LE DISCOURS EN SOI. LA REPRESENTATION DU DISCOURS INTERIEUR DANS LES ROMANS DE SARTRE.
PHILIPPE GILLES
CHAMPION
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EAN :9782852035942
La représentation du discours intérieur dans les romans de Jean-Paul Sartre est un des lieux où s'observe le plus aisément l'articulation d'une philosophie du sujet et de questionnements techniques sur l'écriture de la fiction. Dès La Nausée et les nouvelles du Mur, cette question du discours intérieur prend en effet dans l'oeuvre de Sartre une importance révélatrice. Mais ce sont Les Chemins de la liberté qui s'avèrent non seulement l'oeuvre où le système sartrien trouve enfin sa cohérence, mais aussi celle qui fait le bilan de deux décennies de recherches et de débats ouverts par la publication de l'Ulysse de Joyce. . Cet ouvrage propose une analyse de la représentation du discours intérieur dans Les Chemins de la liberté à la fois comme partie du corpus sartrien (et tout particulièrement comme pendant romanesque d'une théorie phénoménologique de la conscience et du langage) et en tant que laboratoire de techniques littéraires. A partir d'une lecture très précise du texte de Sartre, on essaie donc de dégager l'ensemble des problèmes inhérents à la représentation romanesque du discours intérieur en général et de mettre au point une grille valide pour l'analyse de ce type de discours dans tout texte de fiction.
Date de parution
03/05/2000
Poids
1 115g
Largeur
160mm
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EAN
9782852035942
Titre
LE DISCOURS EN SOI. LA REPRESENTATION DU DISCOURS INTERIEUR DANS LES ROMANS DE SARTRE.
ISBN
2852035944
Auteur
PHILIPPE GILLES
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
1115
Date de parution
20000503
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C'est en linguiste et en historien que Gilles Philippe fait apparaître dans cet ouvrage une dimension fondamentale, et pourtant largement inaperçue, de notre passé littéraire : le souci prioritairement accordé aux questions de grammaire de la fin du XIXe siècle au lendemain de la Grande Guerre, et même au-delà, jusqu'à Jean-Paul Sartre. De Maupassant au jeune Barthes, en passant par Proust et Claudel, on s'est inquiété de la place des adjectifs, disputé pour des problèmes de conjugaison, en une sorte de polémique sans cesse relancée et à laquelle tous ont voulu prendre part : historiens de la langue et de la littérature, comme Brunot et Lanson ; critiques et linguistes, tels Thibaudet et Bally ; pontifes de l'Académie française et de l'institution scolaire, grands prêtres de La Nouvelle Revue française. De cette querelle récurrente Flaubert émerge ici comme le héros paradoxal. Faire de la littérature, était-ce écrire " bien ", en respectant les préceptes farouchement défendus par les puristes, ou alors tordre la syntaxe jusqu'à la rendre expressive ? Prendre des libertés avec la norme vous excluait-il du panthéon des vrais écrivains ou vous y menait-il tout droit ... La question peut sembler futile, et d'un autre temps. Elle fonde pourtant notre rapport moderne aux textes et reste capitale pour un abord de la littérature qui, derrière la langue, sa correction et ses audaces, renvoie à un ordre rhétorique et social. Et cet ordre va très loin : au c'ur de l'identité même de la France, cette nation littéraire.
On a longtemps cru que l'histoire des discours sur le français se résumait à une longue suite d'éloges. Or, vers le milieu du XVIIIe siècle, alors que l'Europe semble adhérer à l'idée que les qualités propres de la langue française lui valent toute suprématie sur ses voisines, on commence à s'interroger sur d éventuelles faiblesses de notre idiome: Voltaire regrette la pauvreté de son vocabulaire, Rousseau le peu de musicalité de sa mélodie, La Harpe la rigidité de sa grammaire... D'autres voix tout aussi importantes, d'abord venues de France ou d'Italie, plus tard d'Allemagne ou de Suisse, ajouteront à ces regrets d'autres regrets en une déploration qui atténue l'enthousiasme général pour les vertus du français. Ce livre reconstitue, sur trois siècles, l'histoire de ces discours oubliés, en suivant plusieurs trames: chronologiques, géographiques, linguistiques et surtout littéraires.
Gilles Philippe est professeur à l'université de Lausanne. Il est notamment l'auteur de Le Français, dernière des langues. Histoire d'un procès littéraire, paru aux Presses universitaires de France en 2010. Il dirige par ailleurs l'édition des Oeuvres complètes de Marguerite Duras pour la « Bibliothèque de la Pléiade » (Gallimard).