La vie de Jésusa Palancares ressemble à ces retables hauts en couleur que confectionnent les Indiens du Mexique. Personnages, animaux, plantes s'y bousculent pour figurer en raccourci le vécu et le mythique, pour composer un panorama des misères, des espoirs, des errances de tout un peuple. Pauvre parmi les plus pauvres, enfant battue, puis femme stérile et toujours battue, cette métisse semble avoir vécu mille vies. Elle les raconte dans une langue truculente et imagée en se préparant à mourir dans le nid de briques et de vieux cartons qu'elle s'est fabriqué à l'abri de murs croulants. Née vers 1900, elle a connu l'une des époques les plus tourmentées de l'histoire nationale. Lorsque la révolution mexicaine éclate en 1911, son père, comme des centaines de milliers de Mexicains, part pour la guerre en emmenant toute sa famille. A peine pubère, épousée de force, elle vit dans les trains blindés de Pancho Villa et apprend à le haïr. Séquestrée, maltraitée, délaissée par son soldat, elle retrouve l'atavisme bagarreur des gens de son village. Se souvenant de la fille-garçon méchante qu'elle était, elle prend à son tour les armes et remplace son mari à la tête des troupes lorsqu'il meurt en pleine bataille. Lasse de commander les hommes, Jésusa rêve de retrouver le paysage de son enfance. Il lui faudra pourtant rester dans les bidonvilles de la capitale à faire tous les métiers, soignant les voisins, héritant des enfants des autres, ne trouvant un bonheur fugace qu'à l'occasion d'une rencontre, d'une sortie à la campagne, d'un minable cadeau. Râleuse, mal embouchée, ignorant la sentimentalité, elle est dégoûtée des combats, des hommes et même de Dieu après être devenue médium dans une secte spiritiste. Pourtant elle continue à rendre coup pour coup, avec la rude morale d'un animal tôt étrillé, dans un effort désespéré pour survivre physiquement sans perdre la dignité. Fresque hallucinante de la culture de misère qui reste le lot des Indiens et des métis mexicains, ce livre relève autant des picaresques espagnols que du roman-vérité tel que l'a pratiqué l'anthropologue américain Oscar Lewis.
Nombre de pages
396
Date de parution
12/03/1980
Poids
386g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070287499
Titre
Vie de Jésusa
Auteur
Poniatowska Elena ; Sarre Michel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
386
Date de parution
19800312
Nombre de pages
396,00 €
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En soixante pages d'une pudeur et d'une discrétion exemplaires, Elena Poniatowska évoque ici la dévastation provoquée dans la vie d'Angelina Beloff par le départ de son amant, le peintre mexicain Diego Rivera. Dans ce récit épistolaire à une voix, c'est l'autre voix, celle de l'absent, qui par son silence donne à la solitude d'Angelina les dimensions du tragique. Ce petit joyau romanesque, quoique d'une essence toute différente, est aussi beau que le Senso de Camillo Boito, paru dans la même série. Le roman d'Elena Poniatowska est d'ailleurs, depuis sa publication en 1978, l'un des livres les plus lus au Mexique. A découvrir comme il fut écrit : passionnément !
En soixante pages d'une pudeur et d'une discrétion exemplaires, Elena Poniatowska évoque ici la dévastation provoquée dans la vie d'Angelina Beloff par le départ de son amant, le peintre mexicain Diego Rivera. Dans ce récit épistolaire à une voix, c'est l'autre voix, celle de l'absent, qui par son silence donne à la solitude d'Angelina les dimensions du tragique. Ce petit joyau romanesque, quoique d'une essence toute différente, est aussi beau que le Senso de Camillo Boito, paru dans la même série. Le roman d'Elena Poniatowska est d'ailleurs, depuis sa publication en 1978, l'un des livres les plus lus au Mexique. A découvrir comme il fut écrit passionnément! HUBERT NYSSEN
Poniatowska Elena ; Léziart Françoise ; Carrington
Publié au Mexique en 1954 alors qu'elle n'a guère plus de vingt ans, Lilus Kikus est le premier ouvrage de fiction écrit par Elena Poniatowska. Plus qu'un véritable roman, ces historiettes joliment illustrées par les dessins de Leonora Carrington mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui, non sans malice, incarne le passage initiatique de l'enfance à l'adolescence dans le Mexique des années 1950. En partie autobiographique, ce livre est doté de l'écriture à la fois juste et poétique qui caractérise toute l'oeuvre de l'auteur.
Des brumes du Lancashire au soleil ardent du Mexique, hymne à la liberté, à la passion, et à la résistance dans ce voyage à travers la pensée vagabonde d'une femme incandescente, symbole de l'amour fou des surréalistes: Leonora Carrington, la "Fiancée du vent" de Max Ernst, artiste-peintre et écrivain.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.