Bertrand Poirot-Delpech tient le feuilleton littéraire du journal Le Monde depuis 1972. Il a réuni ici un choix de chroniques qui racontent la décennie et la remettent en perspective : monuments de toujours (de Chateaubriand à Kafka), phares de l'avant-guerre (Gide, Valéry...), grands disparus depuis dix ans (de Montherlant à Perec en passant par Barthes, Caillois, Cohen, Gary, Malraux, Sartre...), regain d'intérêt pour les problèmes de "collaboration", fin du Nouveau Roman comme école, renouveau romanesque, affaissement des idéologies, vent de liberté dans la fiction, l'essai, la critique. Dans une préface et dans les textes qui relient ses chroniques, Bertrand Poirot-Delpech s'interroge, en romancier, en critique, sur la place de cette période dans l'histoire littéraire, l'évolution des genres, l'avenir de l'écriture, de la lecture. Un bilan finalement optimiste. Feuilletons, du verbe feuilleter : c'est aussi une invitation à vivre mieux grâce aux livres, un conseil d'ami.
Nombre de pages
408
Date de parution
10/09/1982
Poids
380g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070237234
Titre
Feuillentons ( 1972-1982 )
Auteur
Poirot-Delpech Bertrand
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
380
Date de parution
19820910
Nombre de pages
408,00 €
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- Vous n'allez tout de même pas repartir à la guerre pour un couloir de dancing ? Depuis des semaines, j'entendais de travers. Au lieu de Dantzig, le port polonais que Hitler avait annexé et pour lequel les Alliés renâclaient à mourir, j'entendais "dancing", autre mot à la mode, chargé de mystère canaille, bruissant de tangos. - Dantzig, a rectifié mon père. Puis, songeur : - La guerre pour un dancing ! ... Pauvre bébé ! "
Résumé : L'histoire est racontée par les vainqueurs. C'est vrai à l'intérieur des sociétés. Les notables confisquent la parole, comme ils font de l'argent. L'un d'eux, l'âge du siècle, raconte son siècle, côté château. Il a causé avec toutes les têtes d'affiche politico-culturelles : Staline, Hitler, Gide, Blum, Malraux, Drieu, Aragon, les "hussards", nos actuels dirigeants. Il a aussi couru le monde, et les femmes, intrépide à la mode 1930. Il en conclut que le vieux parti de la conservation dans l'ordre et la spiritualité n'a jamais été aussi solide. Mais est-ce bien lui qui a écrit cette légende ? S'il avait eu recours à un "nègre", et que ce "nègre", deux fois floué, soit de ceux qui n'ont jamais eu la parole ? D'habitude, les pastiches ne visent qu'à ressembler. Ici, ils se fondent en roman et font voir ce qui, peut-être n'a pas été dit.
Résumé : Ce n'est pas le critique du Monde qui le dit à propos du théâtre, mais un écrivain à qui toute vie culturelle semble devenue de la frime, et qui s'en plaint comme font les moralistes : vite, d'un sourire à ses dépens. La frime ? C'est l'espèce de culte inculte rendu en France aux "intellectuels" - écrivains, professeurs, artistes, technocrates, journalistes et autres privilégiés, dont l'auteur lui-même ; c'est la vanité qu'ils en tirent, leur prétention à sermonner le monde, leur illusion d'échapper aux bêtises basses de l'argent. S'ils cessent de prendre la pose, et pour peu que leur vitrine vole en éclats, les voilà vite tels qu'ils sont tous, bourgeois, boutiquiers, bouffons, soumis aux modes, aux emballements truqués, aux emballages perdus, aux alibis, aux simagrées. De ces vérités si masquées et navrantes que seul l'humour peut encore les regarder en face, gaiement.
Raymond Guérin est fasciné par la lettre, qu'il s'agisse de la forme littéraire qui structure certains de ses récits ou d'une véritable correspondance. A tous les titres, de la pratique de l'échange à l'exercice de l'imagination, il est un épistolier. Les Lettres à Sonia sont certes une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu'il aime, séparés par la guerre et la captivité, mais elles sont aussi et au moins autant un journal, et encore une projection, une mythologie, bref c'est un récit qui se donne. Journal ou récit qui est adressé à l'autre, destinataire et matière sacrée de l'écriture. En contre-point, Guérin brosse son portrait intérieur, il évoque le quotidien du prisonnier dont la vie personnelle, comme celle du monde, est soumise aux ruptures de l'histoire. Ecrivant ces Lettres qui sont un roman, Guérin s'inscrit dans une fièvre d'expression que son étrange disponibilité ne peut qu'aviver. Digne dans l'épreuve, répondant par les mots à la misère du temps, il dresse au jour le jour un monument de résistance à la barbarie, fondé sur l'amour et la foi dans le verbe. Le monde de l'intelligence le nourrit plus que jamais et s'érige en rempart contre la sottise. Dans les Lettres à Sonia, Guérin se montre bouleversant de droiture et de lumière.