Respirer l'ombre est la part dévolue au langage du surprenant dialogue, pour le reste prioritairement fait de gestes, avec ce que nous appelons la nature, entamé par l'artiste voici plus de trente-cinq ans. Un dialogue dont on remarquera qu'il est toujours mezzo voce: la conscience qu'à Penone d'une fraternité avec les pierres ou les plantes (il sait, comme Klee, que l'homme" est nature, morceau de nature dans l'aire de la nature "), sa familiarité décontractée avec l'Antiquité (l'Italie n'est-elle pas ce pays où l'histoire de l'art tient lieu d'histoire tout court?) le fait converser d'égal à égal avec l'arbre et le ruisseau, tutoyer leurs divinités tutélaires (empruntées surtout au panthéon gréco-romain, mais s'y invite ici ou là un dieu exotique). Respirer l'ombre petit se lire comme un recueil de récits mythiques, de paraboles fondatrices, sans qu'on puisse y déceler la moindre trace de pathos ou de grandiloquence; le mythe prend des allures du haïku cher à Roland Barthes, et les textes de Renoue parlent des choses cachées et des commencements du monde avec la précision économe et discrète d'un journal de bord."
Nombre de pages
300
Date de parution
03/02/2009
Poids
405g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782840562894
Titre
Respirer l'ombre
Auteur
Penone Giuseppe ; Semin Didier ; Coste Mireille ;
Editeur
ENSBA
Largeur
140
Poids
405
Date de parution
20090203
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Considéré depuis 1968 comme l'un des chefs de file de l'Arte Povera, Giuseppe Penone poursuit depuis une pratique artistique où l'artifice et la nature se mêlent étroitement. Il s'est fait connaître non seulement par des bronzes aux formes anthropomorphiques, mais aussi par des pièces où il intervient directement sur des végétaux. C'est notamment le cas avec la série des "Arbres" où, en creusant le bois d'une poutre, il retrouve le souvenir de la plante originale avec ses branches et ses noeuds. Ces dernières années, la présence humaine s'est faite plus présente dans ses sculptures, notamment par le biais de moulages de fragments de visage tels que la bouche, le nez ou les oreilles.
Respirer l'ombre est la part dévolue au langage du surprenant dialogue, pour le reste prioritairement fait de gestes, avec ce que nous appelons la nature, entamé par l'artiste voici plus de trente-cinq ans. Un dialogue dont on remarquera qu'il est toujours mezzo voce: la conscience qu'a Penone d'une fraternité avec les pierres ou les plantes (il sait, comme Klee, que l'homme" est nature, morceau de nature dans l'aire de la nature "), sa familiarité décontractée avec l'Antiquité (l'Italie n'est-elle pas ce pays où l'histoire de l'art tient lieu d'histoire tout court?) le fait converser d'égal à égal avec l'arbre et le ruisseau, tutoyer leurs divinités tutélaires (empruntées surtout au panthéon gréco-romain, mais s'y invite ici ou là un dieu exotique). Respirer l'ombre peut se lire comme un recueil de récits mythiques, de paraboles fondatrices, sans qu'on puisse y déceler la moindre trace de pathos ou de grandiloquence; le mythe prend des allures du haïku cher à Roland Barthes, et les textes de Penone parlent des choses cachées et des commencements du monde avec la précision économe et discrète d'un journal de bord."
« Je crois que je n'ai jamais voulu faire à tout prix quelque chose qui soit de la sculpture ; j'ai toujours travaillé à partir de l'objet, de la logique de la matière. [?] Quand j'ai utilisé l'arbre, [?] je me suis servi du bois et de la végétation comme matière capable de se transformer, de se modeler. Je reconnais par ailleurs la richesse symbolique de l'arbre, mais le principe fondamental de mon travail est une adhésion à la réalité. » Giuseppe Penone