C'était au moment où l'OTAN prit la décision d'envoyer des troupes ici. Ma feuille de mobilisation est arrivée à la maison et je me suis retrouvé dans le pétrin. " Il revoyait la cérémonie du rasoir et se rappelait avoir développé une haine sans nom pour le troufion chargé de l'office. Puis il y avait eu la vaccination, le marquage en chaîne avec des pistolets à sérum. Sans oublier la leçon d'instruction politique où on leur assura que l'Afghanistan c'était la nouvelle guerre d'Espagne, qu'ils gagneraient beaucoup d'argent. Lucas expliqua à un bureaucrate en treillis qu'il était monté quelquefois à cheval, qu'il s'était fait une trouille bleue en risquant un jour un saut à l'élastique du haut d'une grue publicitaire, enfin qu'il se débrouillait dans les langues indo-européennes, en arabe, en persan. "Alors ils m'ont collé l'étiquette d'interprète attaché au régiment héliporté et nous avons décollé en pleine nuit pour nous fondre aux étoiles." Ici, ni champ d'honneur ni héros. Pas d'ennemi déclaré, mais une embuscade aussi sauvage qu'irréelle. Au c'ur du massif de l'Hindu-kush, Lucas croira bien entrer dans le monde des morts, puis renaître grâce à Kenza. Avec toute la force d'un amour sacrifié d'avance, la jeune pianiste afghane écoute le soldat moribond raconter sa vie passée : d'autres deuils, d'autres amours, mais aussi d'autres montagnes, où, jadis, il apprivoisait l'univers en pêchant la truite.
Nombre de pages
292
Date de parution
13/01/2000
Poids
390g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782841111459
Titre
Un soldat de passage
Auteur
Poumirau Patrick
Editeur
NIL
Largeur
142
Poids
390
Date de parution
20000113
Nombre de pages
292,00 €
Disponibilité
Epuisé
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C'était la première fois que je voyais Doria Zed. Ou presque: un entrefilet accompagné d'une photo, parcouru dans la salle d'attente d'un cabinet dentaire, m'avait appris que cette femme arrivait d'un désert lointain où elle avait sculpté un gisant géant dans une montagne de sel. Mais je ne fis le rapprochement que plus tard. Que furent les premiers instants ? D'un pas rapide, nous avançâmes dans la travée du supermarché inexplicablement vide à ce moment-là, face à face, chacune poussant son chariot, un peu comme deux chevaliers du Moyen Age lancés dans une joute. Nous posâmes en même temps la main sur la même tablette de chocolat. Une tablette aux écorces d'orange. Elle plaisanta, parvint à me faire rire, et aussitôt un souffle balaya les nuages, une sorte d'éclaircie nettoya mon ciel intérieur. Une chevelure épaisse et fauve la coiffait superbement. Dans son caddie, white-spirit et riz basmati. " Doria Zed suscite la fascination chez tous ceux qui l'approchent. Magnétique, elle traque dans chaque chose l'essentiel. Doria Zed a un secret.
Il reçoit les gens comme s'il avait le temps, pourtant la salle d'attente est toujours pleine à craquer. Certains malades viennent de loin et peuvent lire sur sa porte : à toute heure du jour et de la nuit. Il parait que les enfants les plus timides l'entretiennent de trèfles à quatre feuilles, de cueillette de champignons bizarres, de girafes ignobles habillées de piquants, d'assassinats de lézards, de baisers volés à leurs parents, de pluies de coups... On l'a vu jouer aux billes sur sa moquette avec des cancres en grande difficulté. Les petites filles oublient leur poupée sur sa chaise. Il ne parle jamais de lui. " Tu pleureras avant ce soir est un recueil en forme de galerie de portraits. Dix-neuf histoires, autant de concentrés de romans qui mettent au jour la poésie de notre quotidien. D'une simplicité brute et d'une étonnante intensité.
Grièvement blessé lors d'un assaut antiterroriste dans le métro de Londres, un écrivain fixe une dernière fois en mots ce que fut sa vie. Venu à Londres pour déposer le manuscrit de son premier roman à son éditeur, Félicien Ramuz est pris en embuscade lors d'une attaque antiterroriste dans le métro. Il comprend bientôt que c'est lui qu'on vise, lui le terroriste présumé. Il reçoit plusieurs balles dans le corps, s'effondre mais ne meurt pas, au grand dam de l'équipe d'agents spéciaux: « On avait pourtant dit: Shoot to kill! »Panique dans la station, cris, hurlements, on s'approche du « corps ». Dans le vacarme, Ramuz essaie de se faire entendre, de clamer son innocence, sa bonne foi. En vain. Il voudrait comprendre. Pourquoi lui? Que lui reproche-t-on? Dans une semi-conscience, il voit le visage de sa mère, revit des scènes de son enfance, en banlieue parisienne. Surtout, il voit les yeux rieurs de Clémentine.Bientôt les secours arrivent, sortent Félicien des bouches de l'Enfer. Couché sur son brancard, il regarde le ciel qu'il ne pensait plus jamais revoir. La foule est compacte autour de lui, la police, les passants, mais aussi tous ceux qu'il a aimés, ceux qui ont compté dans sa vie sont à présent à son chevet. Certains moments de son existence remontent par bouffées: le bateau quittant l'Algérie, la tombe de son père, M. de Péco le génial professeur, et Barbara, son grand amour. Non loin, une petite fille a ramassé son manuscrit. Elle le lit? Non, elle déchire les pages tachées du sang de l'écrivain.Ramuz a aimé Barbara plus que tout. Après un an de vie commune, Barbara a disparu pour ne plus revenir. Il a passé des années à la chercher à travers le monde. Ce n'est que sept ans plus tard qu'il a reçu une lettre de Barbara et une photo. La photo d'une petite fille aux yeux rieurs, la photo de leur fille, Clémentine. La verra-t-il jamais...
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