La Grande Sauvagerie, c'est le nom que les coureurs de bois du Canada français ont donné à ce qui s'est appelé, en d'autres temps et d'autres lieux, The Wild: l'espace inviolé, le blanc sur la carte. L'expression s'est perdue et ne parle plus guère à personne. La Grande Sauvagerie, c'est aussi un lieu-dit, un rocher qui domine un coin de la campagne limousine. Les guides touristiques le signalent à l'attention pour sa lanterne des morts, une simple tour de granit, sans grâce. Les habitants du pays ont oublié depuis longtemps qu'un feu y brûlait jadis, qui guidait les voyageurs dans la nuit. Thérèse Gandalonie a grandi à Saint-Léonard, à l'ombre de la lanterne des morts. Puis elle s'en est allée. Elle a traversé l'océan. Elle a découvert, dans les bibliothèques américaines, le Journal inédit de Jean-François, peintre d'ex-voto établi à Montréal, cousin à la mode de Bretagne du Grand Rameau. Elle a compris en le lisant que les deux Grandes Sauvageries renvoyaient l'une à l'autre. Quand elle s'en retournera, elle saura désormais apercevoir, infusée dans le paysage, une histoire oubliée de tous. Elle la déchiffre pour nous. C'est sa voix que nous entendons, une voix rocailleuse traversée par le vol des lucioles.
Nombre de pages
153
Date de parution
05/01/2010
Poids
204g
Largeur
139mm
Plus d'informations
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EAN
9782864326014
Titre
La Grande Sauvagerie
Auteur
Pradeau Christophe
Editeur
VERDIER
Largeur
139
Poids
204
Date de parution
20100105
Nombre de pages
153,00 €
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Il existe une image commune de Giono avec laquelle chaque lecteur compose : Giono est le romancier de la haute Provence; il s'est fait l'apôtre d'une civilisation paysanne idéalisée et le pourfendeur de la modernité devant les menaces d'un conflit mondial, il a prôné un pacifisme intégral après guerre, Giono se replie sur ses activités d'écrivain et évolue vers un art plus dépouillé, marqué par l'anthropologie sombre de Pascal et la prose rapide de Stendhal. Cette image, qui est celle de tous, est légitime et pourtant inexacte Giono est et n'est pas le chantre de la Provence (la Provence de ses livres est un "Sud imaginaire"); Giono est et n'est pas l'apôtre d'un "retour à la terre" (il n'a jamais succombé à la tentation de l'idylle); distinguer dans l'oeuvre de Giono deux "manières" est et n'est pas légitime (si la rupture est incontestable, elle ne suffit pas à ruiner le sentiment d'une continuité). Jean Giono était profondément attaché à la notion d'oeuvre. Il avait le sentiment que tous ses livres réunis formaient un tout. Il n'a cessé de les organiser en cycle ou en série. Le "Cycle de Pan", le "Cycle du Hussard" et les "Chroniques" témoignent tout au long de sa vie d'écrivain, de part et d'autre des "deux manières", de sa volonté d'être l'architecte d'une oeuvre. C'est le respect de cette ambition qui a dicté les partis pris de ce livre. On abordera successivement l'oeuvre selon deux perspectives : - dans une première partie on adoptera une présentation chronologique qui s'attachera à donner une vue d'ensemble du cheminement d'écrivain de Giono. Cette première approche cernera l'esprit des manières successives et sera attentive à la constitution des ensembles romanesques tout en proposant une lecture des principaux sommets de l'oeuvre (résumés, analyses succinctes); - une seconde partie adoptera une présentation synchronique, faite de parcours transversaux, thématiques et stylistique, qui seront l'occasion d'approfondir les lectures de la première partie tout en les mettant en perspective.
Le matériau qu'utilise Simone Pheulpin est des plus simples : des bandes d'un calicot non blanchi, un coton brut traditionnel des Vosges. Méconnaissable, cette matière est modifiée dans sa structure et sa nature par son façonnage en un empilement régulier et dense de plis, maintenus sur l'intérieur par une multiplicité d'épingles à l'exclusion de tout autre procédé. Circonvolutions, failles et effets de matière : l'aspect organique et minéral des ouvrages ainsi obtenus (dé)voile des espaces poétiques où rêve le regard.
La Souterraine peut se lire comme l'accomplissement d'une promesse : " Nous avions juré de nous rappeler jusqu'à l'heure de notre mort - c'était la formule que j'avais répétée après elle - ce que ça fait d'être un enfant. " Sur le chemin qui les ramène chaque dimanche de Lubersac, le village de la grand-mère, vers cette ville qui est la leur et " dont le nom est secret ", Laurence et son frère, le narrateur, ont inventé, pour conjurer l'ennui et la nausée qui les assaillent en voiture, un jeu qui consiste à s'emparer de chaque détail du paysage en lui attribuant une histoire. C'est ainsi que l'enfance se protège et s'oriente dans le brouillard des routes, de la peur, de la famille, de la géographie et de l'Histoire. Un soir d'hiver, sur l'écran de la vitre, ce brouillard que fend la voiture devient pour le frère et la s?ur l'épaisseur même du langage. " S'engouffrer dans les mots ", comme tout y invite dès lors, c'est explorer " l'intimité insituable des rêves " au risque de se perdre en retour dans ce qu'ils ont pour fonction de conjurer.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.