Dialectique du monstre. Enquête sur Opicino de Canistris
Piron Sylvain ; Nuss Philippe
ZONES SENSIBLES
26,00 €
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EAN :9782930601182
Le regard que nous portons sur les oeuvres du passé est par définition anachronique. Leur présence manifeste la persistance d'époques révolues au sein de notre monde. Elles appartiennent à un autre temps que le nôtre. Il n'est pas toujours aisé de les aborder. De même que l'oeil doit relâcher et contracter des muscles pour passer d'une vision proche à une vision lointaine, un effort d'accommodation est requis pour surmonter cette distance temporelle. D'un simple point de vue matériel, nous ne voyons plus ces oeuvres telles qu'elles ont été produites. Leurs conditions d'exposition ou de reproduction les placent dans une autre lumière, leur donnent d'autres couleurs. Elles ont le plus souvent été sorties de leur agencement originel. Comme le souligne Daniel Arasse, cette situation procure toutefois certains bénéfices ; elle autorise notamment une vision rapprochée qui nous permet d'entrer dans l'intimité du travail de l'artiste. Mais un autre type d'écart est plus radical encore. Ces images ou ces objets témoignent d'univers culturels dont nous n'avons pas la compréhension spontanée. Spectateurs contemporains, nous sommes coupés du sens que produisait leur spectacle dans leur situation d'origine. La visibilité n'est pas une simple propriété naturelle. L'oeil ne voit que ce qu'il a appris à voir. De même que nos représentations emploient de multiples codes et postulats, les productions du Moyen Age ou de la Renaissance obéissaient à des conventions liées aux habitudes visuelles, aux façons de percevoir l'espace et de penser les rapports du visible et de l'invisible. L'une des principales fonctions de l'histoire de l'art est d'apprendre à franchir cet écart, à traverser le temps pour nous aider à capter ce que ces images voulaient et veulent encore nous dire. Les dessins d'Opicino de Canistris sont propices à des anachronismes violents. Ces dernières décennies, ses oeuvres sont facilement sollicitées par des expositions d'art contemporain3. Elles sont en revanche moins commodes à situer au sein de l'art médiéval. Qui pourrait dire, au premier regard, qu'elles ont été produites dans la même décennie que les fresques du bon et du mauvais gouvernement d'Ambrogio Lorenzetti ? A la différence des artistes de son temps, Opicino ne s'inscrit pas dans le projet d'une imitation de la nature, qui sera la ligne dominante de l'art occidental au cours des cinq siècles suivants. Pourtant, ses dessins mettent en jeu deux des innovations visuelles majeures du XIVe siècle que sont la cartographie du pourtour des terres et le portrait individuel - deux conventions qui sont demeurées jusqu'à nos jours des codes auxquels nous faisons appel quotidiennement. Cependant, l'usage qu'il en fait est très déconcertant. Au lieu d'être traitées séparément, les deux conventions sont intégrées au point de ne produire qu'une unique représentation. Les corps et les visages se coulent dans les contours des continents, tandis que d'autres formes émergent des étendues marines. Il existe une longue tradition de cartes anthropomorphes dans l'histoire occidentale, à partir du xvie siècle, qui sont le plus souvent tournées vers la caricature politique. Rien ne se compare à la puissance et la beauté de ces réalisations. On peut encore mentionner un autre trait qui éloigne Opicino des canons de l'esthétique médiévale et nous le rend proche. Il s'agit du dessin de la nudité et de l'évocation crue de la sexualité. Ce n'est pas un hasard si la principale image mise en avant de nos jours, dans les expositions ou les couvertures de livres, est son dessin le plus saisissant de cette veine. Une femme-Europe dénudée, dont l'épaule gauche est dévorée par un monstre, uniquement vêtue de bottes de cuir qui occupent respectivement le sud de la péninsule italienne et la Dalmatie, porte dans son ventre sanguinolent une petite Europe-enfant en Lombardie. Le poing d'un bras remontant l'Adriatique agresse ses parties génitales ouvertes dans la lagune vénitienne tandis qu'un sexe masculin monstrueux entre en érection contre son cou, le long de la côte aragonaise. Les diagonales rouges et noires qui la traversent selon des trajets imprévisibles, ornées d'inscriptions ésotériques, ajoutent encore au pouvoir d'évocation mystérieux du dessin. L'image est aussi instantanément parlante que profondément opaque. Comme l'auteur le reconnaît dans un texte écrit en marge, il était préférable de ne pas le montrer, de peur de susciter des malentendus. Nous sommes en revanche immédiatement sensibles à la beauté des corps et à l'intensité dramatique de l'action, sans même chercher comprendre la subtilité des significations cachées. C'est que notre culture artistique nous a habitué à apprécier la beauté formelle indépendamment du motif (depuis Manet) ou de la ressemblance avec la nature (depuis Cézanne ou Braque). En somme, c'est l'étrangeté de ces oeuvres qui nous les rend familiers. Pour le dire autrement, Opicino aurait été postmoderne par anticipation à l'aube de la modernité.
