Que peut le théâtre ? Qu'est-ce que l'individu et la communauté sont en droit d'en attendre ? Rien moins que sauver des êtres, des âmes, des vies, répond, au-delà de tout prosélytisme, l'actuel directeur du Festival d'Avignon, le dramaturge et metteur en scène Olivier Py. Cet essai, à la fois biographique et analytique, se propose donc de voir comment le théâtre, au sens le plus extensif que peut prendre ce terme - une façon d'être au monde répondant à une manière d'être du monde lui-même -, a pu tirer le poète d'une angoisse mortifère procurée par le spectre de l'insignifiance en lui donnant un destin ; et comment il peut à son tour l'offrir comme viatique aux hommes et femmes d'aujourd'hui, confrontés à une spectaculaire absence de sens qui semble avoir pris des traits d'apocalypse. Ce dont il retourne alors n'est pas tout à fait une religion, encore moins une politique - tout en ayant éminemment à voir avec elles -, il s'agit plutôt d'une éthique de vie tout entière consacrée à la scène et à l'art, fondée sur l'éblouissement esthétique et les assurances qu'il donne, et mise en oeuvre au moyen d'une poétique faisant du théâtre total, somme et synthèse de tous les théâtres, un rempart contre le sentiment de déréliction - au risque assumé de la démesure.
Nombre de pages
412
Date de parution
04/07/2018
Poids
430g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782330102623
Titre
Olivier Py, planches de salut
Auteur
Picard Timothée
Editeur
ACTES SUD
Largeur
141
Poids
430
Date de parution
20180704
Nombre de pages
412,00 €
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Résumé : L'opéra, fait de civilisation majeur dans nos sociétés, est étudié à travers le prisme de ce que Walter Benjamin a appelé l'"un des grands romans sur le XIXe siècle" : Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. De multiples adaptations cinématographiques mêlent grandioses réalisations de studios (Universal, Hammer) et films d'auteur cultes (Brian de Palma, Dario Argento), au risque du kitsch. La comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber pulvérise tous les records d'audience et de longévité, parachevant un mythe. Quelles conceptions se fait-on de l'opéra et quelles représentations en donne-t-on quand on passe du roman à son illustration, du cinéma à la comédie musicale et du ballet à la fan fiction ? Mais aussi du grand répertoire lyrique au rock ou au heavy metal, de la féerie à l'horreur, des adultes aux adolescents, des hommes aux femmes, d'un siècle à l'autre ? Ou encore de la France aux Etats-Unis et à la Chine, et de la Grande-Bretagne à l'Italie et à l'Amérique du Sud ? Cet essai interroge le devenir du divertissement en Occident, de l'essor du spectaculaire romantique au triomphe de l'industrie culturelle mondialisée. Il montre que si l'opéra comme genre et pratique semble s'effacer peu à peu, son esprit perdure sous d'autres formes et par d'autres moyens : l'opéra et ses succédanés prennent en charge des aspirations dont l'homme ne peut se passer et dont eux seuls ont la clef. Plus largement, cet ouvrage s'attache à ce que Nietzsche a nommé la " civilisation de l'opéra " et dont le Palais Garnier, quintessence de "Paris, capitale du XIXe siècle" et de la culture bourgeoise à son âge d'or, apparaît comme la figure de proue. S'appuyant sur les sources les plus diverses, il parcourt tout l'édifice de son imaginaire pour identifier dans le couple formé par l'Opéra fabuleux et son Fantôme monstrueux l'allégorie d'une modernité équivoque. Il traite enfin de notre rapport à cette civilisation, fantôme étonnamment vivace des cultures et sociétés contemporaines.
L'objet de ce livre original en tout point est de traiter en même temps de Giuseppe Verdi et de Richard Wagner, à l'occasion du bicentenaire de leurs naissances, d?étudier le devenir de cette comparaison, l'une des plus décisives pour l'imaginaire de l'opéra, et la culture européenne dans son ensemble. Il s'agit ainsi de dégager les principaux stéréotypes et lieux communs, les principales valeurs et contre-valeurs qui, dans les discours et la mémoire collective, se sont peu à peu imposés sur leur compte.
Wagner a fasciné pour sa théorie et sa pratique de la totalité : totalité des arts, totalité esthétique et politique, totalité métaphysique. " Fasciné " parce qu'il s'agit là d'une subjugation que l'on a considérée comme dangereuse sans pour autant parvenir à s'en soustraire. Ce que le désir de totalité peut receler de grandiose et de trouble à la fois, Wagner et le wagnérisme l'auraient en effet illustré de façon hyperbolique. Cette étude, complémentaire de l'ouvrage Wagner, une question européenne (également paru aux Presses Universitaires de Rennes), répond à une triple visée : tout d'abord traiter des problèmes théoriques et pratiques soulevés par la question de l'?uvre d'art mixte depuis la naissance de l'opéra jusqu'à la création contemporaine ; montrer ensuite comment ce fantasme de l'?uvre absolu, loin d'accomplir l'unité organique de l'art, s'est transformé au contraire en hantise européenne de la dégénérescence, enfin, elle tente plus largement d'appréhender l'image d'une Europe qui, dans ses ?uvres littéraires et artistiques, ne cesse de dénoncer et de désirer l'?uvre-somme. Dès lors, il s'agira de comprendre comment la littérature a dressé le procès de la totalité et comment, même sous sa forme ironique, celui-ci prend les accents d'un deuil douloureux.
Dans une formule provocante, Nietzsche déclare que " Wagner résume à lui seul la modernité ". Cet ouvrage, complémentaire de l'étude L'art total, grandeur et misère d'une utopie (également publié aux Presses Universitaires de Rennes), part de la formulation d'un double défi posé par Wagner à la littérature : un défi représenté par Stéphane Mallarmé tout d'abord, selon lequel la littérature devrait " reprendre à la musique un bien qui lui aurait été dérobé " ; un défi associé à Thomas Mann ensuite, d'ordre éthique, esthétique et politique, qui amène la littérature à s'interroger sur la substance de la musique et de l'art en général. Ce double défi rend compte de l'enchevêtrement de plus en plus problématique des modèles historiques et esthétiques propres à la modernité, dont les contradictions fécondes et tragiques éclatent à travers l'Europe de la première moitié du XXe siècle. Dès lors, pour la littérature comme pour l'histoire des idées, Wagner ne semble plus autre chose qu'une figure informatrice de débats ne l'engageant qu'indirectement, et qui ont pour théâtre une Europe culturelle et spirituelle qu'à travers lui on divise violemment ou tente au contraire de réconcilier.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.