IUn si calme petit cimetièreIl vous est peut-être arrivé de visiter le cimetière d'Auteuil, cet insolite petit carré de tombes cerné de grands immeubles que nous découvrons après avoir cherché son imposant portail d'entrée dans la calme et courte rue Claude-Lorrain. Il a accueilli les morts du village d'Auteuil lorsqu'en 1800 l'ancien cimetière du village qui cernait l'église Notre-Dame fut abandonné. En 1860, l'inclusion d'Auteuil dans ce qui devenait le Grand Paris l'enferma de saisissante façon dans la trame urbaine d'un XVIe arrondissement en pleine expansion. Ouvert pendant quelques années de façon gratuite à qui s'y présentait, il devint rapidement le cimetière des familles aisées qui jugèrent prudent d'y acquérir des concessions à perpétuité. Si vous l'avez visité, votre curiosité s'est peut-être attardée à comparer les monuments bigarrés que les styles de différentes époques et les familles ont dédiés à leurs morts, mais vous avez sûrement sollicité votre mémoire à la lecture des noms célèbres qui y étaient gravés: Charles Gounod, Hubert Robert, Abel Gance, Pierre Benoit, Jean-Baptiste Carpeaux et bien d'autres encore. Vous vous êtes sûrement arrêté chemin Benoît, celui qui borde précisément la division 10, où vous auriez pu en un raccourci topographique rouvrir une grande page d'histoire littéraire et philosophique en contemplant deux tombes. L'une d'elles, très sobre, est composée d'une grande plaque de granité que le temps a teintée d'un gris terne et maculée de lichens roussâtres. Il faut s'appliquer pour y lire sur des lettres en partie effacées le nom de celle qui y est inhumée: Anne-Catherine de Ligniville; en d'autres termes, la célèbre Mme Helvétius. À quelques pas de là, un enclos cerné par une grille de fer forgé attire l'oeil parce qu'il impose à notre attention l'élévation, à la tête d'une plaque tombale fort dégradée, d'une pierre de granit ouvragée d'un caducée hippocratique mais dépourvue de croix, qu'une exubérante et sauvage végétation semble vouloir masquer à notre regard. Au sommet de celle-ci, on peut déchiffrer avec difficulté de grandes lettres en partie gommées par le temps et dont l'assemblage restitue le nom de Cabanis. Ainsi, par-delà leur mort, se retrouvent si proches en éternité deux personnages qu'un hasard réunit un jour et qu'un indéfectible amour, si l'on veut bien garder à ce terme celui qui caractérise la relation d'une mère et d'un fils, lia jusqu'à la mort. Cette proximité en souligne d'ailleurs bien la force et la nature car elle fut ardemment souhaitée par l'un et l'autre des défunts.IlUn rendez-vous posthumeMme Helvétius, de trente-huit ans plus âgée que Pierre-Jean-Georges Cabanis, mourut en 1800 à l'âge de 81 ans. Selon sa volonté, elle voulut être enterrée au bout du parc de sa célèbre «maison d'Auteuil», dans le caveau qu'elle avait fait construire à l'extrémité droite du pavillon où Cabanis avait passé les premiers temps de son mariage avec Charlotte de Grouchy, la soeur de Sophie de Condorcet. Sans doute imaginait-elle en cet endroit sa demeure éternelle, d'autant que Cabanis et l'abbé Laroche, dont elle disait qu'ils avaient «fait le bonheur de sa vie», en garderaient selon ses voeux la jouissance quand bien même la propriété en reviendrait à ses filles. L'avenir en décida autrement. En 1817, la propriété fut vendue. Le corps de Mme Helvétius fut transporté au cimetière d'Auteuil en une tombe fort anonyme que seuls les rares initiés savaient reconnaître à la borne cadastrale qui en marquait l'emplacement. Un anonymat qui dura jusqu'en 1892, date à laquelle fut enfin posée sur sa sépulture cette dalle simple portant son nom.(...)