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Nombre de pages
208
Date de parution
19/10/2015
Poids
430g
Largeur
162mm
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EAN
9782930601182
Titre
Dialectique du monstre. Enquête sur Opicino de Canistris
Auteur
Piron Sylvain ; Nuss Philippe
Editeur
ZONES SENSIBLES
Largeur
162
Poids
430
Date de parution
20151019
Nombre de pages
208,00 €
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Résumé : Occupation Empr. au lat. occupatio ; angl. business - Subst. fem. Action d'occuper (un lieu, un espace, une surface, une position stratégique): occupation militaire d'un territoire. - Dr. civil Titre juridique accordé au premier occupant d'une terre. - Occupation du sol : utilisation de l'espace d'un point de vue productif (agriculture, industrie). - Psych. Etat mental de celui qui n'est pas libre de ses pensées ("un homme trop occupé ne peut rien faire de bien", Sénèque). - Etre occupé: avoir toujours quelque chose à faire ("occupations professionnelles"). - Action d'occuper (un lieu, un espace) sans autorisation ou par la force : occuper un lieu de pouvoir.
Dans le prolongement de l'Occupation du monde paru en 2018, Généalogie de la morale économique expose quelques-unes des voies par lesquelles s'est constitué l'imaginaire économique qui gouverne les sociétés occidentales et entrave l'appréciation de la catastrophe environnementale produite par l'expansion du capitalisme industriel et financier. Cet imaginaire forme une idéologie d'autant plus oppressante qu'elle se présente comme pure expression d'une nature humaine. Sous couvert de neutralité, elle constitue une morale inflexible qui enjoint à chacun de prendre une part active dans le cycle des opérations économiques. La démarche généalogique permet de restituer les dynamiques culturelles et sociales à travers lesquelles s'est formé, dans la longue durée, cette figure très particulière de l'humanité qui en vient à détruire méthodiquement les conditions de possibilité de sa survie. Il y a plus de 130 ans, Friedrich Nietzsche vitupérait la morale bourgeoise et ses hypocrisies, issues d'un christianisme déclaré "ennemi de la vie" . A l'âge de l'opulence, il n'y a plus guère de motif de faire porter la critique sur les conséquences délétères des "idéaux ascétiques" . La question qui se pose est plutôt de comprendre ce que signifient les idéaux économiques et le cheminement souterrain qui a fait procéder les seconds des premiers. Nous avons à déchiffrer, pour parler comme Walter Benjamin, l'affinité qui a permis au capitalisme de proliférer comme un parasite sur le christianisme Le livre se compose d'une douzaine d'études, distribuées en deux parties. Dans un premier temps, il sera surtout question d'explorer les mythologies chrétiennes liées au travail, en premier lieu celle qui sont issues du livre de la Genèse. En observant l'apparition d'une iconographie médiévale d'Eve filant la laine après l'expulsion, ou l'interprétation du verset (Gn 2, 15) qui indique qu'Adam a été placé au jardin d'Eden "pour le cultiver et le garder" , on verra comment s'est formée l'idée que l'être humain, homme ou femme, est naturellement destiné à accomplir un travail productif, histoire dans laquelle saint Augustin et Luther marquent des inflexions notables, mais qui débute avec la rédaction de la Genèse au VIIe siècle avant notre ère. L'obsession d'un usage efficace du temps, qui est au coeur de "l'esprit du capitalisme" décrit par Max Weber, dérive d'une très ancienne structuration monastique de la temporalité, occupée à la prière et au travail manuel, qui a été puissamment relayée à l'échelle de la société entière par la pastorale du Moyen Age central. Le bon usage de ce temps, par la vertu de l' "industrie" , fait apparaître l'histoire plus complexe d'une dimension qualitative du travail qui s'appauvrit brusquement au XVIIIe siècle, quand l'industrie s'applique, non plus à l'invention et l'habilité humaine, mais à l'action des machines. Le second volet du livre est consacré à l'examen d'une série de notions et d'institutions fondamentales pour les pratiques et l'analyse économique contemporaines, dont l'histoire remonte souvent au Moyen Age central. La mise en évidence de leur profondeur historique permet de mieux faire sentir les sous-entendus qu'elles véhiculent. On s'intéressera en particulier à l'histoire du concept de valeur, néologisme du XIe siècle, thématisé pour la première fois par Albert le Grand. L'ensemble du réseau notionnel qui lui est lié dans l'analyse scolastique du juste prix (utilité, rareté, besoin) permet de rectifier le préjugé habituel d'une émergence de la pensée économique à l'époque des Lumières. A titre de confirmation, on verra que l'imaginaire du "choix rationnel" est une reformulation de la théologie chrétienne du libre-arbitre. Les notions de "capital" et de "risque" qui