Il y a à la National Gallery de Londres deux portraits placés presque côte à côte, simplement séparés par une porte. D'une part le portrait d'une jeune femme, la Schiavona, réalisée vers 1508 et d'autre part celui d'une Vierge à l'enfant, daté de 1570. Le premier est âpre, brossé avec quelques défauts et facilités, dégageant néanmoins une impression d'énergie physique, loin de toute idéalisation. Le deuxième est tout en délicatesse et légèreté, avec un pinceau courant librement sur une robe couleur lilas et rouge vif pour se confondre avec la chair du modèle. Entre ces années, soixante années d'exercice, soixante années de peinture dans l'existence du Titien (1473/1480 ?-1576), l'un des plus grands maîtres de la peinture vénitienne à la Renaissance. Un maître qui a laissé une oeuvre prodigieuse et dense, partagée entre les scènes bibliques, mythologiques, les portraits des grands de son monde (de Charles Quint à l'Arétin) et de quelques anonymes, comme en témoigne cette imposante monographie, préfacée par un texte inédit d'André Chastel. Si chaque oeuvre est commentée (par Filippo Pedrocco, conservateur à la Ca"Rezzonico à Venise), elles sont surtout exceptionnellement bien reproduites. Ce n'est pas le moindre intérêt, au regard des oeuvres du Titien, marquées par la poésie, la grâce, le triomphe chromatique, une irrationalité de la couleur. --Céline Darner"
Comme chaque année, un art vivant est invité à dialoguer avec les oeuvres exposées au sein de la Petite Galerie du musée du Louvre. Cet espace dédié à l'éducation artistique et culturelle est une véritable introduction aux collections du musée. Pour sa quatrième saison, le Louvre convie le neuvième art - la bande dessinée -, avec lequel il dispose déjà d'un riche passé à travers ses publications, ses expositions et ses rencontres d'artistes. "Archéologie et bande dessinée" : le sujet a donné lieu à de nombreuses manifestations en France et à l'étranger tant les univers de ces deux disciplines paraissent proches dans l'imaginaire populaire. Préparatifs et départs d'expéditions, émotion de la découverte et fascination pour les trésors émaillent les récits des artistes, des consuls et des savants à la recherche d'antiques civilisations, et forment la trame de bien des scénarios de bandes dessinées. "L'Archéologie en bulles" explore la thématique sous un angle inédit, puisqu'il s'agit de mettre en lumière ces deux disciplines au travers de leurs procédés communs, le travail du bédéiste faisant écho à celui de l'archéologue. Découvrir, classer, interpréter : ces trois moments de la recherche archéologique peuvent ainsi servir de fil conducteur à ce parcours original. Une large variété de planches, d'originaux de bandes dessinées d'auteurs de renom - Jul, Winsor McCay, Nicolas de Crécy, Enki Bilal, Harold R. Foster, Milo Manara, Emmanuel Guibert, Andreas, Lorenzo Mattotti, François Schuiten, John Buscema, Frank Miller, pour n'en citer que quelques-uns - dialoguent avec les oeuvres du Louvre et celles d'autres grands musées : dessins choisis dans des carnets, cahiers de fouilles, livres, gravures, peintures illustrant le goût des ruines en vogue au 18 e siècle chez les artistes et au 19 e siècle chez les amateurs qui constituent des collections, comme celle du marquis Campana, sans oublier la figure emblématique de Champollion, le fabuleux trésor de Boscoreale ou encore le site mythique de Suse. A l'origine de nombreuses vocations d'archéologues et source d'inspiration pour bien des créateurs, le Louvre tisse un lien entre inventeurs de trésors et inventeurs d'histoires, prouvant une fois encore qu'il est un acteur de son temps.
Résumé : L'art égyptien est avant tout religieux et funéraire. Sa finalité est d'assurer la vie du défunt dans l'au-delà et le beau n'y est qu'un moyen d'atteindre l'éternité. Médiateur de l'immortalité, l'art égyptien se caractérise par une certaine permanence des formes. A travers 100 chefs-d'oeuvre (tombes décorées, pyramides, statues, reliefs, textes des sarcophages, livres des morts, trésors, etc.) des origines à l'époque ptolémaïque, Christiane Ziegler et Jean-Luc Bovot montrent cette tension entre tradition et innovation. Ils abordent les différentes disciplines artistiques, en suivant les grandes étapes de l'histoire égyptienne : de la période de Nagada au temps des pyramides, le Moyen Empire ou l'âge du classicisme, le Nouvel Empire ou le temps des conquêtes, la Basse Epoque ou les derniers feux de l'art égyptien. Des annexes fournies (chronologie des dynasties, carte, glossaire, bibliographie) font de ce livre un outil précieux pour tous ceux qui souhaitent s'initier à l'art égyptien ou approfondir leur connaissance d'une civilisation longue de plus de 4 000 ans.
L'Univers des Formes , collection voulue par André Malraux, est la plus prestigieuse Histoire universelle de l'art. En vingt volumes, cette nouvelle édition présente les grandes civilisations et l'histoire de leurs chefs-d'oeuvre, de la Préhistoire au déclin de la Rome antique. Naissance de l'Art grec inaugure la série des quatre volumes de la collection L'Univers des Formes portant sur la Grèce antique. Il constitue la première synthèse sur les débuts de l'art hellénique, s'inscrivant dans une double perspective, celle d'une histoire de l'art, qui voit dans la Grèce des origines l'annonce de la modernité, et celle, plus actuelle, d'une archéologie qui révèle aux regards contemporains des formes inattendues et simples d'un art oublié. Cnossos, le sanctuaire d'Archanès, la Dame de Mélos, les ateliers de Malia, les fresques de Théra, les trésors du palais de Zakro, les maisons et sanctuaires de Mycènes, les tombes royales de Salamine de Chypre, et les pithos à relief des îles, mais aussi le Kouros de Palaikastro, la nécropole d'Éleutherne, les arsenaux de Kommos, la ville de Zagora et la nécropole d'Armeni : découverte après découverte, l'art grec offre ainsi dès sa naissance des oeuvres et des monuments aussi riches qu'à l'âge classique, mais plus inattendus. Le texte d'origine de Pierre Demargne, illustré par une documentation photographique largement en couleur, est introduit par une nouvelle présentation et augmenté d'une bibliographie mise à jour dues à Alexandre Farnoux, professeur d'archéologie et d'histoire de l'art grec à l'Université Paris IV-Sorbonne.