Jacques Daviel fut au coeur du XVIIIe siècle l'équivalent d'un Ambroise Paré ou d'un Christian Barnard, chirurgiens pionniers, aventuriers de la science et de la technique au service de l'homme. C'est Daviel qui, le premier, opéra avec succès des patients de la cataracte. Tous les ophtalmologistes doivent à ses conceptions et à son courage leurs réussites présentes. Par-delà les siècles, un grand médecin d'aujourd'hui propose la biographie sensible et richement documentée d'un grand médecin d'hier. Quand l'âge du laser se souvient des premières audaces de la chirurgie.
Que signifie pour celui qui opère de courir tous les risques, à chacun de ses gestes, en acceptant d'intervenir sur un œil ? Que signifie pour celui qui est opéré de confier à des mains étrangères, et inévitablement avec méfiance, cet œil afin qu'il revoie ? L'un et l'autre sont en fait les protagonistes d'une aventure humaine, d'une conquête scientifique, et d'une révolution médicale inouïes qui méritent d'être contées. Car la chirurgie du XXIe siècle réclamera aussi créativité et ingéniosité, foi et discipline, toutes ces formes d'engagement que l'on nomme l'esprit. " Y.P.
Comment vous portez-vous, ma bonne ? " Des mille et cent lettres qu'a laissées l'inoubliable Marquise, telle semble être l'une des formules qui ressort sans cesse, quand elle harcèle sa fille de ses conseils avant de lui infliger le récit de ses " vapeurs ". Yves Pouliquen, grand médecin d'aujourd'hui, signe un portrait original de Marie de Sévigné, mais aussi de tous ses proches : l'énigmatique Françoise, sa fille, son gendre aux assiduités excessives, son fils en proie, lui, aux pannes amoureuses, et aussi son subtil cousin Bussy-Rabutin ou encore le toujours chagrin La Rochefoucauld et la souffreteuse Mme de La Fayette qui mêlèrent leur douleur dans l'illusion d'un amour. Entre saignées, purges, séjours aux eaux, potions, décoctions et remèdes de charlatans, on y croise quelques maîtresses de Louis XIV, des duchesses contagieuses, et bien sûr de nombreux médecins dont Molière n'exagéra qu'à peine les travers et que Boileau, Racine, La Fontaine, Saint-Simon sans cesse évoquaient. Ce faisant, c'est un portrait psychologique intime de la Marquise qu'Yves Pouliquen nous offre, suivant pas à pas ses plaintes, ses peurs, ses émois. Au-delà du pittoresque, on redécouvre un siècle qui fut sans doute celui de l'esprit, mais surtout celui du combat avec les maux du corps. Et pour eux, il n'existait alors guère d'autre recours que la Fortune.
Dans le bouillonnement de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Félix Vicq d'Azyr a été surnommé le « Buffon de la médecine ». Dans l'esprit de L'Encyclopédie, ses travaux sur l'état de santé et l'hygiène des Français, mais aussi sur l'anatomie du cerveau, lui valurent la gloire et les honneurs de l'Ancien Régime. Au point qu'il fut nommé premier médecin de Marie-Antoinette. Il n'en vécut pas moins de près la Révolution avant de s'éteindre, jeune encore, sous la Terreur. Yves Pouliquen restitue l'effervescence scientifique des années qui précédèrent la Révolution, au cours desquelles Vicq d'Azyr s'imposa tel un météore. Il redonne surtout vie à ce que fut le rôle d'« intellectuel engagé » comme lui au fil des soubresauts politiques qui agitèrent ensuite la France.
