Rouge. Rivière. Du sang bien sûr. Malaises. Récit dans un espace farouche, lyrisme déjanté, sous le signe des corps, relation périphérique avec une faucheuse instantanée, la mort. La lecture avance à tâtons, déplie sa forme, sa partition, aux variations ouatées d'angoisse. Le poète porte en lui l'ivresse, non pas des paysages, mais des mots. Leur silence. Leur amnésie. Leur syntaxe mouvante. Le livre saisit. Geste familier. Neuf. Amoureusement intime. Laurent Poliquin fragmente ses visions, les guette jusqu'au surgissement d'une parole, d'un silence. Sa maîtrise poétique se lie aux ramures de ses maîtres en poésie (Meschonnic, Miron, Stéfan). Il dialogue avec eux, "lis Ponge, lis Scève", et écume des forces qui "fracassent des passés".
Nombre de pages
66
Date de parution
19/03/2021
Poids
90g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343227955
Titre
L'ivresse fragile de l'aube
Auteur
Poliquin Laurent
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
90
Date de parution
20210319
Nombre de pages
66,00 €
Disponibilité
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Avec ce quatrième recueil, Laurent Poliquin s'autorise une poésie lyrique qui démontre la vitalité d'un peuple. Le poète rend la parole aux communautés tapies dans l'ombre des sociétés majoritaires. Cette réverbération du métissage livre toute la couleur de la dynamique identitaire et terrienne des plaines de l'Ouest canadien. Quelques vers de La Métisse filante ont été diffusés dans les transports en commun de Winnipeg (Manitoba, Canada) à l'occasion de Poetry in Motion 2006.
Dans une langue habitée par une vision initiatique de la vie et d'une pratique poétique incarnée, la poésie de Laurent Poliquin emprunte le passage de tous les souffles de vie pour sonder la densité tellurique des mots, ce qui rythme leur origine. Dans Marchand d'intensité, les poèmes proposent leurs marchandises opératives capables de s'emparer du lecteur pour le rendre à sa propre intensité.
Dans Voyageur des interstices, l'écriture de Laurent Poliquin est d'abord une invitation à l'égarement dans des sentiers qui permettent au réel de gagner en intensité et de lui infuser un sens de la rêverie et de l'innocence. Tel un refuge, la poésie s'ouvre alors en un silence nu, vrai et sans fard. Peu à peu, elle dévoile le monde. Elle croque sur le vif ce qui définit ce que nous sommes et d'où nous venons. Elle promène ses impressions à l'orée de l'être, là où les sons et les sens se rencontrent. Avec cette quête profondément humaine, le poète canadien distille un art insoupçonné en bord de rupture et de disjonctions. Il nous offre ici une véritable leçon en creux de ce que l'insaisissable peut nourrir.
Alors que les erreurs, les accidents, les échecs s'abattent sur l'existence, le poète en appelle à la puissance salvatrice de la littérature. L'acharnement des ruines exhorte la poésie à prendre les armes contre les aléas de la vie brute et brutale. Cette célébration éblouissante du pouvoir de la poésie donne lieu à une déclaration émouvante dans la capacité de l'imagination à rendre le monde habitable. Dans des passages d'une intimité à couper le souffle, Laurent Poliquin entraîne le lecteur dans un grand tour poétique propre à faire mentir le temps et sublimer la mort. Généreux et lucide, ce livre est l'un des plus ambitieux et des plus émouvants de l'auteur depuis L'ivresse fragile de l'aube (2021) et Le petit bruit du poème (2022).