Extrait Depuis son divorce, Elson a pris l'habitude de s'arrêter au Brunswick Hôtel pour boire un verre après le travail. Il aime bien le Brunswick, parce que c'est l'un des hôtels les plus récents de la ville et qu'il sait qu'aucune de ses connaissances n'ira jamais le chercher là. Il aime cette impression d'anonymat, lorsqu'il est assis seul au bar du deuxième étage, près de la fenêtre, et contemple les immeubles de bureaux à l'architecture futuriste de l'autre côté de la rue, leurs élégantes surfaces vitrées, conscient que derrière tout ce verre, des hommes et des femmes en costume ou en tailleur impeccablement repassé ferment sans doute leur serviette et leur attaché-case en prévision d'un dîner ou d'un apéritif. Il aime les imaginer quittant leur bureau, les regarder franchir la porte et monter dans leur voiture. Il y a quelque chose d'étrangement apaisant dans tout cela, dans cette observation routinière, quotidienne, de la ville qui se vide, se tait et s'assombrit. Ce soir le bar est désert, à l'exception de quelques hommes d'affaires de passage, seuls devant leur verre, et derrière la vitre la ville paraît calme, une petite pluie fine tombe, une bruine d'hiver plutôt atypique pour Houston à cette période de l'année. Dans une heure il retrouvera Lorna Estrada, la femme qu'il fréquente depuis six mois, rencontrée lors d'un barbecue chez son ami Dave Millhauser, juste après que son épouse l'a quitté. Lorna a vingt-sept ans, elle est beaucoup plus jeune que lui et pourtant d'une maturité surprenante pour son âge. Tantôt il se dit que c'est à cause de son éducation philippine, de la sévérité de ses parents, tantôt que cela vient du fait qu'elle est arrivée aux États-Unis toute petite, a vu de ses yeux combien le monde pouvait se montrer cruel envers un adulte ne parlant pas anglais, surtout dans une ville comme Houston. Fille unique, la première de sa famille à décrocher un diplôme, elle est conservatrice au musée des Beaux-Arts et partage avec Elson un intérêt aussi fervent qu'inattendu pour l'architecture minimaliste. Qu'Elson soit lui-même architecte a sans doute joué un rôle dans leur attirance mutuelle, il était ainsi plus facile de parler des réalisations de Claudio Silvestrin, Vincent Van Duysen ou Souto de Moura, mais maintenant, songe-t-il, que reste-t-il de cette attirance ? Quelques heures de vacuité en fin de journée. Deux ou trois verres, un film peut-être. Le sexe surtout. Encore que ce soit également devenu une habitude. Au début de leur relation - s'il s'agit bien de cela -, ils allaient chez les amis de Lorna. Assis en cercle, passablement éméchés, ils discutaient de l'état de la planète ou du monde de l'an, comme du temps où il était étudiant, et bien que la plupart d'entre eux soient plus jeunes que lui, au point que certains auraient pu être ses enfants, il y prenait plaisir. Il aimait observer la flamme vacillante des bougies, les ombres qui dansaient sur les murs. Il aimait écouter les conversations à distance, avec un vague sentiment d'amusement, voire de jalousie. Depuis quand n'avait-il pas partagé ce genre de convictions, après tout ? Il avait même fini par se remettre à fumer, se joignant au petit groupe qui sortait griller une cigarette après le dîner. Et, sous l'éclairage de la terrasse ou dans la pénombre du jardin, il échangeait un regard avec Lorna, lui souriait, et elle répondait toujours à son sourire.
La pesanteur et la grâce. « Le trou était au bout de l?allée du garage de Tal Walker. Une couche degoudron le recouvre aujourd?hui. Mais voilà douze étés, Tal est descendu à l?intérieur et n?estjamais remonté. Des semaines plus tard, ma mère me prenait encore dans ses bras sans raison, meserrait de toutes ses forces chaque fois que je quittais la maison, et dans la soirée, avant que j?ailleme coucher, elle fourrait les doigts dans mes cheveux en brosse en murmurant mon prénom ». Endix nouvelles, l?écriture délicate et pure d?Andrew Porter évoque un amour de jeunesse, l?implosiond?une famille ou la mort d?un ami, dans la grande tradition des nouvellistes américains commeRaymond Carver et John Cheever. Très remarqué à sa sortie, ce premier recueil a reçu de nombreux prix, dont le prestigieux Flannery O?Connor Award.