Dans la grotte de Lascaux, juste en dessous de la peinture d'un grand cerf, se trouve un dessin aussi discret que fascinant : un simple rectangle. Cette figure nous rappelle que l'aube de l'humanité est aussi celle de la géométrie. Les premiers humains, avant d'esquisser des dessins réalistes, n'ont cessé, partout dans le monde, de tracer des motifs géométriques : carrés, rectangles, cercles ou spirales, lignes parallèles ou perpendiculaires... D'où viennent ces archétypes communs à toutes les cultures ? L'espèce humaine est-elle la seule à maîtriser la géométrie ? Et si oui, pourquoi ? Passionné de mathématiques, Stanislas Dehaene en cherche la source dans le cerveau. Selon lui, toute figure géométrique, même aussi élémentaire qu'un rectangle, traduit une caractéristique fondamentale de la cognition humaine : la capacité de former des pensées symboliques et de construire sur cette base une pyramide infinie de concepts. Ces formes correspondent aux expressions les plus simples du langage universel de la pensée dont tous les cerveaux humains sont dotés. Ce qui nous distingue des autres espèces animales, c'est la faculté de composer les idées entre elles. Nous commençons à comprendre comment le cerveau représente le langage – parlé, mathématique ou musical. La recherche du code neuronal qui fait de nous une espèce unique, l'" espèce symbolique ", est l'une des questions les plus passionnantes des neurosciences contemporaines. Une formidable enquête neurobiologique, à la recherche du propre de l'homme.
Dans ce livre, Thomas Hertog présente la dernière théorie de Stephen Hawking, dont il a été le plus proche ami et collaborateur : une nouvelle perspective, darwinienne, sur les origines de l'Univers. Stephen Hawking et Thomas Hertog ont travaillé côte à côte pendant vingt ans sur une théorie quantique du cosmos. Poussant leur exploration du Big Bang au plus près des origines ultimes du monde, ils ont identifié un niveau d'évolution plus profond dans lequel les lois physiques se transforment et se simplifient jusqu'à ce que les particules, les forces et le temps lui-même s'évanouissent. Cette découverte conduit à une idée révolutionnaire : les lois de la physique ne sont pas gravées dans la pierre comme des commandements divins, mais elles naissent et évoluent en même temps que l'Univers qu'elles gouvernent, à mesure qu'il prend forme. Ce pourrait bien être le plus grand héritage que nous lègue Stephen Hawking. Un bouleversement dans notre façon de penser notre place dans l'ordre du cosmos. Un livre enthousiasmant, profondément neuf, clair et accessible.
Ne plus se soucier de l'effet que l'on fait sur les autres. Agir sans craindre ni l'échec ni le jugement. Ne plus trembler à l'idée du rejet. Et trouver tranquillement sa place au milieu des autres. Ce livre va vous aider à avancer sur le chemin de l'estime de soi. A la construire, la réparer, la protéger. Il va vous aider à vous accepter et à vous aimer, même imparfait. Non pour vous résigner, mais pour mieux évoluer. Pour être enfin vous-même, imparfait, mais libre et heureux... Biographie de l'auteur Christophe André est médecin psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Tous ses livres rencontrent un très grand succès: Psychologie de la peur, Vivre heureux, L'Estime de soi, La Force des émotions, Comment gérer les personnalités difficiles (avec François Lelord), La Peur des autres (avec Patrick Légeron).
Nous pouvons agir sur nos ruminations mentales. Il est possible d'intervenir sur ces pensées qui semblent s'imposer à nous et affectent notre humeur. Notre esprit est en effet programmé pour s'échapper de l'ici et maintenant. Mais ce vagabondage mental, véritable avantage adaptatif propre aux êtres humains, peut aussi tourner aux ressassements sans fin. Pourquoi contribue-t-on, même involontairement, à un mécanisme qui nous fait souffrir ? Pourquoi nous laissons-nous aller à cogiter en boucles répétitives et stériles ? Comment réhabiliter cette fonction essentielle du cerveau pour notre bien ? Ce livre aborde les ruminations mentales de manière radicalement nouvelle : les apprivoiser plutôt que vouloir les supprimer. Et, à cette fin, se réconcilier avec sa voix intérieure. Tout comprendre d'une des activités les plus mystérieuses du cerveau, la pensée spontanée (ou vagabondage mental), et apprendre à réorienter les ruminations mentales en pensées constructives.
