Le colloque " Le barbare, l'étranger : images de l'autre " a été organisé par le Centre de Recherche en Histoire (CERHI) de l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne en mai 2004. Dans une logique de dialogue et de confrontation, il a réuni des historiens de toutes les périodes et des chercheurs en droit, géographie et sociologie. Les Actes donnent à lire les vingt-cinq contributions qui ont été présentées. Celles-ci analysent à travers des exemples précis quelles images de " l'autre " se sont forgées les sociétés européennes et méditerranéennes de la cité antique à la mondialisation contemporaine, quelles relations les représentations entretiennent avec les réalités, quel est leur rôle historique dans la définition des identités collectives. Ce volume ne prétend pas traiter exhaustivement de domaines aussi complexes. Il veut contribuer à une approche scientifique de questions souvent passionnelles et chargées de réductions ethnocentriques qui prêtent à l'instrumentalisation des valeurs. En les formulant dans une perspective historique, il situe la réflexion sur l'étranger dans ses dimensions civiques.
Objet incontournable de nos sociétés modernes, sujet de jouissance pour les uns, d'inquiétude pour les autres, la cigarette a aujourd'hui mauvaise presse et tombe sous le coup d'un interdit social. Mais si elle a largement disparu de l'espace public, elle imprègne toujours les consciences. L'historien des représentations ne pouvait manquer de s'interroger sur les allures de cette "allumeuse". D'abord fumée par les Indiens du Nouveau Monde, vite adoptée par les conquistadors, mise en bouche sur tout le continent européen, à l'exception notable de la France, qui lui préfère longtemps la prise nasale, la cigarette se répand comme une traînée de poudre de Napoléon Ier à Napoléon III. D'abord petit cigare, elle se féminise, passe entre les doigts des dandys, de l'empereur, des prolétaires et des prostituées. Elle se roule à la main, puis se manufacture et s'industrialise, disparaissant sous un voile de papier et de fumée, rangée dans des étuis cylindriques au ruban de couleur qui prennent bientôt la forme de paquets plats que les G.I.'s de la Libération distribuent généreusement à la France occupée. Cette première anthropologie historique de la cigarette emprunte, sans se confondre avec elle, à l'histoire des débitants, des entreprises commerciales, des drogues et des consommateurs. Sans ignorer l'impact de l'invasion des blondes américaines sur le marché, son espace privilégié reste la France: premier pays, avant l'Angleterre et les États-Unis, à inventer la cigarette industrielle mais aussi à promouvoir la lutte contre le tabagisme, il est aussi celui où la fabrication, la vente et l'importation de tabac ont été dès le début monopole d'État, un monopole qui, tout au long du xxe siècle, a fait les beaux jours de la publicité. Feu la cigarette? L'histoire continue...
Lefebvre Thierry ; Nourisson Didier ; Tsikounas My
Aujourd'hui les "psychotropes" - alcools, tabacs, antidépresseurs, somnifères, anxiolytiques, stimulants divers, etc. - font peur. Leur usage est soigneusement réglementé, parfois même ils sont prohibés. Or, leur force d'attraction demeure, puisque les Français continuent de figurer parmi les plus gros consommateurs mondiaux d'alcools et de médicaments. Trois historiens, spécialistes des représentations sociales, ont fouillé attentivement la presse écrite de grande diffusion et la presse médicale pour analyser, sur les deux derniers siècles, les modalités et les formes d'apparition des produits modificateurs de conscience dans le secteur majeur de médiatisation commerciale qu'est la "réclame". Ils expliquent les raisons de cette fascination toujours aussi forte, plus grande encore peut-être du fait qu'elle est transformée en mythe. La confrontation par l'image et le texte, pour la première fois, des publicités en faveur de produits psychotropes donne une vision éclairante de notre société.
Résumé : En triant les affaires de sa défunte mère, Julien trouve une carte postale que lui avait adressée, dans sa jeunesse, une ancienne compagne, son premier amour. Dans celle-ci, elle lui annonce sa grossesse. Surpris, il se met alors à la recherche de cet énigmatique enfant.
L a Société d'Etudes Anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles a été créée en 1975 par les professeurs J. Béranger, J. Dulck et R. Ellrodt. Son champ de recherche s'étend de la naissance de Shakespeare aux Lyrical Ballads de Wordsworth et Coleridge ou, si l'on veut, de la fin de la Renaissance au début du Romantisme. Cette tranche d'histoire, qui va jusqu'aux années 1830 en ce qui concerne les études américaines, forme un tout cohérent particulièrement riche dans les domaines de la littérature (roman, théâtre, etc.), de l'histoire des idées politiques, économiques, scientifiques, esthétiques, et tout ce qui concerne les grands enjeux sociaux de la civilisation occidentale moderne et contemporaine. La Société publie deux fois par an sa Revue (RSEAA XVII-XVIII) centrée sur des thèmes de recherche explorés lors de colloques annuels ou à l'occasion d'une réflexion collective dans le cadre de la préparation aux concours de recrutement de l'enseignement français (Agrégation. Capes). Ce volume porte sur Tristram Shandy de Laurence Sterne, Pride and Prejudice de Jane Austen, Some Thoughts Concerning Education de Locke, la philosophie politique de Thomas Jefferson et la Royal Academy of Arts. sous les signatures de Peter de Voogd, Jens Gurr. Anne Bandry-Scubbi, Brigitte Friant-Kessler, Pierre Goubert, Marie-Laure Massei-Chamayou, Pierre Lurbe, Jean-François Baillon, Elise Marienstras et Thierry Labica.