Violente satire de la bêtise bourgeoise ou hymne à une intelligence laissée en jachère par une humanité qui manquerait du courage et de l'obstination manifestés par Bouvard et Pécuchet ? Roman d'un vieil écrivain aigri par ses échecs éditoriaux et théâtraux, la mort de ses amis les plus proches et sa propre ruine financière ou pamphlet porté tout au long d'une vie et qui vient enfin à maturité pour être jeté à la face d'un public incapable même de le lire ? Avec Bouvard et Pécuchet, son "testament" comme il l'annonce, Flaubert rend en guise de dernière copie un texte complexe et protéiforme qui répond à une triple ambition, à la fois projet de vie, projet philosophie et projet littéraire. L'écriture se suit alors comme une aventure qui interroge la nature du genre romanesque en discutant la nécessité même des personnages, en revenant sur les principes esthétiques de structure pyramidale chers à l'auteur et en occupant in fine une place toute singulière dans la production flaubertienne, forte de ses si nombreuses spécificités au nombre desquelles l'inachèvement n'est que la plus visible. En proposant une conception souvent contradictoire du Savoir, l'écrivain-intellectuel mêle à sa critique de la Bêtise une remise en cause violente de la société où l'humour, le grotesque et l'ironie apparaissent comme les armes les plus redoutables. Fort d'une posture de misanthrope assumée, Flaubert s'empare du Savoir comme d'un masque fait pour un écrivain définitivement supérieur. Par son dernier roman, c'est bien l'avenir de la littérature que Haubert interroge : le discrédit jeté sur la parole humaine autorise-t-il encore une parole littéraire et la dénonciation des réalismes prétendus au profit des thèses de "l'art pour l'art" n'est-elle pas autre chose qu'un plaidoyer nihiliste ? Où situer une telle oeuvre dans toute la littérature et de fait comment envisager encore des héritiers à une forme romanesque si novatrice quand elle ne peut que condamner au silence les futurs Beckett, Cioran et autres Ionesco...
Nombre de pages
208
Date de parution
13/11/2012
Poids
285g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841746101
Titre
Bouvard et Pécuchet, le savoir et la sagesse
Auteur
Poyet Thierry
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
285
Date de parution
20121113
Nombre de pages
208,00 €
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Résumé : Saint-Etienne, 26 mai 1944. Plus de mille bombes s'écrasent sur la ville, les morts se comptent par centaines. Parmi eux, deux frères de huit et quinze ans. Comment surmonter l'horreur ? Brigitte, leur jeune soeur, va grandir dans le souvenir, le chagrin et l'espoir. Nous sommes en 1948 et en ces temps d'après-guerre, Brigitte 14 ans, son certif' en poche, doit travailler à l'usine, même pour une paye modique, elle doit aider ses parents. Son enfance a disparu il y a quatre ans sans s'en rendre compte, le jour où les Américains ont bombardé la ville. Elle va sortir de l'enfance, découvrir le monde, connaître ses premières amours : la fin des années 40, les années 50 se donnent à elle comme une seconde chance. Mais y a-t-elle droit ? Et que lui faut-il faire de sa vie dans cette ville ouvrière où les portes semblent toutes fermées à qui n'est pas né du bon côté ? Un mariage, un enfant... mais le bonheur ne niche pas toujours où on va le chercher et il faudrait déjà recommencer sa vie...
Résumé : Les images et les réputations s'entrecroisent et il reste de Flaubert cent vingt ans après sa mort un écrivain à l'existence bourgeoise qui détesterait les bourgeois, un homme dont l'?uvre et surtout la correspondance ne cessent de dire les contradictions, résultats d'une quête d'identité et d'un malaise provoqués par la société. Au fond, Flaubert a peut-être été fasciné par cela même qu'il redoutait : le suicide par exemple et toutes sortes de pratiques, de mode de vie originaux, différents mais surtout, en politique notamment, dans le rapport à la société plus généralement, un certain goût, plus ou moins implicite, pour le nihilisme. Flaubert nihiliste ? L'Education sentimentale ne cesse de dire son goût pour un romantisme du désespoir et du lamento, une sorte de complaisance pour toutes les influences pessimistes, une attirance, si peu souvent teintée de répulsion, pour toutes les formes de l'échec : politique, amoureux, humain. Parce que L'Education sentimentale clame la misanthropie de Flaubert, son rejet de l'espoir et de l'illusion, cette conviction bien enracinée selon laquelle plus rien ne vaut. Pas même de crier sur tous les toits que la mort est préférable à la vie parce que Flaubert ne le croit pas ! Un Flaubert revenu de tout, voilà ce que cherche à démontrer Le nihilisme de Flaubert, alors même que l'écrivain à ce moment-là nous apparaît plus engagé que jamais dans une dénonciation générale de l'existence, par-delà la sienne et celle de ses personnages qui ne sont jamais que la représentation réaliste de sa génération.
