Penseur et philosophe, Max Planck a dominé par sa personnalité toute la science moderne. Pour Albert Einstein, il a "doté le monde d'une grande idée créatrice" dont la découverte deviendrait "la base de toute la recherche en physique au XXe siècle". C'est dans le domaine de la thermodynamique que fit irruption sa découverte révolutionnaire, en 1900, alors qu'il s'intéressait au rayonnement émis par les corps qu'on échauffe et aux propriétés de la matière avec laquelle ce rayonnement interagit: contrairement à ce que supposait la physique classique, les échanges d'énergie entre le rayonnement et la matière ne peuvent se faire que par paquets discontinus, les quanta. Une hypothèse de quantification vis-à-vis de laquelle Planck lui-même exprima la plus extrême réticence mais qui signa l'acte de naissance de la physique quantique. Au terme de sa vie, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, l'illustre savant revient une dernière fois sur son oeuvre et nous livre la démarche même de son esprit au travail. Un témoignage inestimable, suivi de quatre grandes conférences, qui furent aussi ses derniers écrits: "Les faux problèmes de la science", "La signification et les limites de la science", "Le concept de la causalité en physique" et, tel un testament spirituel, "Science et religion".
Qu'est-ce qui nous amène à vouloir repousser nos limites humaines ? Que nous apprennent la connaissance et l'exploration de l'espace comme de l'Univers ? Pourquoi faut-il continuer à imaginer et à financer de grands projets scientifiques ? Pourquoi regarder vers les étoiles, c'est s'intéresser à notre planète ? Comment la science peut-elle résister aux conflits internationaux ? Dans un dialogue vif et engagé, Thomas Pesquet, astronaute, et Etienne Klein, physicien, répondent à toutes ces questions et à bien d'autres, et partagent avec nous leur passion pour les découvertes, la science, les infinis. Toujours avides de nouvelles expériences et défendant un optimisme raisonné, ils nous invitent à travers ce livre à continuer à rêver, mais lucidement.
Programmes surchargés, obsession de l'évaluation et de la compétition, manque de temps et de moyens : l'enseignement et la recherche souffrent de nombreux maux. En plus de produire des élèves, étudiants et chercheurs malheureux, dont le désir de comprendre est malmené, tout cela menace la survie de sociétés humaines qui, depuis leurs lointaines origines, dépendent de la création continue de connaissances pour s'adapter à des environnements changeants. A l'heure où les sciences sont attaquées de toutes parts, il devient vital de rompre avec ces logiques destructrices et de mettre en oeuvre une politique révolutionnaire de l'enseignement et de la création scientifique.
De l'IA à la conquête spatiale : la nouvelle géopolitique du salut technologique. Cet essai plonge au coeur de la philosophie de la Silicon Valley : le technofuturisme. Adossé à trois piliers - transhumanisme, maîtrise des risques existentiels et expansion spatiale -, il révèle l'ambition d'une république technologique où l'intelligence artificielle assoit la suprématie des puissances. Mais sous la promesse d'émancipation se profile une inquiétude, celle d'un avenir que la technologie pourrait écrire sans nous, reléguant l'humain aux marges de son propre récit. Jean-Noël Missa, docteur en médecine et en philosophie, est directeur de recherches au FNRS et professeur à l'ULB.