Une enfance en enfer. Cambodge, 17 avril 1975 - 8 mars 1980
Phcar Malay
ROBERT LAFFONT
20,50 €
Epuisé
EAN :9782221103104
Le 17 avril 1975, les Khmers rouges prennent Phnom Penh et donnent l'ordre d'évacuer la ville. Malay, qui vivait jusque-là une enfance heureuse avec ses huit frères et sueurs, est déporté avec toute sa famille et des centaines de milliers de citadins. Sur la route jonchée de cadavres qui le mène en exil, il comprend mal ce qui est entrain de se passer : il n'a que neuf ans. Commence alors la longue descente aux enfers de la " rééducation rurale " : cinq années d'errance, de répression et de souffrances au cours desquelles Malay va perdre presque tous ses proches. De sa voix poignante d'enfant, il raconte la famine organisée, la maladie, le travail forcé, même pour les garçons de son âge, dans des chantiers dédiés à l'édification délirante d'un " Kampuchéa démocratique " - le prix en fût-il la destruction du peuple cambodgien. Il dit la désagrégation des liens sociaux devant la misère et les morts successives. Et sa solitude quand, après la mort de ses aînés, il devient, à douze ans, chef de famille. Brutalement arraché à l'enfance, pris dans la tourmente de la déshumanisation, Molay lutte jusqu'au bout pour rester vivant et humain. Cette force admirable irradie son témoignage, et rappelle de façon bouleversante que, trente ans après, les tortionnaires khmers rouges n'ont toujours pas été jugés pour leurs crimes, empêchant la réconciliation de tout un peuple.
Une histoire de France du XXe siècle à nos jours, originale et subjective, par le prisme de ses étrangers célèbres. " Je suis né le 4 avril 1945 à Montauban de parents allemands, lesquels ont attendu plus de six mois pour déclarer ma venue au monde - trop tard ! Cela a fait de moi un apatride, qui a grandi dans le 15e arrondissement de Paris avec les derniers hussards noirs de la République, a été un supporter inconditionnel de l'équipe de France de Raymond Kopa en 1958, avant d'arriver à Francfort et de prendre la nationalité allemande... pour éviter le service militaire. Revenu en France pour mes études, j'en suis expulsé en mai 1968 - une interdiction de séjour levée dix ans plus tard. Depuis, ma vie est une sorte de pont entre l'Allemagne et l'Hexagone, et, en 2015, j'ai obtenu le droit de devenir aussi français. Pouvoir désormais jouer avec les deux maillots correspond au fond assez bien à mon état d'esprit : la France doit beaucoup à ses étrangers, sans qui son histoire aurait été tout autre. Ainsi, c'est également la Grande Histoire qui se dessine à travers eux : car tous sont arrivés au gré des mouvements politiques, économiques, scientifiques, culturels... et même sportifs. " C'est ce cheminement que retrace ce livre à quatre mains, faisant halte ici auprès d'un Emile Zola s'éteignant à l'aube de la Belle Epoque, là au couronnement à Cannes des Indigènes de Rachid Bouchareb ; et, toujours, au côté de ces hommes et femmes qui, venus d'ailleurs, ont depuis cent cinquante ans mis la main à l'ouvrage, glorieux et laborieux, d'un pays qui s'écrit.
Dix ans après la parution d' Anticancer , le livre-référence de David Servan-Schreiber qui a changé notre rapport à la maladie, Vivre anticancer vient prolonger son enseignement. Une méthode simple, active et scientifiquement prouvée pour prévenir, retarder ou vaincre la maladie. ~~ " C'est un cancer ! " Pour qui a pu l'entendre prononcée de la bouche d'un médecin, cette phrase est toujours terrifiante ? pour le patient comme pour son entourage. Qui plus est, c'est la douloureuse expérience que vient de faire Lorenzo Cohen, auteur de ce livre, et qui donne à son propos une nouvelle portée, un sens du combat. Mais si le cancer n'avait aujourd'hui plus rien d'irrémédiable ? Fort des nombreuses études qu'il a consacrées à la médecine intégrative dans les soins de la maladie, le docteur Lorenzo Cohen, avec sa femme Alison Jefferies, ont voulu avant tout écrire un livre utile. Au centre de leurs préoccupations, des conseils vitaux pour mieux s'entourer, mieux réduire notre stress, mieux s'alimenter, mieux se dépenser, mieux se reposer, mieux interagir avec les autres ... autant de solides piliers pour affronter les épreuves du temps. Le guide indispensable pour devenir acteur de sa santé.
Prisonnier depuis huit ans dans un camp de travaux forcés en Asie centrale sous le régime stalinien, Ivan Denissovitch Choukhov, petit homme bon et débrouillard, est un zek, un détenu dans le langage administratif soviétique. Harcelé par ses bourreaux, le froid et la faim, il s'efforce de survivre avec dignité. Alexandre Soljenitsyne nous plonge dans le quotidien d'une victime des camps de travail, et c'est toute l'horreur de cet univers " hors la vie " qui nous saute au visage.En 1962, avec ce texte inoubliable écrit en deux mois dans une langue vive, truculente et lyrique, Soljenitsyne et le monde du goulag entraient en littérature." L'ouvrage fit l'effet d'une bombe car il révélait au grand jour l'existence des camps staliniens. " Le Monde
Boulgakov Mikhaïl ; Ermolinski Sergueï ; Gourg Mar
Monument de la littérature russe, "Le maître et Marguerite" est assurément un de mes romans préférés. Difficile à décrire en quelques mots, il est drôle et sombre à la fois, entrelaçant le fil tendu entre le Maître et Marguerite, avec les allégories chrétiennes et le prosaïsme soviétique.
