Retour en Arcadie. Le voyage des artistes français en Grèce au XIXe siècle
Peltre Christine
KLINCKSIECK
37,00 €
Epuisé
EAN :9782252031186
Jusqu'alors patrie mythique des peintres, la Grèce s'offre au XIXe siècle, avec la libération progressive de son territoire, à l'exploration in situ. Des premières images, inspirées par le néoclassicisme, à l'inventaire officiel de l'Expédition de Morée (1829), une prolifération de témoignages traduit la fébrilité des retrouvailles. Celles-ci, pourtant, ne sont pas simples : le philhellénisme parisien est sur place perturbé par la multiplicité des héritages ? francs, byzantins ou ottomans ? qui brouillent une image qu'on croyait éternelle. Le voyage dans un pays ruiné et fort peu poussinesque est une rude odyssée qui entretient le désenchantement « mishellène » du milieu du siècle ? bientôt tempéré par les révélations de l'archéologie, activement diffusées par les « Athéniens », ou l'évolution européenne de la « Jeune Grèce ». Souvent inspiré par des documents inédits ? lettres et carnets de croquis ?, ce livre veut être la chronique d'un siècle de voyages qui tentent d'apprivoiser la moderne Arcadie et préparent, dans une transition inédite et passionnante, l'autre « retour à l'antique », celui de la modernité.
Nombre de pages
374
Date de parution
01/03/1997
Poids
578g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782252031186
Titre
Retour en Arcadie. Le voyage des artistes français en Grèce au XIXe siècle
Auteur
Peltre Christine
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
150
Poids
578
Date de parution
19970301
Nombre de pages
374,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En 1997, dans une synthèse qui fit date, Christine Peltre retraçait les grandes étapes d'un mouvement pictural inspiré par la passion de l'Orient, rêvé ou approché. La production artistique fait écho à la "question d'Orient" qui agite l'Europe du XIXe siècle. Né avec la campagne d'Egypte de 1798, l'intérêt des artistes pour le sujet est attisé entre autres par l'insurrection grecque en 1821 ou par la prise d'Alger en 1830. Aux inspirations romantiques où rayonne l'oeuvre marocaine de Delacroix succèdent les approches "ethnographiques" de voyageurs en quête d'altérité, avant les bouleversements esthétiques formulés par Matisse ou Kandinsky autour de l'exposition d'art musulman de Munich en 1910. Depuis 1997, monographies, expositions et actualités sont venues étoffer les connaissances sur le mouvement orientaliste et développer notre intérêt pour le sujet. Vingt ans après la première édition et après plusieurs réimpressions, ces nouveaux Orientalistes déploient une vision augmentée d'une question qui interroge le regard porté sur l'autre. On peut en effet parler "d'orientalisme des Orientaux" en étudiant les sujets traités à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe par des peintres de Turquie ou d'Afrique du Nord, souvent formés par des ateliers européens. Dans le même temps, le regard des artistes occidentaux est fécondé par une connaissance approfondie des arts de l'Islam, souvent présents dans leurs propres collections. Il faut "voir avec d'autres yeux", remettre en cause les clichés et les "mélopeintres", voire chercher un autre langage plastique qui s'inspirerait d'une tradition proprement orientale. Le regard justement, qui fait de l'autre un oriental ou qui questionne le rôle de la femme, s'affirme aujourd'hui dans les oeuvres d'artistes issues de ces cultures, les "Nouvelles Shéhérazades". Une autre géographie de l'Orient occidental est-elle en train de se dessiner ? Christine Peltre tente d'apporter une réponse à ces histoires croisées, entre plusieurs cultures, entre art et histoire, entre politique et société, dans un livre abondamment illustré. Filtres de leur temps, chaque oeuvre, chaque artiste, retiennent l'éclat d'un Orient qu'il est urgent de redéfinir.
Longtemps Théodore Chassériau (1819-1856) fut l'un des grands oubliés de l'histoire de la peinture. Célébré de son vivant pour son audace picturale, pour la vivacité de son trait et sa capacité à renouveler les thèmes iconographiques, Chassériau, dès la fin du XIXe siècle, fut pourtant relégué, à tort, dans la catégorie infamante des peintres pompiers.L'auteur de cette monographie, Christine Peltre, est ainsi confronté à une rude tâche : restituer l'importance de l'?uvre d'un artiste que ces contemporains comparaient à Delacroix. Le texte cohérent et précis retrace donc avec justesse la vie de Chassériau. Mais c'est surtout l'iconographie qui rend cet ouvrage intéressant. Riche de dessins, d'esquisses et même de vues des grandes fresques qu'il réalise pour les institutions, cet album montre la spécificité de ce peintre dans le milieu français de l'époque. Dès lors, on saisit mieux sa fascination pour les motifs exotiques ou même historiques. Ce Théodore Chassériau doit donc être considéré comme une bonne monographie sur ce peintre à découvrir. --Damien Sausset
Cet ouvrage (étayé par une iconographie richissime) suit l'évolution du regard occidental - et particulièrement français - sur les arts de l'Islam, regard qui passe de la curiosité et de la fascination de certains artistes et collectionneurs à la reconnaissance des chefs-d'oeuvre dans tous les domaines : architecture, décor, objets d'art, faïences, tapis, orfèvrerie, etc. Ce n'est que depuis l'aménagement du Grand Louvre qu'une section spéciale d'Art islamique est créée. Elle va se transformer, dans les prochaines années, en un département autonome, le huitième du Louvre.
De nombreux artistes au siècle dernier ont cédé à la tentation de l'exode oriental : c'est la "maladie du bleu", "nostalgie de l'azur", diagnostiquée vers 1845 par Théophile Gautier. Passés les premiers engouements, cette affection poétique est pour beaucoup devenue fléau. Autrefois comme aujourd'hui, devant les mêmes tableautins colorés censés en résumer l'esprit, on a souvent retenu de l'orientalisme les facilités de palette, l'approche superficielle d'une autre civilisation, l'exploitation de poncifs : almées alanguies sur fond de moucharabiehs ou palmiers de toutes les familles découpés sur un ciel indigo. Cette vision de l'exotisme, autorisée par quelques oeuvres, reflète médiocrement la richesse de l'atelier qui l'a vu naître : celui du voyage, où surgit un autre Orient. L'étude de cette expérience authentique révèle l'observation aiguë de chaque découverte, l'émotion devant les paysages étranges, comme les waddis du Sinaï, l'intérêt précoce et admiratif de tous les artistes pour l'art islamique. C'est ce voyage que Christine Peltre entreprend ici aux côtés des artistes, du départ de Paris aux cimaises du retour, exhumant avec leurs récits, leurs albums de croquis, préludes aux oeuvres abouties, le quotidien d'une confrontation. À l'heure où le voyage est devenu déplacement, on y apprend l'aventure.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.