Le livre des trahisons. Le crépuscule des officiers prussiens
Pivion Philippe
CHERCHE MIDI
21,00 €
Epuisé
EAN :9782749134963
Extrait Vendredi 5 novembre 1937, Berlin, Allemagne Les lames du parquet craquaient dans le silence. Par les hautes fenêtres pénétrait une clarté grise déclinante. Werner von Blomberg, le ministre de la Guerre, s'impatientait. Il repoussa sa chaise, s'approcha d'une fenêtre et contempla les restes du jardin du palais Schulenburg, dont les chênes multi-centenaires, arrachés, laissaient place à une construction toute en hauteur destinée à loger la garde SS de la chancellerie. Le ciel plombé donnait une allure sinistre à l'ensemble. Von Blomberg soupira et revint à sa place. Werner von Fritsch, commandant en chef de l'armée, monocle enchâssé dans l'arcade sourcilière, demeurait assis à ses côtés ; par désoeuvrement, il jeta un regard sur ses mains manucurées. Blomberg ne put s'empêcher de murmurer : - Ah, quel dommage d'avoir abattu ces beaux arbres... - Bismarck a dû se retourner dans sa tombe, lui qui les aimait tant, marmotta Fritsch. Konstantin von Neurath, le ministre des Affaires étrangères, les observant, leur adressa une mimique en avançant les lèvres dessous sa courte moustache grisonnante, un peu comme l'aurait fait un instituteur à des élèves trop bavards. A l'autre bout de la table, l'amiral Raeder annotait avec application des dossiers, gardant la tête penchée sur les feuillets. Le ministre des Affaires étrangères et l'amiral restaient cois. Ici, il fallait se méfier de tout. L'attente se faisait longue. Des bruits de portes et de bottes résonnèrent dans des couloirs. Un téléphone sonna. Une horloge posée entre deux énormes chandeliers de bronze sur le marbre rose d'une cheminée tinta un coup. Seize heures trente. Von Fritsch découvrant une petite peau dépassant à côté de l'ongle de son index droit entreprit de la couper avec ses dents. Il pinça en vain le bout d'épiderme avec ses incisives. Alors, il tira dessus. Un élancement le fit grimacer tandis que sourdait une minuscule perle de sang. Enfin, la porte pivota sur ses gonds, manoeuvrée par un huissier aux gants immaculés, une chaîne autour du cou, des mollets enserrés dans des bas de soie. Hitler entra, escorté de Goering. Le colonel Hossbach, aide de camp du Führer, les accompagnait. Immédiatement, von Blomberg, von Fritsch, Raeder et von Neurath se dressèrent d'un seul élan et, tendant le bras droit, lancèrent un «Heil Hitler !» que la hauteur du plafond fit rouler dans la pièce. D'un geste, Hitler fit asseoir tout le monde. - Je vous ai convoqués afin de vous faire connaître mes orientations en matière de politique extérieure. C'est pour cela que j'ai demandé à Neurath d'être présent, et comme la politique étrangère ne peut s'asseoir que sur la base d'un rapport de force, j'ai voulu la présence du ministre de l'Armée de l'air, Goering, celle du ministre de la Guerre, Blomberg, celle de la marine de guerre, l'amiral Raeder, et enfin celle du commandant en chef de l'armée de terre, Fritsch. Mon aide de camp prendra les notes nécessaires, car je veux tout prévoir. Dans l'éventualité de ma disparition, cette conversation constituera en quelque sorte mon testament... Messieurs, l'heure est venue que nous abordions la mise en oeuvre de mes projets pour la Grande Allemagne. Hitler eut une mimique, comme un tic, puis se passa la main dans les cheveux pour ramener la mèche rétive qui ombrait son front. Il poursuivit par un long développement sur la communauté raciale allemande, le Volk, son devenir, son unité, son espace vital. Il scrutait chacun, vérifiant l'impact de ses propos et l'adhésion des participants.
Dans le nord de la France, durant la Première Guerre mondiale, "Alf" est un jeune Allemand d'origine autrichienne. Il est estafette dans la Deutsches Heer. Il est très conservateur, déteste les idées libérales et les Juifs. Sa principale ambition est de bien servir ses supérieurs pour grimper dans la hiérarchie et recevoir des médailles. Il a eu une enfance compliquée. Il aime peindre. Il tente de se rapprocher des Vanousten, une famille française, car la fille, Geneviève, ne lui déplaît pas. Les Vanousten renseignent les troupes françaises de l'autre côté de la ligne de front. Ils vont payer les conséquences de leur engagement contre l'ennemi. Le roman dresse un tableau sans concession de la vie et des relations avec "l'occupant", complexes, avec des alliances de survie réciproques entre les soldats allemands et familles françaises. Alf est aveuglé par du gaz toxique. Le docteur Bernstein l'envoie à la section psychiatrique de l'hôpital Pasewak. Son nom complet est "Adolf Hitler". C'est le roman d'Adolf avant qu'il ne devienne Hitler, ses frustrations, son égocentrisme, son manque d'empathie envers les autres (à part pour son chien), sa quête de vengeance, son enfance, son servilisme envers l'autorité... Un monstre ne se construit pas que durant l'enfance !
