Tandis que l'histoire nous lie avec certitude au passé, la mémoire est réputée trompeuse. Les manifestations qu'elle inspire - souvenirs ou commémorations - passent pour des sources de division au sein d'une société prétendument apaisée. En réalité, la vérité en histoire est aussi contingente que la mémoire est incertaine. Contre l'ancien régime d'historicité s'est livré un travail de démystification qui a provoqué le renversement de notre relation au temps. Passant du futur au présent, un glissement s'est produit de l'histoire à la mémoire. A la croyance dans l'histoire s'est substituée la croyance en l'évènement, convoquant le passé dans le présent. L'époque 1939-1945 constitue un champ d'observation exceptionnel qui dévoile la manière dont, en majorité, les historiens rapportèrent les évènements vécus, les expliquèrent, manifestant parfois des transgressions que la mémoire, au travers des témoignages recueillis, fit apparaître au grand jour. Ecrire l'histoire ne consiste pas à retrouver le passé mais à le créer à partir de notre présent.
Nombre de pages
311
Date de parution
10/03/2014
Poids
395g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343029344
Titre
L'histoire : écriture de la mémoire
Auteur
Piwnica Jean
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
395
Date de parution
20140310
Nombre de pages
311,00 €
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Porter un jugement sur une œuvre d'art est chose difficile sinon périlleuse. Pourtant c'est une épreuve à laquelle bon nombre de spectateurs se soumettent quand, en files interminables, il se pressent aux expositions, aux foires d'art contemporain, plus rarement dans les galeries. Seuls, perplexes, face à des œuvres dont ils connaissent seulement le titre et le nom de l'artiste, ils sont livrés à eux-mêmes, hormis quelques brèves informations dispensées par un commissaire d'exposition, des catalogues encombrés de textes incompréhensibles et des articles de presse spécialisée qui les informent sur l'actualité de l'art, les lieux où il s'expose, et les cotes faramineuses des dernières ventes publiques. Est-ce de l'art, se demanderont-ils ? Quelle valeur attribuer à ces œuvres, selon quels critères ? Autant de questions qui s'imposent à ces amateurs d'art, soucieux de ne dépendre que de leur propre jugement et d'assumer seuls leurs préférences.
L'expérience que provoque la perception d'un objet d'art est essentiellement une expérience émotionnelle. Cet essai se propose, dans un premier temps, d'explorer les voies par lesquelles la philosophie tente de définir ce qu'on est convenu d'appeler le langage de l'art et ce qu'il induit chez le spectateur ou l'auditeur. Viennent ensuite plusieurs interrogations, en particulier sur ce qui permet à l'art de susciter des émotions et donner ainsi naissance à des expériences authentiquement artistiques ; jusqu'à quel point expression, compréhension et évaluation sont-elles liées à la nature de l'émotion expérimentée ? Quelle spécificité peut être attribuée à ces émotions, comparées à celles de la vie ordinaire ? Ces questions conduisent nécessairement à apprécier les ressources du langage et à s'interroger sur sa capacité à rendre compte du phénomène émotionnel auquel participe la mémoire, consciente ou inconsciente, qui révèle au sujet, dans toute la richesse de cette expérience, la profondeur du moi et sa perception du monde.
Créer des formes et des images est la fonction de l'imaginaire. Elle donne à l'individu la conscience de lui-même, de ce qui l'environne et la liberté de penser : celle en particulier d'imaginer des formes autres d'existence sociale ou individuelle. Par l'imagination, l'homme parvient à prendre ses distances par rapport à ce qu'il est, à se libérer du monde objectif. Elle rend possible le langage, c'est pourquoi elle est tenue pour subversive, parce qu'elle est la référence ultime avant les mots et les idées. Elle suscite en nous un intérêt pour le futur en même temps qu'elle confère une apparence de réalité et de présence à ce qui demeure absent du domaine spatial et temporel. L'image se caractérise par l'immédiateté qui la distingue de la norme temporelle existentielle et conditionne notre expérience de l'espace et du temps. Par les mythes et les légendes elle organise le temps et en allège la fuite. Elle répond au désir de l'image du but convoité. Dans la vision magique du monde, l'homme se retranche de la présence immédiate des choses et bâtit son propre royaume grâce auquel il appréhende le futur. Le mot et l'image sont les deux moyens qu'a l'être humain de traiter un non-présent comme un présent et de placer devant lui un objet désiré. Le mythe, produit de l'imagination, est une humanisation de la nature, une recherche du temps perdu, un effort de réconciliation avec un temps adouci qui transmue la mort en aventure paradisiaque.
La forme est une structure complexe qui procède par une sélection de propriétés relevées dans le foisonnement de nos sensations. Phase immobile d'une période de l'existence, la forme est opposée à la réalité qui est changement continuel ; cette stabilité répond au besoin de signification qu'exige l'intelligibilité des phénomènes.