Le Banquet est l?un des plus beaux dialogues de Platon, peut-être le plus beau. Peu de livres ont eu une influence aussi considérable. C?est l?un des rares textes qui appartiennent de plein droit à la littérature aussi bien qu?à la philosophie - son épilogue est un vrai passage de roman - et nul ne peut être indifférent au sujet qu?il traite, puisqu?il s?agit de l?amour. Mais il faut remarquer que le Banquet, en même temps qu?il parle de l?amour, évoque un visage aimé, le visage de Socrate, ce fameux visage en forme de silène. Ce dialogue est aussi un portrait de Socrate, une défense de sa mémoire, car il nous le montre apportant la parole philosophique au milieu d?une assemblée joyeuse et prenant lui-même sa part de la fête - et non pas ascétique et grincheux comme l?ont prétendu les ennemis de la philosophie. Le Banquet, c?est le théâtre et la fête de la pensée. Buveur et poète, Socrate n?y est pas l?ennemi de Dionysos. La composition du dialogue est très minutieuse. Socrate ne parle qu?après quatre discours préliminaires, et l?on voit bien la différence entre les questionnements. Socrate ne traite plus de la conduite amoureuse, il ne demande plus : qui faut-il aimer et à quelles conditions l?amour peut-il être honorable pour l?aimé comme pour l?amant ? Son interrogation porte sur l?amour dans son être même et dans son rapport à la vérité : à la vérité du désir et à l?objet du désir reconnu comme la vérité même. Quand Socrate parle de l?amour, il parle déjà de la philosophie. Aussi le dialogue se complète-t-il par un portrait du philosophe lui-même, prononcé par Alcibiade qui vient d?entrer ivre au banquet. Hommage émouvant, où l?ambitieux reconnaît la valeur de la philosophie et le pouvoir de séduction qu?elle exerce sur lui, mais aussi son impuissance à le changer et les rancoeurs que peut susciter Socrate chez ceux à qui il rappelle sans cesse - par la force de son exemple - qu?ils ne mènent pas la vie qu?ils devraient mener ; et c?est déjà à la mort de Socrate que l?on songe. Dialogue sur l?amour et la philosophie, portrait de Socrate, le Banquet parle aussi, d?une manière plus secrète, du théâtre. C?est là-dessus que le texte finit, même si c?est de manière énigmatique. La beauté du Banquet en fait un texte susceptible de théâtre, et incite à poser le problème d?un théâtre platonicien. C?est précisément l?un des motifs qui ont guidé cette nouvelle traduction. On a voulu donner à lire un Banquet audible, être fidèle au texte en essayant d?être fidèle à sa beauté, mais sans sacrifier aucun concept. Il nous semble qu?entre les traductions savantes actuellement proposées, qui se méfient peut-être trop de la littérature (pourtant réellement présente chez Platon), et de vieilles traductions encore sur le marché, plus « littéraires », mais dans un style souvent singulièrement désuet, il y a place pour un tel projet.
Après la mort de son maître Socrate (399 av. J.-C.), Aristoclès s'exile pendant dix ans puis se rend en Sicile où il rencontre le pythagoricien Archytas. De retour à Athènes, il fonde l'Académie dont les jardins s'ornent de platanes : il prend peut-être alors le nom de Platon. Si le contenu de son enseignement oral ne nous est connu qu'indirectement, il nous reste fort heureusement les Dialogues, forme supérieure de divertissement intellectuel, que Platon compose comme autant d'images d'un album-souvenir, à feuilleter dans sa vieillesse. Il s'y montre à la fois rigoureux dialecticien, poète inventif créateur de mythes, et surtout metteur en scène de spirituels entretiens. Car il aimait tant le théâtre qu'à sa mort, on trouva sous son oreiller une édition de petites comédies en prose, les Mimes de Sophron", Jean-Paul Dumont.
Accusé d'impiété et de corrompre les jeunes gens, Socrate est condamné à mort en 399 avant notre ère. Lors de son procès, qui mobilise toute la cité d'Athènes, il choisit de se défendre avec l'arme qu'il manie le mieux : le langage. Chérissant la justice au point de ne vouloir s'y soustraire, il refuse de prendre la fuite comme l'en prie Criton et s'empoisonne à la ciguë. Dans le Criton, Socrate interroge et redéfinit la notion de devoir, et dans l'Euthyphron, celle de piété. Ces deux textes sont considérés comme des appendices à l'Apologie de Socrate, permettant de comprendre sa condamnation à mort par la république athénienne.
Comment se connaître soi-même ? La discussion menée dans l'Alcibiade rencontre rapidement cette question, alors qu'elle s'interroge sur les conditions psychologiques du gouvernement de soi et du gouvernement de la cité, ou encore de l'éthique et de la politique. A la recherche d'une définition de ce qu'est l'homme guidé par la quête de l'excellence, Alcibiade et Socrate conclueront que l'âme, dans ce qu'elle a de meilleur, c'est-à-dire l'intellect, doit être l'objet de tous nos soins. Considéré pendant des siècles comme une introduction à l'ensemble de la philosophie platonicienne, l'Alcibiade est aujourd'hui un carrefour d'interprétations du platonisme. Le lecteur trouvera ici les éléments du dossier qui ont amené à soupçonner l'authenticité du dialogue, et de bonnes raisons d'en recommencer plus que jamais la lecture aujourd'hui.
