Etendue le long de ses grands fleuves, immense, étrange et familière, sauvage et profondément citadine, tantôt violente comme les vents de la pampa ou parcourue par les échos nostalgiques, au loin, d'un bandonéon, une certaine Argentine hante notre imaginaire européen. Des vastes estancias à l'Océan, comme sur les trottoirs de Buenos Aires, nous la peuplons de pionniers et de gauchos, de caudillos, ou de séducteurs entonnant sur un air de tango les refrains éternels d'un certain Monsieur Gardel. Mais, au-delà des clichés, l'Argentine fait entendre des voix multiples, fières, émouvantes ou gouailleuses, sereines ou révoltées, celles de ses poètes, témoins d'un siècle d'histoire et de vie quotidienne transmué sous nos yeux par la magie du verbe. Ce vingtième siècle, commencé dans la liesse et les fanfares des festivités d'un Centenaire - celui de la révolution de Mai 1810, prélude à l'Indépendance -, a vu les courants poétiques se succéder ou se croiser, comme ailleurs sur toute l'étendue du continent sud-américain, du modernisme à l'explosion des avant-gardes. Il est cependant une poésie argentine qui ne ressemble à aucune autre, marquée au coin de l'espérance ou de la douleur de l'exil, une poésie qui se parle plus qu'elle ne se récite, pour le bonheur d'une conversation qui sera aussi une découverte.
Date de parution
16/11/1996
Poids
530g
Largeur
205mm
Plus d'informations
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EAN
9782882130235
ISBN
2882130236
Auteur
SALAS/HORACIO
Editeur
PATINO
Largeur
205
Date de parution
19961116
Nombre de pages
0,00 €
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En un siècle, le tango, né dans des réduits marginaux et douteux, est devenu le symbole du pays qui lui a donné le jour. Il est le reflet d'une société qui s'est structurée, comme le remarque Ernesto Sábato, à partir d'éléments hybrides. La musique portègne est née du croisement de rythmes créoles et de rythmes étrangers. L'Argentin est né du métissage entre créoles, Italiens, Espagnols et juifs, et le tango est son reflet. Les crises, les régressions, les enthousiasmes et les défaites du tango sont ceux-là mêmes que son pays a connus et soufferts."
L'oeuvre de Robert Badinter est surprenante par sa diversité et ses styles. Au fil du temps, de multiples voix s'y expriment : écrits juridiques, essais historiques ou biographiques, livret d'opéra, pièces de théâtre... Il dialogue avec Beccaria, Foucault, Camus, mais aussi avec Oscar Wilde et, bien sûr, Victor Hugo. En ne négligeant aucune de ces voix narratives, cet essai propose une analyse de son itinéraire intellectuel. Cette diversité d'expression contraste avec une passion pérenne : la défense de la liberté enracinée dans la conscience de sa fragilité. C'est une France s terre de liberté z qui a permis l'intégration de sa famille juive. C'est cette même France qui l'a rejetée à la suite des lois antisémites du régime de Vichy. Il ne cessera de s'interroger sur cette rupture historique tout en explorant ses zones d'ombre comme dramaturge. Dans le combat politique, il s'emploie à réformer une justice longtemps ignorée par la République. Comment lui rendre sa dignité démocratique ? N'est-il pas nécessaire de repenser sa légitimité, de défendre la garantie des libertés, de lui donner toute sa place y compris à l'échelle internationale ? Telles sont les questions qu'il nous laisse en héritage.
Terrible est l'image de la justice chez nos écrivains. Très tôt, il n'est question que de l'arbitraire des juges, du fanatisme (le la répression, de geôles silencieuses et glaciales. Qu'on relise les clercs médiévaux, Villon, d'Aubigné : le spectre (le la nuit carcérale et de la mort y est oppressant. lins tard, la monarchie y ajoutera la censure. Voltaire, le premier, ouvrira le temps de la contestation. Même purgée de ses excès après la Révolution, celle justice se perpétue en même temps que le combat contre elle se poursuit. Car l'écrivain dans les années 1750-1830 est devenu une figure éminente de l'espace public. Il a gagné k pouvoir de s'adresser directement au peuple. Il veut incarner son âme collective. Il bouscule les codes de son temps. Il toise les despotes et leurs juges. S'engage alors un conflit entre la liberté d'écrire et les limites que le pouvoir lui impose. Le procès devient le lieu d'un débat indécis, âpre et violent. Ce débat se poursuit dans les oeuvres elles-mêmes. A l'abri de la fiction, l'écrivain y retrouve une suprématie. Aux tribunaux bien réels, il oppose la justice telle qu'il l'imagine. l'accusé y est toujours plus grand que ses juges. Sa hauteur morale surplombe les petits serviteurs de la loi. Le droit a un souffle narratif que la loi a perdu. Ainsi triomphe l'écrivain-avocat des grandes causes. D'Eschyle à Corneille, de Shakespeare à Dickens, de Hugo aux poètes de la Résistance, est mis en scène l'espoir d'une cité plus juste. Tel est l'objet de ce livre. Qu'elle soit imaginée dans un récit ou rencontrée dans le prétoire, la justice déploie un conflit entre les droits et la loi. Face à la force injuste de la loi, d'innombrables héros livrent bataille. Violence, passions et cris de haine envahissent la scène judiciaire. Modération, tolérance, compréhension dessinent sort horizon.