1934. Tous les protagonistes du prochain drame sont là: Barthou, aussi lucide que Churchill sur le nazisme, Dollfuss et Mussolini, Cachin et Duclos, Goering et Hitler, le conseiller Prince et Tardieu, Pétain et Otto Abetz. Une année décisive pendant laquelle les peuples sont dupes. D'une précision de mots et d'intentions, l'auteur nous impose d'entrer dans l'Histoire avec une passion d'autant plus forte qu'elle est soutenue par les faits scrupuleusement rapportés comme par la forme romanesque, celle d'un roman policier, qu'il lui donne. Une reconstitution haletante très cinématographique où l'on combat, on dénonce, on assassine, on entre dans la fourmilière des vendus et des crapules comme dans celle de la diplomatie. Attentats, crimes, complots cadencent l'action menée à un rythme effréné, l'histoire sans digression, une enquête sans complaisance, un roman historique palpitant sur la période qui va du 6 février 1934 - tentative de prise du Palais-Bourbon par les ligues d'extrême droite - à l'assassinat à Marseille, le 9 octobre 1934, du roi de Yougoslavie et du ministre des Affaires étrangères français Louis Barthou, véritable cible des terroristes. Un roman palpitant dans lequel les événements s'écrivent au jour le jour.
Apparemment centré sur le Congrès de Tours de 1920 considéré comme la naissance du Parti communiste français, ce roman montre en réalité comment les adhérents de la SFIO se sont déchirés sur le lourd bilan de la participation à la guerre en 1914 et sur l'adhésion à la IIIe Internationale. A partir d'un gros travail sur les archives, l'auteur revisite cette date historique dans son roman. Il pointe les lignes de partages entre ceux qui s'enferment sur leur ligne politique et ceux qui aspirent à des jours nouveaux portés par la révolution russe de 1917. Il resitue les enjeux, les coups tordus et le rôle oublié de Daniel Renoult dont il fait son personnage central.
Les Assassins de la paix est un roman historique du cycle "Daniel Renoult", personnage principal de l'intrigue. Appuyé sur une solide documentation historiographique, il nous transporte au coeur des tensions entre vainqueurs de la Grande Guerre lors de la rédaction du Traité de Versailles. Nous y apprenons comment leurs volontés de se partager le monde, "de faire payer l'Allemagne", de liquider la révolution russe, de mépriser l'Asie constituent autant d'éléments des désastres à venir. D'une écriture fluide et alerte, où pointent l'humour et l'ironie, ce roman restitue les lieux, les personnages réels, les drames et les manoeuvres, qui permettent au lecteur de prendre la mesure des enjeux du Traité de Versailles et de ses conséquences, dont certaines font l'actualité internationale encore aujourd'hui.
Un portrait vivant et enlevé de Pierre Desproges, homme empli de contradictions et si attachant, dont l'humour politiquement incorrect manque cruellement à notre époque.En 1976, Pierre Desproges (1939-1988) décide de claquer la porte du légendaire Petit Rapporteur pour se laisser aller à des circonlocutions langagières capables de percuter le sens commun. Et c'est ainsi que surgit, il y a exactement un demi-siècle, la figure de proue du politiquement incorrect. La satire de haut vol, le stand up et la grande littérature révèlent alors chez ce " fils " de Pierre Dac, d'Alexandre Vialatte et de Michel Audiard une incarnation aboutie de l'humour noir jubilatoire. Desproges, c'est notre mauvaise conscience qui s'encanaille. Étonnant, non ... Ce même artiste, devenu plus tard procureur au Tribunal des flagrants délires, invente une rhétorique radiophonique ravageuse en nous gratifiant de mots taillés comme des diamants pour écorcher les bienpensants. Avec, en prime, le sentiment aigu de posséder une bouille d'enfant pour s'attirer toutes les indulgences. D'une plume vive et sensible, Jean-Michel Djian nous croque ici, plus qu'un saltimbanque torturé, la figure libre et emblématique d'une génération pour qui la montée en puissance de la bêtise humaine et de l'absurdité du monde justifiait tous les excès de langage.
Si le chanteur est prolifique, l?homme est plutôt discret et taiseux par nature. Francis Cabrel est tout sauf un exhibitionniste. Excepté sur une scène, il n?aime guère être en pleine lumière. Cabrel par Cabrel constitue un document rare: l?auteur-compositeur-interprète de Je l?aime à mourir, de Saïd et Mohamed, de La Dame de Haute-Savoie et de dizaines d?autres succès, s?y livre sans se dissimuler. Il parle de tout, à c?ur ouvert: de son enfance, de sa vie de famille, des sports qu?il prise, des artistes qui l?ont influencé, de ses goûts musicaux et littéraires, de la façon dont il écrit et compose, de son rapport à la politique et à l?argent, de ses enthousiasmes, de ses colères? Et même de sa vie « après la chanson »! Sous les confidences perce toute l?humanité de Francis Cabrel: sa sincérité et son humour. Et sous la simplicité du ton se révèle toute la richesse d?un artiste métissé et universel: « Je suis, dit-il, un immigré italien vivant en Occitanie, chantant en français des chansons américaines. »
Alain Chamfort, pour la première fois, se retourne sur son passé, ses aventures -musicales etamoureuses, ses rencontres (Claude François, Serge Gainsbourg, Véronique Sanson, Jane Birkin?),et fait le bilan d'un parcours, pointe ses blessures secrètes, ses regrets. En quelque sorte, il se met à nu dans une anti-biographie élégante où il sonde d'abord ses passions.
