Bien qu'il se déploie massivement avec le XIXe siècle, le récit économique puise ses racines, philosophiques et sémiologiques, dans ce terreau quasi anthropologique où se mêlent signes monétaires et linguistiques, discours économiques et littéraires. Cette gémellité explique sans doute qu'il ait aussi bien réussi à intégrer les motifs économiques au coeur des structures narratives traditionnelles au point, qu'avec la modernité, le roman ait pu se renouveler grâce à l'économie tandis que celle-ci trouvait une forme de légitimité dans sa promotion romanesque. Cette rencontre et cette promotion réciproques s'épanouissent dans un roman réaliste qui, tout en décrivant le monde de l'argent, tout en jouant des ressorts romanesques de l'économie, en exploite avec maestria la charge « magique » originelle. Mêlant l'épique ou le fantastique, le tragique ou le mélodramatique, au réalisme, le roman à sujet économique se construit en développant, à partir du modèle balzacien, des structures-types qu'on retrouve tout au long des XIXe et XXe siècles. Celles-ci rendent non seulement compte des réalités économiques et financières, mais élaborent une poétique qui autorise le lecteur à faire l'expérience subjective de l'argent. Là réside le pouvoir heuristique d'un récit qui, dans sa résurgence contemporaine, subvertit les structures romanesques classiques pour interroger la dérégulation de la valeur, la virtualité du signe monétaire et la distorsion des temporalités du sujet économique. Si les plus récents récits économiques témoignent de la même fascination à l'égard de l'argent et de la finance que leurs aînés du XIXe siècle et s'ils en reprennent l'hétérogénéité des registres et tonalités, ils questionnent plus radicalement encore une logique (néo-)libérale dont ils dénoncent la fiction.
Nombre de pages
356
Date de parution
06/03/2026
Poids
570g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782385192259
Auteur
Péraud Alexandre
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Date de parution
20260306
Nombre de pages
356,00 €
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La crise financière qui sévit depuis 2008 a suscité bien des tentations visant à convoquer la littérature pour illustrer les dégâts de l'argent et instruire le procès moral de " règles " capitalistes qui engendrent le chaos. Balzac, le " romancier de l'argent " ne fut pas oublié, mais il y a toujours quelque chose d'anecdotique et d'instrumental dans ces engouements médiatiques. Instrumental, parce qu'on ne considère la littérature que comme un témoignage, guère plus efficient qu'un article de journal. Anecdotique, car ces évocations s'en tiennent à la surface des choses, au portrait de l'usurier, au méchant banquier, à l'argent corrupteur, c'est-à-dire à des d'images d'Epinal inégalement opératoires aujourd'hui car tributaires d'une machine économique en partie obsolète. Le fond en revanche - la souffrance du sujet aux prises avec l'argent, la soumission de la temporalité de l'individu aux mécanismes de la dette et de remboursement, l'empire idéologique de normes capitalistes qui régissent jusqu'au plus intime de la vie subjective - est éludé. Ce sont pourtant bien ces réalités-là qu'il convient de demander à une littérature réaliste qui, par le jeu de la fiction, met à l'épreuve les transformations qu'opère l'économie moderne sur le sujet. Le roman met au jour une anthropologie de l'argent conçu comme " l'expression subjective, sous l'espèce du désir, du rapport social monétaire " (F. Lordon). C'est ce savoir que le roman balzacien - né avec l'explosion capitaliste - nous enseigne, offrant par la même au lecteur contemporain de nouvelles clefs de lecture du la situation actuelle. En réunissant des spécialistes reconnus dans différents champs des sciences humaines, ce volume se propose de saisir quelques - uns des ressorts implicites du capitalisme mis en scène et mis évidence par le roman balzacien. Mais la critique balzacienne ne réside pas seulement dans ce travail de dévoilement : au-delà de sa faculté critique, La Comédie humaine, est une fable sur la fable économique : on y voit, mises à nu dès les années 1830 - 40, les fictions (idéologiques) que l'économie libérale a forgée au cours des XIXe et XXe siècles.
Balzac a inventé l'argent moderne. Pas celui qu'on convoite ou qu'on amasse, mais cet organisme vivant qui circule et occupe la vie quotidienne, qui détermine les relations personnelles et donne à la société sa dynamique. Dans ces cinq récits, hommes et femmes, riches ou pauvres, tour à tour créanciers et débiteurs, s'égarent dans les miroitements de l'argent, entre passion et déraison financières. Objet d'une quête épique, l'argent bâtit les fortunes et fait tourner le monde. Mais il détruit aussi toute humanité. Entre dénonciation et fascination, Balzac raconte ici la naissance de la société capitaliste qui est la nôtre.
Ouvrage de révision clés en main, Prêt-à-réviser ? Grammaire synthétique de l'espagnol traite, en 60 fiches, les points de la grammaire espagnole sources d'erreurs les plus courantes aux examens et aux concours, à l'écrit comme à l'oral. S'adressant en priorité aux étudiants des classes préparatoires littéraires, scientifiques, commerciales et aux étudiants du premier cycle universitaire, Prêt-à-réviser pourra également être utile aux lycéens du cycle terminal et à tous ceux qui désirent se perfectionner en espagnol. ? 60 fiches d'explications pour réviser et approfondir ses connaissances ? Nombreux exemples au vocabulaire varié ? 60 séquences d'exercices pour s'entraîner ? 1 200 phrases de thème grammatical ? 10 bilans pour faire le point ? corrigés
Tributaire d'une époque soumise à toutes les formes de dette, La Comédie humaine peut être lue comme une socio-poétique du crédit qui démonte les mécanismes économiques, mais aussi psychiques, au terme desquels les individus intériorisent la nouvelle norme capitaliste. Partant, elle ne témoigne pas seulement d'une réalité, elle offre la possibilité d'expérimenter les virtualités de la monnaie et les mirages de la confiance inhérents à notre modernité économique.
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