émergent dans le commerce méditerranéen du XIIe siècle, sous la plume de notaires pisans, sont également liées à une notion de responsabilité individuelle. L'histoire de l'institution monétaire conduit elle aussi à identifier une origine médiévale, associée à l'émergence d'une conception de la souveraineté territoriale au XIVe siècle. Une relecture des débats sur l'usure permettra de comprendre que, loin de représenter un archaïsme dépassé, l'interdit permet d'exprimer l'existence d'une sphère de moralité supérieure, faite de rapports fondés sur la bienveillance et la gratitude, sans laquelle la sphère inférieure de l'échange utile et intéressé serait tout simplement invivable. Sur la base d'une critique historique de la conceptualité et de l'imaginaire économique, il sera possible formuler, en conclusion, quelques propositions en faveur d'une morale écologique, qui subordonne la recherche de l'efficacité économique à la préservation des milieux de vie et de la justice sociale. Ce travail d'histoire intellectuelle de longue durée, englobant l'ensemble du second millénaire chrétien (avec une excursion ponctuelle dans l'histoire biblique et patristique), mené selon les canons de la recherche érudite, assume une orientation explicite vers la formulation d'une philosophie politique écologique adaptée aux conditions de la crise actuelle.
Résumé : Le désastre écologique vient de loin. En adoptant une perspective de longue durée, on peut y reconnaître l'aboutissement d'une dynamique complexe qui a modelé l'Occident au cours du second millénaire de l'ère chrétienne, au terme de laquelle l'économie est devenue le discours dominant qui oriente les pratiques et obscurcit les esprits. C'est ce qui est qualifié ici d'occupation du monde, expression qui désigne tout à la fois la conquête illimitée des espaces naturels et l'agitation des êtres qui en prennent possession. Revisitant, entre autres, les travaux de Gregory Bateson et d'Ivan Illich, cet essai propose une interprétation globale du destin de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde.
La pandémie de grippe est un des événements qui suscitent une mobilisation au niveau global. Le caractère cyclique des pandémies ? la « grippe espagnole » en 1918, la « grippe asiatique » en 1957, la « grippe de Hong Kong » en 1968 ? a conduit les experts à penser qu?une nouvelle pandémie était imminente, et qu?elle tuerait des millions de personnes. La question, selon les autorités de santé globale, n?était pas de savoir quand et où la pandémie commencerait, mais si nous étions prêts pour ses conséquences catastrophiques. Il faut donc se préparer aux pandémies pour limiter non seulement le nombre de victimes humaines mais aussi ses effets politiques et moraux. Une pandémie commence quand un pathogène infecte une population humaine non immunisée. On considère que les microbes mutent à travers les espèces animales, où ils se développent habituellement de façon asymptomatique dans leurs « réservoirs animaux », avant de passer aux humains, où ils produisent infection et contagion. Les virus de grippe, en particulier, mutent et se réassortissent chez les oiseaux, notamment aquatiques, et les porcs, décrits comme des « véhicules intermédiaires » parce qu?ils ont des récepteurs dans leurs voies respiratoires qui peuvent s?attacher aux virus aviaires et humains. Quand les microbiologistes suivent les pathogènes dans leurs réservoirs animaux pour anticiper leur émergence chez les humains, ils introduisent ainsi les animaux dans la société. Ce livre montre, avec les méthodes de l?anthropologie sociale, comment les techniques de préparation pour une pandémie de grippe ont transformé nos relations aux oiseaux. Des milliards de volailles ont été tuées à travers le monde pour éviter que des pathogènes potentiellement pandémiques ne passent la frontière d?espèces. Les oiseaux migrateurs ont été surveillés pour comprendre la diffusion des virus de grippe en-dehors de leur lieu d?émergence. L?anthropologie sociale, en tant qu?elle produit du savoir sur les similarités et les différences entre les humains et les autres animaux, peut prendre les pathogènes franchissant les barrières d?espèces comme point de départ pour une enquête sur les transformations des relations entre humains et non-humains. La connexion entre les relations hommes/animaux et les mesures de santé publique s?opère dans les deux sens?: de nouvelles relations entre hommes et animaux (comme l?intensification de l?élevage industriel) a produit de nouveaux risques d?