Résumé : Malgré quelques succès de librairie incontestables et une existence littéraire dense, Maxime Du Camp est tombé dans l'oubli. Depuis la fin de sa vie, il n'en est plus sorti. Ami de Théophile Gautier, éditeur des plus grands écrivains de son temps, de Baudelaire aux frères Goncourt, il n'est plus connu que pour ses Souvenirs littéraires et ses révélations fracassantes sur la santé de son grand ami : Gustave Flaubert. Condamné pour son infidélité et considéré comme un traître aux théories esthétiques de l'auteur de Madame Bovary, Maxime Du Camp n'est plus lu ; jamais cité, il est rarement réédité. Pourtant, Du Camp a écrit deux grands romans, dont l'un rencontra très largement le public, deux recueils de poésie, dont l'un se présenta comme le manifeste d'une modernité révolutionnaire, et une belle série de contes et nouvelles. Largement empreinte de romantisme mais en adéquation avec le réalisme de son époque, son oeuvre a contribué à offrir dans la seconde moitié du XIXe siècle une autre littérature que celle de Flaubert. Si le personnage ducampien et l'esthétique romanesque qui le porte entretiennent de nombreux liens avec l'esthétique et le personnage flaubertiens, Maxime Du Camp propose, quant à lui, une littérature qui essaye d'être utile à son lecteur et qui se veut positive : une littérature plus sandienne. Loin du projet du livre sur rien et de l'esthétique de "l'art pour l'art", Maxime Du Camp a souhaité une littérature qui aide son semblable à vivre et à accepter la condition humaine. De l'épanchement autobiographique à une peinture de son époque, de ses tableaux parisiens à ses atmosphères orientales, Du Camp a cherché toutes les voies possibles pour éviter à l'art littéraire un repli sur soi qui le contraindrait bientôt à ne s'offrir plus qu'à une élite. En rupture avec son ami Flaubert et pourtant si proche, Maxime Du Camp s'est voulu l'autre romancier de son temps. Cette étude se propose comme une rencontre d'un écrivain sottement oublié, non pas dans un quelconque projet de réhabilitation d'un auteur que l'on jugerait mineur mais bien pour éclairer autrement le riche foisonnement parfois contradictoire de la littérature des années 1850/1880.
Madame Bovary constitue l'une des oeuvres les plus marquantes de la littérature française, elle a bouleversé le genre romanesque au dix-neuvième siècle. Comment la lire cent cinquante ans après sa publication si ce n'est en donnant la parole à son auteur, Flaubert, qui nous a laissé un corpus de lettres sans équivalent ? Il nous y révèle à la fois comment l'inspiration vient à l'écrivain, quel travail l'écriture représente pour lui, les conséquences d'une publication et surtout tout un ensemble de remarques théoriques et de concepts sur l'art d'écrire indépassés, et peut-être indépassables... Recenser toutes les lettres de Flaubert qui évoquent Madame Bovary, du moins tous les extraits qui s'y rapportent, c'est proposer au lecteur d'aujourd'hui un regard particulièrement lucide qui témoigne à la fois d'une expérience singulière et des pratiques d'écriture qui transcendent l'oeuvre en question. La rencontre de Flaubert épistolier dans les années de rédaction de Madame Bovary (1851/1857) constitue une aventure largement comparable à la lecture du roman. En permettant d'accéder aux arcanes de l'écriture, elle transforme les lecteurs en autant de spécialistes de la création littéraire.Maître de conférences en littérature française, Thierry POYET est membre du Centre de Recherches sur les Littératures Modernes et Contemporaines (CRLMC), équipe Révolutions et Romantisme de l'Université Blaise-Pascal, à Clermont-Ferrand. Il a publié de nombreux articles et ouvrages consacrés à Flaubert, et à sa correspondance notamment. Il enseigne à l'IUFM d'Auvergne.
Zalmen Gradowski est né en 1910 à Suwalki, ville polonaise située près de la frontière lituanienne, dans une famille de commerçants très religieux. Le 8 décembre 1942, il est déporté avec sa famille à Birkenau qui est gazée le jour même; quant à lui, il est rapidement transféré au Sonderkommando du crématoire III. Il est assassiné le 4 octobre 1944 lors de la révolte du Sonderkommando dont il est un des chefs.