En moins de quatre ans, entre le 17 avril 1975 et le 7 janvier 1979, les Khmers rouges ont instauré au Cambodge l'un des régimes politiques les plus criminels de l'histoire. La démence de Pol Pot et de ses hommes aura causé la mort de 2 millions de Cambodgiens, près d'un tiers de la population. À l'occasion du procès pour crimes contre l'humanité intenté par la justice internationale à cinq hauts responsables khmers rouges encore en vie, Francis Deron donne ici les fruits de l'enquête qu'il mène depuis trois décennies sur ce génocide aux contours encore mystérieux, enquête inlassablement nourrie de reportages, d'interviews, d'articles, de rencontres et d'histoire. Ce livre est aussi le procès d'un communisme, le premier de la machine à broyer les hommes qu'institua cette idéologie parvenue au pouvoir. Enfants du Parti communiste français, de Staline et de Mao, Pol Pot et ses lieutenants sont en outre des avatars des idéaux humanistes dont la France coloniale les avait bercés dans leur jeunesse, dévoyés dans un paroxysme de perversité. L'un des plus grands drames humains du XXe siècle, le génocide du Cambodge hante encore une nation entière, mais aussi le monde du XXIe siècle. Biographie de l'auteur Francis Deron a été correspondant de l'AFP puis du Monde à Pékin et à Bangkok de 1977 à 1997. Rédacteur en chef adjoint du service international du Monde de 1997 à 2005, il assure aujourd'hui à nouveau depuis Bangkok la correspondance de l'ensemble de l'Asie Sud-Est.
Phnom Penh, mars 2009. Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de Douch, responsable de la torture et de la mort de plus de 12 000 victimes à la prison de Tuol Sleng (S-21), est seul derrière une vitre insonorisée: seul face à la justice internationale, seul face aux familles de ses victimes, seul peut-être plus que tout face à lui-même, à l'étendue d'un crime impossible à sonder, impossible à pardonner. Le maître des aveux est une saisissante évocation de son destin, mais aussi de l'étonnante « comédie humaine », tour à tour bouleversante et déroutante, qui s'est déroulée autour de son procès. Thierry Cruvellier est le seul journaliste français qui a assisté à la totalité de ce procès, du premier au dernier jour, qui a vu un événement remarquable et peu noté: pour la première fois devant un de ces tribunaux, un accusé qui reconnaissait sa responsabilité personnelle dans des crimes innommables, plaidait coupable et demandait pardon aux victimes, était à la barre pendant six mois à essayer d'expliquer et de s'expliquer. Ce procès allait-il se dérouler à contre-courant des attentes et apporter enfin, pour la première fois, apaisement aux victimes? Allait-il dessiner la figure d'un bourreau « différent »? Allait-il jouer ce rôle toujours attendu et jamais réalisé de « procès pour l'histoire »? C'est la tragédie particulière, jusqu'à son coup de théâtre final, du procès du génocide khmer rouge qu'il n'en ait, en fait, rien été, et que le bouleversement des rituels attendus ait provoqué des moments d'une intensité exceptionnelle, des scènes d'une émotion considérable, des joutes médiocres et magnifiques ? et au final une amertume profonde chez tous les acteurs de cette pièce. Il fallait pour écrire ce livre un ensemble de qualités presque impossible: une connaissance, une expérience, une discrétion, mais surtout, tout simplement un talent doublé d'une humanité profonde.
Longtemps ignoré par le reste du monde, le Bhoutan, caché dans les replis de l'Himalaya, était un mystère. Le "Pays du Dragon" faisait fantasmer les explorateurs, mais très rares sont ceux qui le visitèrent avant le milieu du XXe siècle. Véritable miracle de la géopolitique, il parvint toujours à garder son indépendance grâce, entre autres, à une position géographique remarquable et à des dirigeants avisés. Petit Poucet à peine grand comme la Suisse, il vit aujourd'hui entre deux géants planétaires, l'Inde et la Chine. Depuis quelques années, ce royaume, bastion du bouddhisme, s'est investi dans une politique de développement originale fondée sur l'équilibre entre valeurs spirituelles et prospérité matérielle. À la lumière de documents historiques et contemporains inédits, Françoise Pommaret nous invite à comprendre l'évolution surprenante d'un peuple fier, passé de la théocratie à la monarchie et dont l'un des défis, aujourd'hui, est d'atteindre le "bonheur national brut".
1971. Emprisonné par les Khmers rouges, l'ethnologue François Bizot doit sa libération à son geôlier, un jeune révolutionnaire idéaliste du nom de Douch. 1988. En visitant l'ancien centre de torture de S21, Bizot découvre que Douch est responsable de la mort de milliers de personnes. 2003. Bizot revoit Douch pour la première fois. Un étrange dialogue se poursuit au-delà de leur rencontre. 2009. Au procès des Khmers rouges, François Bizot est le seul témoin convoqué par la Chambre. Dans une déposition bouleversante, il expose l'interrogation au centre de sa vie - comment reconnaître les crimes des bourreaux sans mettre en cause l'homme lui-même ? Comment faire face à Douch sans nous regarder dans le miroir ? Dix ans après Le portail, François Bizot continue d'instruire dans Le silence du bourreau cet éternel dossier que Romain Gary appelait «l'Affaire Homme».