Bédouins d'Arabie. Structures anthropologiques et mutations contemporaines
Pouillon François
KARTHALA
24,99 €
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EAN :9782811119317
Parce que l'on ne s'y est risqué que difficilement, parce que ceux qui en sortaient furent souvent assez dépenaillés et parfois même violents, les déserts arabes sont peuplés de fantasmes. Pourtant l'histoire atteste que les gens qui s'y trouvaient s'y sont avancés en cherchant à exploiter au mieux un espace rébarbatif, par le mouvement qui permet de répondre à la précarité et à l'aléa. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne l'ont volé à personne ! Ces nomades, poètes réputés parce que la poésie est une chose légère à transporter, sont néanmoins l'objet des fables les plus extravagantes. Fruit d'enquêtes conduites en Arabie saoudite au tournant des années 1980 et de travaux sur ce thème dans le cadre de l'EHESS, ce recueil entend proposer une image d'ensemble sur un groupe social qui occupe une place à part mais pourtant fondatrice dans le monde arabe. Les Bédouins, ces éleveurs nomades qui, dans la péninsule Arabique et au-delà, habitent la célèbre tente noire, véhiculent des valeurs centrales dans l'Islam (solidarité de groupe, sens de l'honneur, hospitalité) et, en même temps, pugnacité guerrière, religiosité suspecte et refus de tous les pouvoirs établis, ce qui leur a été souvent reproché. Mettant au jour des aspects contrastés et pourtant bien réels d'une société soucieuse surtout de se maintenir dans des environnements, tant naturels que politiques, extrêmement hostiles, ce livre montre aussi comment les Bédouins ont su s'adapter aux conditions d'une modernisation technologique et économique. Il entend restaurer l'image d'un monde aux dimensions humaines, inscrit dans l'histoire et confronté à des forces qui ont réussi à le réduire, sans jamais le soumettre.
Nombre de pages
294
Date de parution
13/12/2017
Poids
470g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811119317
Auteur
Pouillon François
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20171213
Nombre de pages
294,00 €
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L'anthropologie ne sert-elle qu'à analyser les peuples exotiques ? Il faut, dit-on, de la distance pour "étudier les moeurs des autres peuples" (Descartes). On admet cependant aujourd'hui que l'on peut l'appliquer aux sociétés proches et il y existe même de nombreux travaux dans ce sens. Celui-ci se veut un peu différent. Dans une série de notes (rangées dans un abécédaire), François Pouillon, fait état de sa perplexité lorsque, de retour des pays arabes sur lesquels il s'est spécialisé, il revoit les petites choses de chez lui sous un jour différent, délivré en tout cas de l'illusion que nous vivons dans le meilleur de mondes possibles. Ces réflexions, fondées sur des expériences personnelles du dépaysement, mais aussi sur une connaissance des diversités et des changements que notre société traverse, sont nourries par des souvenirs personnels, des références dans les registres les plus divers (romans, films, sketchs d'humoristes, bandes dessinées, etc.), aphorismes d'écrivains ou de philosophes et, bien sûr, réflexions anthropologiques en bonne et due forme. Vision goguenarde sans doute, qui nous appelle à regarder avec un certain relativisme nos différences comme nos vertus.
Un abécédaire dégagé du paradigme postcolonial aujourd'hui trop prégnant. L'auteur s'attache à montrer, sur l'examen de « petites choses » mal repérées par les idéologies, les interférences réelles qui existent entre les sociétés. Il s'oppose à l'idée d'instituer une hiérarchie de civilisations ou même des altérités radicales.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.