La joie de vivre d'Henri Salvador n'était pas qu'un ouragan d'éclats de rires! C'était aussi une gouaille, une lucidité sur la vie, la mort, et l'amour des mots, de la chanson, de l'être humain, des femmes et de demain! Un sentimental, pudique et solaire insufflant son légendaire optimisme. A travers ses pensées et répliques, nous découvrons un homme sensible doublé d'un éternel enfant farceur avec ses peines, ses peurs, son bonheur de vivre et de rire de tout et malgré tout. Des amis témoignent de sa fidélité, de sa générosité, de son amour pour la musique et la chanson françaises, de son humour potache et de sa simplicité de fantaisiste crooner. Il tisse ainsi au fil des mots le portrait d'un homme libre pour vivre toutes ses passions.
Le citoyen Laurent Lecointre a-t-il perdu la tête ? A quarante-sept ans, ce père de famille et négociant prospère, fournisseur de draps à la cour, a tout pour être heureux. Mais alors que les fiançailles de sa fille se dessinent, la Révolution française éclate. Et le bonhomme décide, sans crier gare, de se jeter dans la gueule du volcan. Patriote exalté jusqu'à la furie, créature de Mirabeau et Marat, persécuteur de Berthier puis de Beaumarchais, Lecointre n'a plus qu'une obsession : les affaires publiques. Porté au commandement de la garde nationale versaillaise, bientôt élu à l'Assemblée législative, l'ennemi des rois se transforme en tyran domestique et en accusateur public. Jouant avec la guillotine comme d'autres avec le feu, il déploie son tempérament excessif dans toutes les circonstances les plus graves de la période, des terribles journées versaillaises d'octobre 89 à la chute de Robespierre, cinq ans plus tard, en passant par le procès de Marie-Antoinette dont il est le premier témoin à charge. C'est l'itinéraire exceptionnel de ce personnage énigmatique, haut en couleur et attachant que Le Bouffon de la Montagne retrace. Des bancs enfiévrés de la Convention aux brumeux rivages du Cotentin où il est envoyé en mission, de la prison du Mont-Saint-Michel à l'exil dans la campagne briarde, l'épopée farcesque de Lecointre provoque le vertige par l'accumulation de ses authentiques péripéties. Et le roman de cape et d'épée se double donc d'une réflexion sur le revers comique d'une des plus tragiques périodes de notre histoire.
La vie d'Arnaud de Creully bascule en ce printemps 1134, quand, en regagnant son village, il aperçoit l'incendie ravageant la masure de sa mère qu'il est impuissant à tirer des flammes. Persuadé que l'insouciance de sa jeunesse est la seule responsable de sa mort, il fait voeu de silence et s'engage à accomplir le pèlerinage de Bayeux jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle afin d'y obtenir le pardon de sa faute. Accompagné de Morel, son ami d'enfance, et de singuliers pèlerins compagnons de route, les étapes de son parcours seront émaillées d'aventures parfois émouvantes ou drôles et toujours pittoresques. Tout au long du chemin, il fera d'étranges rencontres dont une, celle de la douce Sabah, qui risquera de compromettre son engagement et "le Serment de Compostelle". Mais son pèlerinage accompli, reviendra-t-il finalement en Normandie, libéré de son lourd fardeau ...
Octobre 1493. Alors que Florence pleure Laurent le Magnifique, Milan connaît sous le règne de Ludovic le More un essor florissant, et bien des artistes de renom sont invités à la cour ducale. Léonard de Vinci partage son quotidien avec sa mère Caterina et son apprenti bien-aimé Salaï. Il travaille au gigantesque cheval de bronze qu'il a promis au duc de Milan pour honorer son père, Francesco Sforza, et doit affronter des problèmes techniques qu'il n'avait pas soupçonnés. Accaparé par d'innombrables projets, il confie les secrets de ses recherches à un carnet, fort convoité par certains.Quand un cadavre est retrouvé au milieu de la cour du château, Ludovic le More fait appel au génie multiforme de Léonard, comptant sur ses connaissances en anatomie et sur son intuition pour éloigner les soupçons de peste et démasquer le jeu d'intérêts croisés des Este et du roi de France, dans lequel banquiers et religieux ne sont pas en reste.Un roman historique plein d'invention, un voyage surprenant dans une des périodes les plus fascinantes de l'histoire italienne, la Renaissance.Marco Malvaldi est né à Pise en 1974. Il est l'auteur d'une série policière (La Briscola à cinq et Un tour de passe-passe), de romans policiers historiques et de livres de vulgarisation scientifique. Le Cheval des Sforza est un immense best-seller en Italie.Traduit de l'italien par Nathalie Bauer