Ce n'est pas l'histoire d'une maison de famille, ni des archives de famille, ni des souvenirs d'enfance, ni un règlement de compte avec une mère. C'est néanmoins un peu tout cela aussi. Mais ce n'est pas ce qui compte : c'est un homme seul qui soliloque plutôt avec joie, une fois n'est pas coutume. Ce livre a été écrit d'une traite au cours d'un bel été dans un beau pays. C'est un livre de paroles, des paroles qui ne s'adressent qu'à celui qui parle et à Dieu. Pourquoi un traité de philosophie ? Parce qu'il parle de la décadence, du moderne, du suicide de la culture, du nihilisme européen, du déclin de l'Occident, des noms propres, des noms communs, de la pensée, de la guerre. Il est récité avec des gesticulations de drôle ou de traîne - patins sur les bords d'un oued. Il y aura bien quelqu'un qui en captera quelques bribes et alors on prendra langue avec le premier venu. On passera du monologue au dialogue philosophique.
Nombre de pages
144
Date de parution
11/07/2013
Poids
239g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782849752913
Titre
La maison de Tremblay. Un traité philosophique
Auteur
Poirier Jean-François ; Jouffe Vincent Victor
Editeur
FAGE
Largeur
165
Poids
239
Date de parution
20130711
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les textes que regroupe ce volume sont tantôt des protocoles d'expériences scientifiques menéesavec des amis, tantôt des comptes rendus d'ivresse solitaire. Il forme l'ébauche d'un livre sur lehaschich qui ne vit pas le jour. La curiosité de Benjamin, une référence probable à Baudelaire, des motifs personnels, mais surtout l'extension kaléidoscopique de la conscience (« avec le haschisch, nous sommes des êtres de prose de la plus grande puissance »), tous ces motifs convergent dans l'expérience commencée en 1927 et poursuivie surtout dans les années 1930-1931, dont Benjamin dit qu'elle a comporté une « félicité rythmique » semblable à celle de dévider un écheveau savamment embrouillé: félicité dans la quelle réside « le bonheur de toute productivité ».
Images de pensée réunit un ensemble de textes, essais, brèves, et récits parus dans différentsjournaux entre 1925 et 1935, qui rapportent pour la plupart des expériences de Walter Benjaminrecueillies au cours de ses voyages. On y trouve entre autres des descriptions de villes (deschapitres sont consacrés à Moscou, Weimar ou encore Marseille). Dans « Moscou », par exemple,Benjamin analyse et détaille les ébranlements qu'a subits la ville, suite à l'arrivée du bolchevisme.Figurent également dans ce recueil des billets d'humeur analysant des comportements ou desimpressions que l'auteur a observés lors de ses pérégrinations à l'étranger. Ainsi sont détaillés,sous la plume de Benjamin, des mets nationaux aussi différents que le café crème dégusté aubistro ou que le bortsch, cette soupe moscovite secrète qui rassasie lentement. L'auteur transporte également le lecteur à travers la description qu'il fait d'une prise de haschich (« Haschich à Marseille »), ou encore à travers la retranscription de ses rêves. Tels sont les quelques sujets abordés dans ces proses magiques où l'on retrouve en filigrane toutes les notions qui sont au coeur de la réflexion philosophique de Benjamin: le proche et le lointain, le pouvoir des noms, le surgissement du passé dans le présent, l'espoir arraché au fond du désespoir, la prophétie, la prose, l'éthique de la sobriété. Benjamin cultive dans ses textes un genre qui tient à la fois du poème en prose et du petit traité philosophique. Didactiques, émouvants, poétiques, les fragments publiés dans Images de pensée permettent une approche aisée et agréable de la pensée du grand philosophe allemand.
Marx Karl ; Poirier Jean-François ; Bensaïd Daniel
Quand Marx écrit Sur la Question juive, en 1843, il a vingt-cinq ans. Son article, réponse fulgurante au livre de Bruno Bauer sur le sujet, s'inscrit dans le débat en cours sur l'émancipation des juifs dans "l'Etat chrétien". Mais pour Marx, c'est l'occasion d'élargir ce débat: de quelle émancipation parle-t-on? C'est la distinction célèbre qui apparaît alors, entre l'émancipation limitée aux droits politiques et l'"émancipation humaine". Et la question juive n'est qu'un révélateur du dédoublement entre l'homme et le citoyen. L'article de Marx, ici dans une nouvelle traduction de Jean-François Poirier, a suscité bien des polémiques: pièce à conviction d'un procès absurde et anachronique pour "antisémitisme", manuel de l'"apprenti dictateur": Daniel Bensaïd répond à ces interpellations, retournant la polémique contre les "nouveaux théologiens" (Jean-Claude Milner, Benny Lévy, Alain Finkielkraut). Alors que pour Marx, le peuple juif s'est maintenu "dans et par l'histoire", ces derniers renvoient l'existence juive à l'irréductible singularité du peuple élu. Alors que Marx veut "transformer les questions théologiques en questions profanes", ils transforment une question sociale et historique en question théologique. Signe inquiétant de temps obscurs.
Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur.
Les arbres sont des oeuvres d'art, à la différence près qu'ils ne sont pas signés. Les pratiques portant atteinte à leur harmonie sont désolantes. Qui accepterait de voir saccager La Joconde, lacérer Les Tournesols de Van Gogh ou barbouiller un Renoir ? Sans éducation au beau, comment s'opposer aux dégradations esthétiques de notre environnement ? Les peintres savent nous ouvrir les yeux sur la beauté des arbres, leur complexité, leur mystère et leur fragilité. Ils s'appliquent non seulement à les représenter, mais ils cherchent aussi à les comprendre, les penser et les sublimer. Et ils le font très bien ! Sans le savoir, ils précèdent parfois les chercheurs et ouvrent la voie à de nouvelles recherches scientifiques. Avec ce livre, chaque tableau donne l'occasion de découvrir un peintre, une oeuvre et un trait de la vie des arbres. Pour tous ceux qui passent devant les arbres sans les voir ou pour ceux qui ne les regardent plus pensant tout savoir, il reste l'art pour s'émouvoir.