Antonio Porchia, passionné de langage, fit souvent un va-et-vient entre les voix de l'abandon, de la solitude, et celles de la communication et de l'édition définitive. Cette hésitation fit que l'édition dernière ne fut jamais réellement la dernière, mais impliquait une démarche de Tantale, propre à l'auteur, reconnaissant le parfait inachèvement, et vice-versa. Voix "définitives" par décision éditoriale, et voix abandonnées - jamais totalement - par l'auteur. Les premières présentaient-elles une formulation meilleure, mieux aboutie, tandis que les autres n'auraient été que tentatives avortées ? Embarqué dans l'aventure infinie du langage, Porchia ne put jamais en décider. Aussi assistons-nous à l'accomplissement de la tâche, obsessionnelle, fondamentale, qui consista pour Porchia à reprendre et corriger sans cesse les Voix que ne recueillit pas la dernière édition. La recherche se révèle parfois dans le simple choix d'une virgule ou d'un point qui tour à tour apparaissent ou disparaissent, dans l'élimination de points de suspension révélant, selon Porchia, la nuance affective ou le sentiment d'impuissance devant la parole qui exprime, en fait, si peu de chose.
Nombre de pages
200
Date de parution
21/11/1995
Poids
555g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782877040907
Titre
Voix abandonnées
Auteur
Porchia Antonio
Editeur
UNES
Largeur
152
Poids
555
Date de parution
19951121
Nombre de pages
200,00 €
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Je n'ai trouvé qu'en Antonio Porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage. Il y a longtemps que j'ai renoncé à tenter de m'expliquer les causes de cette étrange convergence en un être de relative et même étroite culture formelle, et cela dans un temps où la sagesse est une dimension presque perdue... Mais je n'ai pu renoncer, par contre, au sentiment que c'est seulement dans cette rare unité où équivalence du dire et de la vie que se donne la vraie sagesse. Et là seulement aussi l'expérience et la littérature qui importent. " Roberto Juarroz Antonio Porchia vécut en Argentine (1886-1968). Homme simple et qui exerça divers métiers manuels, il n'écrivit dans sa vie qu'un seul livre, issu de cette vie même dont il consigne l'expérience extrême. A ce titre, Voix est un des grands " documents spirituels " de notre temps. Dès 1949, Roger Caillois, à qui le livre est dédié, en avait publié, chez G. L. M. , sous le même titre de Voix, une première sélection. Roger Munier en donne aujourd'hui la première traduction intégrale.
Voici réunies, pour la première fois en version française intégrale, les Voix d'Antonio Porchia, oeuvre exceptionnelle d'un «écrivain secret», au parcours éditorial atypique, dont Roger Caillois, son premier traducteur, a dit, lorsqu'il l'a découverte en Argentine dans, les années 1940: «J'échangerais contre ces lignes tout ce que j'ai écrit.»Ni aphorismes ni hallucinations ou visions mystiques, ces phrases donnent à entendre l'échange incessant qu'entretient avec lui-même un être «en disponibilité de penser» - «un homme solitaire, lucide et conscient du singulier mystère de chaque instant», comme le décrivait Borges.Et Roberto Juarroz: «Je crois que Porchia est sur la ligne fondamentale où se rejoignent la pensée et l'image, la poésie et la philosophie, dont la séparation artificielle constitue peut-être un de nos plus grands lests.»Édition bilingue
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Jamais auparavant Alvaro de Campos n'avait poussé si loin cet acharnement contre soi-même, cette rage destructrice à laquelle rien ne résiste, pas même sa dignité d'homme souffrant. Cette histoire est la revanche du poète réel sur le vivant imaginaire, la suprême comédie si l'on veut du comédien, mais comédie jouée jusqu'au bout avec la plus grande virtuosité. Alvaro de Campos a sans doute raté sa vie, mais Pessoa, qui écrit sous son nom, n'a pas raté son oeuvre.
Pessoa Fernando ; Chandeigne Michel ; Viegas Jean-
Hommes, nations, desseins, tout est nul ! Faillite de tout à cause de tous ! Faillite de tous à cause de tout ! D'une manière complète, totale, intégrale : Merde !
Patiente figure entre l'orgue et l'oranger. Quand ils s'étranglent, chaîne et trame, le fil de la lumière et le fil de la mort tissent l'espace éblouissant.