Cet ouvrage collectif croise deux champs d'étude, l'histoire de la presse et les études de genre, pour lesquels le XIXe siècle présente un intérêt décisif. En effet, s'instaurent alors une véritable "civilisation du journal" en même temps que s'opère une importante redéfinition des rapports sociaux de sexes, marquée par une exclusion de fait des femmes de la sphère publique, malgré quelques avancées difficilement conquises. Or, les interactions sont nombreuses entre ces deux mouvements fondamentaux dans la transformation de la société, la presse jouant un rôle considérable dans la définition des rôles masculins et féminins, certaines femmes usant de la presse pour tenter de faire entendre leur voix. Sont ainsi tour à tour étudiés la diffusion ou la contestation des stéréotypes, les discours sur l'art ou la littérature et les faits divers au prisme du genre, enfin quelques figures de femmes journalistes souvent peu connues. Prenant le genre à la fois pour objet d'étude et pour grille d'analyse, ce livre relève nécessairement d'une approche transdisciplinaire, faisant appel à l'histoire de la culture, à celle des femmes et des médias, aussi bien qu'à la littérature. Si la conscience du sexisme et des inégalités femmes / hommes augmente actuellement en France, c'est encore avec très peu d'effets sur les médias. On ne peut comprendre de tels blocages en s'en tenant à l'actualité immédiate. Cet ouvrage voudrait, en éclairant l'histoire qui fonde ces inégalités, aider à prendre du recul pour mieux les combattre.
Date de parution
17/02/2022
Poids
744g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782729712709
Titre
Féminin/masculin dans la presse du XIXe siècle
Auteur
Planté Christine ; Thérenty Marie-Eve
Editeur
PU LYON
Largeur
151
Poids
744
Date de parution
20220217
Nombre de pages
0,00 €
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Réédition corrigée et augmentée du recueil paru en 1998, Femmes poètes du XIXe siècle propose une anthologie de la production - minorée mais aucunement indigente - des femmes poètes françaises de ce temps. Plus nombreuses qu'on ne l'imagine (occultées par la renommée moins confidentielle de Marceline Desbordes-Valmore, Renée Vivien ou Anna de Noailles), ces créatrices surent souvent retenir l'attention de leurs contemporains. Pour réparer une injustice mais surtout restaurer la juste dimension d'une "poésie féminine" dont les notices permettent de mesurer la diversité des écritures comme des engagements, le retour de cette somme épuisée s'imposait.
Nouvelle édition révisée et complétée d?un essai paru au Seuil en 1989, avec une préface inédite de Michelle Perrot : si ce livre avait parmi les premiers en France introduit le point de vue du genre dans la réflexion sur la littérature et l?histoire culturelle, le développement des études de genre ces 25 dernières années justifie pleinement ce retour, qui propose à la fois un bilan et des perspectives de recherche. Car ce livre interroge les raisons pour lesquelles peu de noms de femmes sont inscrits dans la littérature, à travers un personnage, celui de la femme auteur, et une figure, celle de la soeur de Balzac. Si Shakespeare avait eu une soeur, comme lui génialement douée, la postérité n?en aurait rien su. C?est ce qu?imaginait Virginia Woolf dans Une chambre à soi, où Judith Shakespeare, après n?avoir rencontré qu?hostilité et humi-liation, se donnait la mort et finissait enterrée à un obscur carrefour où elle était définitivement oubliée de tous. Laure Surville, soeur bien réelle de Balzac, a quant à elle pu écrire et publier quelques livres. Dans la France du XIXe siècle, des femmes peuvent en effet écrire et publier, mais elles se heurtent au poids des préjugés, des hiérarchies, des conventions sociales et littéraires. Pour comprendre leur situation, et la façon dont elles ont disparu de la mémoire culturelle, ou y ont été réduites à des seconds rôles et des caricatures, on ne peut se satisfaire de mythologies tragiques. Il faut s?attacher au personnage de la femme auteur, vouée par son siècle à tous les ridicules, quand ce n?est pas à toutes les haines. Mauvais auteur et mauvaise femme, la femme auteur n?est pas une réalité sociale, c?est une invention, une construction fantasmatique qui incarne pour les contemporains ce qui les angoisse en une période de transformations accélérées, et ce qui menace à leurs yeux l?ordre de la famille, de la société et de la culture. C?est sur cet horizon que George Sand, Marceline Desbordes-Valmore et bien d?autres dont les noms commencent aujourd?hui à sortir de l?oubli ont dû inventer un rapport entre ces deux termes : être femme, et écrire.