Leipzig, automne 1818. Le jeune Arthur Schopenhauer ne parvient pas à faire publier son premier traité de philosophie. Après s'être disputé avec son éditeur, il se met en route pour Venise, muni d'une recommandation de Goethe, dans l'espoir de rencontrer le sulfureux Lord Byron, poète adulé par la jeunesse. En franchissant les Alpes, il se lie d'amitié avec un étudiant amateur d'opium et, comme lui, d'hindouisme. Mais leurs excentricités ont tôt fait d'attirer l'attention des polices de Metternich... Le séjour de Schopenhauer à Venise s'agrémente dès lors de complications cocasses en tous genres; d'autant que le philosophe en vacances, délaissant notables et touristes, préfère explorer l'envers du décor et s'éprendre de Teresa, souffleuse de verre à Murano, aussi libre d'idées et de moeurs qu'elle est belle. Dans la Sérénissime qu'il connaît comme sa poche, Christoph Poschenrieder situe une histoire - presque véridique - d'un charme prenant et d'une rare drôlerie.
Un contrôle fiscal, un appartement fouillé dans ses moindres recoins, des lettres et documents personnels, accumulés depuis des décennies, épluchés : voilà qui réveille chez la narratrice colère et désir impérieux de revisiter sa propre existence, les histoires des vivants et les histoires des morts — des morts, surtout. Pour la première fois, celle qui se désigne comme "la dernière des Jelinek " assène au lecteur des éléments de sa biographie relatifs à sa famille juive exilée, déportée ou assassinée sous le nazisme. Parallèlement, elle mène une enquête implacable sur les flux mondiaux de capitaux, le profit que les Etats tirent encore aujourd'hui des biens juifs spoliés. Elle dresse un réquisitoire sévère contre les sociétés autrichienne et allemande, l'hypocrisie, le passé criminel non assumé, l'antisémitisme latent. Et, plus que jamais, contre le culte omniprésent de l'argent, qui favorise tous les stratagèmes de blanchiment, d'évasion fiscale et de fraude généralisée. Le récit, véritable tour de force d'écriture, maniant humour noir ravageur, jaillissement d'images et d'invectives, associations et jeux de mots virtuoses, renoue avec les oeuvres les plus virulentes de l'autrice.
Printemps 1945. Sur l'île d'Amrum, en mer du Nord, la guerre semble lointaine malgré les bombardiers qui sillonnent le ciel. Du haut de ses dix ans, Nanning n'a qu'une vague idée des orages d'acier que brave son père sur le continent. Les contours de son monde se résument aux dunes, aux prés-salés et aux vastes étendues de bruyère. Mais l'île, privée de ravitaillement, est minée par les tensions et sa petite communauté divisée par la guerre. Jour après jour, Nanning lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. Il chasse, pêche et troque, affrontant un quotidien toujours plus rude. Alors que la défaite du Reich devient inévitable, il découvre à ses dépens que les siens ne sont pas du bon côté de l'Histoire. Porté par la beauté sauvage d'Amrum, ce roman d'apprentissage résonne comme lm hymne aux paradis perdus.