émergence, mais les techniques utilisées pour limiter ces risques (comme l?abattage massif de volailles ou l?usage de poulets sentinelles) a aussi changé la façon dont les hommes interagissent avec les animaux. Ce livre est basé sur une recherche ethnographique conduite à Hong Kong, Taiwan et Singapour entre 2007 et 2013. Ces trois territoires ayant été affectés par la crise du SRAS en 2003, ils ont investis dans les techniques de préparation à une pandémie de grippe. Mais ces trois territoires étaient aussi mobilisés contre un virus de grippe aviaire venant de Chine, où le nombre de volailles domestiques avait dramatiquement augmenté au cours des quarante dernières années. Hong Kong, Taiwan et Singapour sont trois points de passage pour la diaspora chinoise, qui pouvait ainsi s?identifier avec les oiseaux migrateurs accusés de propager la grippe à travers le globe. L?un des arguments soutenus dans ce livre est que ces trois territoires situés aux frontières de la Chine et connectés au reste du monde ont trouvé avec la grippe aviaire un langage pour parler des problèmes qu?ils ont avec le continent chinois, considéré comme une puissance émergente dont les conditions de vie manquaient de transparence. Ce livre associe un argument théorique en anthropologie sociale avec une ethnographie des relations entre hommes et animaux dans des techniques de santé publiques afin de saisir ce qu?est « la préparation au niveau aviaire » dans des territoires asiatiques singuliers.Table des matières : Introduction Première partie : Maladies animales Chapitre 1 : Abattre, vacciner et surveiller les animaux contagieux Chapitre 2 : Controverses sur la biosécurité dans la surveillance des zoonoses Chapitre 3 : De la santé globale aux écologies de la conservation Deuxième partie : Techniques de préparation Chapitre 4 : Sentinelles et signaux d?alerte précoce Chapitre 5 : Simulation et scénarios inverses Chapitre 6. Stockage ordinaire et prioritaire Conclusion Bibliographie
En Angleterre, les pirates se sont multipliés. Forcément, il y a eu des conflits; forcément, ces conflits ont parfois pris des allures de règlements de comptes. Le 21 juin 1966, Reginald Calvert, le propriétaire de Radio City, est abattu par son rival, Oliver Smedley, le patron de Radio Atlanta. Cet ultime affrontement entre deux pirates devait couler par le fond des bateaux qui eurent un rôle fondamental dans l'émergence de la pop: seules ces radios pirates offshore offraient à la jeunesse exaltée une musique absente des ondes de la BBC. La mort d'un pirate revient sur les origines de la radiodiffusion pour aborder les raisons profondes de cet événement détonnant. Dès l'apparition des premiers pirates dans les années 1920 (de simples auditeurs accusés de trafiquer leurs récepteurs), un combat technologique, économique, culturel et politique s'engage entre deux camps: ici les défenseurs du monopole d'État et de la BBC, respectueux de la propriété intellectuelle et soucieux d'instruire le peuple par les ondes; là les féroces militants du laissez-faire financier, partisans des radios commerciales et de la liberté. Oliver Smedley et Reginald Calvert avaient choisi leur camp. Mais Radio City avait un avantage. Elle émettait depuis des anciens forts militaires, vestiges de la Seconde Guerre mondiale perdus dans les brumes de la mer du Nord: Shivering Sands... Avec l'expertise de l'historien et la plume d'un auteur de polar, Adrian Johns mène l'enquête et nous confronte aux interrogations soulevées par une société de l'information aujourd'hui devenue numérique: la légitimité des pratiques populaires, la liberté d'expression et de création, l'exercice de la démocratie, l'économie du droit d'auteur. Autant de questions qu'il adresse aux pirates modernes comme aux décideurs politiques.
Où qu'ils aillent et quoi qu'ils fassent, les hommes tracent des lignes: marcher, écrire, dessiner ou tisser sont des activités où les lignes sont omniprésentes, au même titre que l'usage de la voix, des mains ou des pieds. Dans Une brève histoire des lignes, l'anthropologue anglais Tim Ingold pose les fondements de ce que pourrait être une "anthropologie comparée de la ligne" - et, au-delà, une véritable anthropologie du graphisme. Etayé par de nombreux cas de figure (des pistes chantées des Aborigènes australiens aux routes romaines, de la calligraphie chinoise à l'alphabet imprimé, des tissus amérindiens à l'architecture contemporaine), l'ouvrage analyse la production et l'existence des lignes dans l'activité humaine quotidienne. Tim Ingold divise ces lignes en deux genres - les traces et les fils - avant de montrer que l'un et l'autre peuvent fusionner ou se transformer en surfaces et en motifs. Selon lui, l'Occident a progressivement changé le cours de la ligne, celle-ci perdant peu à peu le lien qui l'unissait au geste et à sa trace pour tendre finalement vers l'idéal de la modernité: la ligne droite. Cet ouvrage s'adresse autant à ceux qui tracent des lignes en travaillant (typographes, architectes, musiciens, cartographes) qu'aux calligraphes et aux marcheurs - eux qui n'en finissent jamais de tracer des lignes car quel que soit l'endroit où l'on va, on peut toujours aller plus loin.