Résumé : Quand Chloe Harding est renvoyée de l'université, ses parents et son frère s'inquiètent. Mais lorsqu'elle disparaît sans explication, c'est toute leur vie qui s'écroule. Les Harding, déjà désunis par un divorce douloureux, vont devoir se retrouver, se pardonner, pour tenter de comprendre et garder espoir.
Porter Val ; Hopley Jeremy ; Perris Andrew ; Fourt
Voilà un ouvrage que tous les amoureux des vaches devraient posséder ! Il met en valeur leur beauté particulière, leur caractère aimable et les différences notables qui distinguent les races bovines entre elles. Vous y découvrirez des races européennes (Charolaise, Longhorn...), des races américaines (Brown Swiss) et des spécimens issus de croisements étonnants (Brahmousine, Santa Gertrudis). Une galerie de portraits de championnes de 40 races du monde entier. Des informations détaillées sur chaque race : leur origine, leurs traits caractéristiques et leurs aptitudes. Un photoreportage qui dévoile les coulisses des concours de ces beautés placides.
Cet ouvrage est destiné à compléter le livre " Alimentation de la vache laitière " (R. Wolter et A. Ponter, éditions France Agricole) en proposant une méthodologie pratique pour analyser le système de rationnement utilisé pour alimenter un troupeau de vaches laitières. Dans un premier chapitre les informations nécessaires pour évaluer l'outil de production sont indiquées dans le but d'identifier un problème potentiel. Les deuxième et troisième chapitres décrivent les matières premières utilisées et le calcul de la ration. Le quatrième chapitre présente la démarche d'analyse à utiliser grâce aux quatre mots clés : quantité, équilibre, qualité et système de distribution.
Ces gamins blancs, Huck et Tom, m'observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j'étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. [... ] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu'ils veulent". Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d'humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable. James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne. Ce grand roman d'aventures, porté par les flots tourmentés du Mississippi, pose un regard incisif entièrement neuf sur la question du racisme. Mais James est surtout l'histoire déchirante d'un homme qui tente de choisir son destin. Percival Everett est l'auteur d'une vingtaine de romans, de plusieurs recueils de nouvelles, de poésie et d'essais. James a reçu en 2024 le National Book Award et connaît un immense succès dans le monde entier. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Laure Tissut
Combien de temps va-t-elle tenir en seconde générale ? Elle se moque d'arriver en retard. Elle fait ça pour sa mère. En vérité, Kayden fait semblant." ; Kayden est bien entourée. A la maison, il y a A'isha, sa mère, qui trouve toujours du temps pour elle malgré la fatigue du travail, et Shadi, sa grande soeur, complice de toujours. Au lycée, il y a ses amis, Nelly la grande sportive, Samy le rêveur, et Djenna qui n'est jamais dupe de rien. Kayden observe les uns et les autres occuper les cases d'un système trop rigide. Elle écrit ce qu'elle voit, et ce qu'elle ne voit pas. Un jour, Mme Fontaine, la professeure de littérature redoutée, lit ce que Kayden a écrit. Une faille s'ouvre, elle le sent, Kayden sera la prochaine à réussir le concours d'entrée à Sciences Po. Dans une langue brute et vibrante, Fatima Daas signe un roman puissant sur l'ambition, la quête d'identité et la nécessité de se réinventer. Kayden doit-elle jouer le jeu... ou en changer les règles ?