Résumé : "Partout où l'art de la médecine est aimé, il y a aussi un amour pour l'humanité". Hippocrate Des premières saignées aux développements les plus récents de la recherche sur les cellules souches et les superbactéries, cet ouvrage vous raconte les prodigieuses découvertes de la médecine. Grâce à des gravures anatomiques, des documents d'archive et d'étonnants visuels d'imagerie médicale, il relate de manière captivante l'avancée des sciences médicales à travers les sujets les plus variés : art de guérir, premières vaccinations, découverte des antibiotiques, greffes et prothèses, médecine personnalisée... A travers les portraits des savants qui ont oeuvré parfois toute leur vie pour la science, revivez la grande épopée de la médecine !
Résumé : Un panorama de l'histoire de la médecine selon une approche pédagogique, claire et précise : l'évolution de la médecine depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours ; un découpage précis et didactique de chaque période de l'histoire, restituant systématiquement : les dates clés ; les faits essentiels ; le contexte historique ; la pensée médicale ; la place du médecin ; l'enseignement de la médecine ; les innovations médicales et chirurgicales ; les hôpitaux ; les thérapeutiques disponibles ; les grandes épidémies ; les médecins célèbres ; les médecins qui se sont illustrés en dehors du champ médical ; une recherche facilitée par 4 index ; cette 3e édition est augmentée dans chaque chapitre, et donc pour chaque période, d'une rubrique sur l'art et la médecine où sont évoqués les tableaux, les sculptures, dans lesquels apparaît un médecin ou une scène médicale.
Résumé : Treize années durant, l'Académie française m'a offert le privilège d'avoir comme voisin le Prix Nobel de médecine, François Jacob. Mon ignorance abyssale en biologie l'accablait. C'est lui qui m'a donné l'idée de ce livre : "Puisque, par on ne sait quel désolant hasard, tu occupes le fauteuil de Pasteur, plonge-toi dans son existence, tu seras bien obligé d'apprendre un peu !". Voici quelques-uns des principaux mécanismes de la vie. Voici les manigances des microbes, voici l'aventure des vaccinations. Voici, bien sûr, la guerre victorieuse contre la rage. Voici Marie : plus qu'une épouse, une alliée dans tous les combats. Voici un père qui a vu trois de ses filles emportées par la maladie. La mort ne lui aura jamais pardonné d'avoir tant fait progresser la vie. Dans ce XIXe siècle assoiffé de connaissances, voici LE savant.
De la médecine antique à la première transplantation cardiaque, le professeur Jean-Noël Fabiani raconte 30 histoires insolites qui ont fait l'histoire de la médecine et qui sont à l'origine de certaines des plus grandes découvertes médicales. Les chirurgiens oublient souvent qu'ils doivent leur profession à un certain Félix, barbier de son état, qui, appelé en dernier recours par les médecins, est parvenu à guérir en 1686 la fistule anale du Roi-Soleil. Asa demande, le souverain institua la chirurgie comme un métier à part entière. Qui ne sait aujourd'hui que se laver les mains est le moyen le plus simple d'éviter la contagion ? Pourtant, en 1850, Ignace Semmelweis a subi toutes les avanies du monde pour avoir supplié ses confrères de bien vouloir respecter cette règle d'hygiène évidente afin de sauver les jeunes femmes qui mouraient les unes après les autres d'infections dans les suites de couches. Sont également présentés dans cet ouvrage les acteurs d'une immense fresque : le baron Larrey qui ampute jusqu'à l'épuisement les blessés le soir de la bataille d'Eylau ; ou bien le vieil Hippocrate qui rédige, en pensant aux dernières paroles de Socrate, une profession de foi que tous les médecins répètent encore deux millénaires plus tard... C'est à ce grand voyage à travers l'histoire de la médecine que nous convie ce livre.