'une identité fracturée. Et réaffirme avec mélancolie la puissance des liens, familiaux ou choisis.
Dans un futur proche où le grand dérèglement contraint aux migrations, un père a choisi de fuir la ville pour emmener sa famille sur la Butte, le domaine de ses ancêtres isolé en montagne. Pilha, Dag et Mette, ses trois filles, y endurent une vie de servitude sous les ordres de leur mère. Il y a aussi Finn, le frère, né un jour de tempête, le seul pour lequel le père envisage un avenir. Car viendra le temps où il faudra conduire chacune des filles en haut de la montagne. Ainsi en a décidé la malédiction qui pèse sur la lignée. Ainsi en a décidé le père. Il faudra sacrifier au rituel. Parce que ce qui coule entre les cuisses des filles ne permet pas le doute. Lorsque Pilha, l'aînée, est atteinte de la mystérieuse maladie du sang, elle est escortée jusqu'au Mont. Et Pilha ne revient pas. Dag l'a compris, elle sera la prochaine. Alors, c'est décidé : son sang ne coulera pas. Dans la forêt dont elle a fait son royaume, la tension monte. Et de découvertes macabres en révélations, la jeune fille trouvera le courage de s'arracher à la funeste destinée familiale.