Après avoir été au service des autres en tant que femme de ménage, Millie s'est enfin construit une vie à elle. Elle vient même d'emménager dans une belle maison, à l'abri d'une petite impasse chic et tranquille, avec son mari et ses deux enfants. Mais son rêve d'une existence paisible se ternit rapidement lorsqu'elle rencontre ses voisins. Il y a Suzette, bien trop snob et aguicheuse, et son insipide mari, Jonathan, sans oublier leur terrifiante femme de ménage au regard perçant et au comportement plus que suspect. Les craintes de Millie montent d'un cran lorsque d'étranges bruits se font entendre la nuit dans sa propre maison...
Retrouvez Millie, une femme de ménage un peu particulière, dans cette suite qui démontre que l’autrice a plus d’un tour dans son sac pour manipuler son lecteur ...
Par l’autrice du best-seller « La Femme de ménage », « La psy » est un thriller psychologique redoutable où la vérité n’est absolument pas celle que l’on croit !
Le bonheur est à notre portée. Chaque être humain peut y accéder. Il suffit de se défaire des craintes inutiles, idées fausses et égarements qui sont les nôtres. Telle est la leçon fondamentale d'Epicure et de Lucrèce, son principal disciple. Dans son poème philosophique, Lucrèce expose de façon grandiose le système de la philosophie épicurienne. Son athéisme souverain, son matérialisme intégral en font l'un des auteurs les plus subversifs du panthéon philosophique.
En 399 avant Jésus-Christ, à Athènes, Socrate comparut devant le Tribunal de la cité. Accusé de ne pas reconnaître l'existence des dieux traditionnels, de créer de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse, il fut condamné à mort. De son procès, il nous reste peu de témognages, mais celui que Platon nous livre dans l'Apologie de Socrate élève au rang de mythe fondateur de la philosophie un fait qui aurait pu demeurer banal au regard de l'histoire. Face à ses juges, Socrate mène sa défense en invoquant la pratique de la philosophie qui seule fait que la vie vaut d'être vécue. Plus tard, à nouveau, dans la prison où il attend l'exécution de la sentence, il oppose à son ami Criton, qui lui propose de fuir, le verdict du philosophe : mieux vaut affronter la mort plutôt que de contrevenir aux lois de la cité et ainsi commettre l'injustice. Si l'on en croit Platon, il fallait que Socrate meure pour que vive la philosophie.
Comment parler des origines ? Comment dire ce que furent la naissance de l'univers, celle de l'homme, celle de la société ? Du Timée au Critias, la réponse ne varie pas : c'est à un discours qui constitue son objet que revient la tâche explicative. D'un côté, la cosmologie du Timée qui cherche les conditions d'une connaissance du monde sensible. De l'autre, le récit de la guerre qui opposa l'Athènes ancienne à l'Atlantide, relaté par deux fois (Timée, Critias) ; ou comment aussi naît un mythe toujours présent à notre imaginaire d'hommes modernes.Platon raconte ici des histoires et fonde la méthode scientifique. Poète ou philosophe ? Il ne choisit pas. "Ayant été doté des vivants mortels et immortels et ayant atteint ainsi sa plénitude, il est né notre monde, vivant visible comprenant les vivants visibles, dieu sensible, image d'un dieu intelligible, très grand, très bon, très beau, et très parfait, ciel unique qui est le seul de sa race.".
La scène est au Pirée, qu'éclairent les flambeaux nocturnes de la procession en l'honneur de la déesse Bendis. Attablés dans la maison du vieux Céphale, Socrate et quelques amis entreprennent de discuter des récompenses promises au juste dans l'au-delà. Qui peut le mieux cerner l'essence de la justice? La sagesse traditionnelle, les mythes anciens semblent impuissants et Socrate a vite raison des prétentions du sophiste Thrasymaque. Alors s'amorce avec Glaucon et Adimante, les frères de Platon placés en position d'interlocuteurs philosophes, un long entretien qui, de la justice dans la cité, remonte vers la justice de l'âme. L'histoire d'Athènes traverse sans cesse ce dialogue puissant, où la proposition d'une cité parfaite et de la royauté des philosophes est à la fois la réponse à la tourmente politique de la démocratie grecque et la recherche métaphysique des vertus de l'âme et des objets de la raison. Dans la traduction et le commentaire que je présente ici, j'ai cherché à construire l'équilibre le plus rigoureux possible entre une lecture centrée sur l'histoire et une autre qui prend la métaphysique comme foyer principal. Un des effets de cette perspective est d'éviter une position trop courante aujourd'hui, la dépolitisation de l'oeuvre. L'inquiétude de celui qui aspire à la justice, Platon ne cesse de le rappeler, n'est-elle pas indissociablement éthique et politique? - Georges Leroux