Résumé : "Je m'appelle Rosie Lane, je suis forte et je vais me tirer d'ici". Ici, c'est-à-dire ce village du nord de l'Angleterre où réside la Gracieuse Congrégation des Pauvres Pécheurs dont fait partie Rosie Lane depuis sa naissance. Rosie n'a qu'une idée en tête : fuir l'emprise de cette communauté religieuse et de ses adeptes fanatiques pour vivre sa vie. A Londres, elle trouve un emploi de serveuse dans un pub, le Sunday Morning . Elle travaille dur, s'étourdit en écoutant Nick Cave, consomme de la codéine sans modération et rencontre des garçons. Mais tout cela ne suffit pas à guérir cette âme qu'exalte la lecture des poèmes d'Emily Dickinson et des Hauts de Hurlevent. Ni à lui faire oublier un premier amour brisé. Assoiffée de liberté, Rosie Lane trouvera-t-elle enfin l'apaisement ? Porté par une énergie irrésistible, ce portrait d'une jeune fille rebelle frappe par sa fraîcheur et sa justesse. Née à Madagascar, d'origine indienne, Shaïne Cassim vit en France depuis l'âge de sept ans. Elle a publié de nombreux livres pour la jeunesse et travaille dans l'édition.
Après six ans d'attente, Jesmyn Ward, seule femme double lauréate du National Book Award, est de retour avec un roman puissant et lyrique qui nous plonge au coeur de la tragédie de l'esclavage. La toute première arme que j'ai tenue a été la main de ma mère. Annis est encore une enfant quand sa mère est vendue à un autre propriétaire. Et n'est guère plus âgée quand son maître, qui est aussi l'homme qui a violé sa mère, se débarrasse d'elle avec d'autres esclaves. Lors de leur terrible marche vers les plantations de La Nouvelle-Orléans, Annis tente de se raccrocher à la vie et aux enseignements de sa mère : se battre, toujours, avec les armes et les sagesses qu'elle lui a transmises. Avec la mémoire aussi, celle de ces femmes qui, avant d'être arrachées à leur terre, ont été les guerrières des rois du Dahomey. Et avec la seule force qui lui reste, sa connaissance des plantes, des abeilles, de cette nature qui semble si hostile aux yeux des Blancs et qui pourtant est nourricière pour qui l'honore. Et puis, quand Annis se sent sombrer, elle peut encore implorer Aza, l'esprit de sa grand-mère, capable de faire gronder l'orage et tomber la pluie. Celle qui, quand la faim et la douleur se font trop fortes, lui murmure qu'un jour, elle et ses frères et soeurs de malheur seront tempête...
Le richissime Philip Brooke vient de mourir, laissant derrière lui un patrimoine grandiose : le plus beau manoir du Sussex, datant du XVIII ? siècle et comprenant pas moins d'une vingtaine de chambres, entouré d'un domaine luxuriant de centaines d'hectares. Mari volage et père absent, il n'est regretté ni de sa femme ni de ses trois enfants. En revanche, sa vaste fortune déclenche des conflits galopants dans la famille car chacun veut mettre la main sur cette succession hors norme. Le clan Brooke réussira-t-il à ne pas voler en éclats avant le jour de l'enterrement ? Drame familial haut en couleur et en tensions, Nos héritages nous plonge dans les arcanes fascinants d'une famille d'aristocrates britanniques tiraillée par l'argent et les secrets du passé. Anna Hope signe ici son grand retour au roman, qui comblera les lecteurs de Nos espérances.
Un véritable coup de cœur ! L’intrigue est admirablement construite. L’auteur distille savamment les informations à travers ses 4 narrateurs en jouant avec les nerfs du lecteur. Il le laisse découvrir les personnages, s’y attacher, pour mieux le surprendre en révélant certains pans dérangeants de leur passé. Il questionne les limites de sentiments tels que l’empathie, l’amour, le pardon ; au grand dam du lecteur qui ne sait plus quoi penser et ne se reconnait plus.
Notes Biographiques : Jonathan Coe est né en 1961 à Birmingham. Après des études à Trinity College (Cambridge) et un doctorat à l'université de Warwick, il devient professeur de littérature. Son roman, "Testament à l'anglaise", le propulse sur la scène internationale. En 1998, il reçoit le prix Médicis étranger pour "La Maison du sommeil". "Le miroir brisé" est son premier ouvrage pour la jeunesse. C'est confesse-t-il,"l'un de mes livres les plus politiques même si je lui ai donné la forme d'un conte de fées".