Chaque journée de ma vie a été vouée en partie au dessin. Je n'ai jamais cessé de dessiner et de peindre cherchant, où je pouvais les trouver, les secrets de la forme ". En regard de son activité d'architecte, de celles de théoricien, d'homme de lettres et de peintre, la production graphique de le Corbusier est demeurée plutôt secrète. Or, la valeur esthétique, historique et scientifique de ce corpus, la variété des thèmes, des techniques et des langages stylistiques explorés en font un ensemble d'une richesse exceptionnelle dans l'histoire de l'art du XXème siècle. La particularité de ce corpus tient en ce qu'il dévoile la démarche conceptuelle de l'artiste, donnant à suivre les méandres du processus de création et à comprendre la genèse de l'?uvre. C'est un cheminement dans ce processus créatif que l'exposition donne à voir, en dévoilant, au fil des périodes de l'?uvre - qui s'étend sur six décennies - une production particulièrement foisonnante et diversifiée. La section d'introduction ? qui fait référence aux voyages initiatiques de l'architecte et à la vocation du dessin comme ?mémoire' - présente une restitution de la première exposition, en 1912 à Neuchâtel (?Le Langage des pierres'), où le jeune C.E. Jeanneret, futur Le Corbusier, présente une série d'aquarelles faites au fil de chacune des étapes déterminantes de ses périples. La seconde section évoque le dessin comme outil d'élaboration d'un langage esthétique ? en l'occurrence le Purisme - avec la mise au point d'une méthode sérielle et l'exploitation quasi exclusive du crayon graphite, au trait rigoureux et incisif (études préparatoires aux peintures puristes, où les combinaisons d'objets usuels mènent à la ?recréation' de formes nouvelles). La troisième section illustre le renouvellement radical d'une esthétique, dans des compositions où les formes organiques (coquillages, os, bois?) font intrusion dans des natures mortes aux objets distordus et où l'artiste exploite le rapport dialectique du dessin et de la couleur. Une quatrième section est consacrée à l'exploration du thème féminin (thème majeur dans l'esthétique corbuséenne) décliné en de multiples études où l'artiste explore nombre techniques (pointe d'argent, crayon de couleur, pastel, craie grasse, gouache, encre de couleur?) pour traduire les formes généreuses de nus sculpturaux. La cinquième section évoque la thématique corbuséenne de la ?synthèse des arts', exploitant reprises et réinterprétations de thèmes antérieurs, variations multiples qui aboutissent aux diverses formes d'expression explorées par l'artiste (peinture, sculpture, collage, tapisserie, émail?) et aux grandes compositions des années cinquante où l'artiste s'autorise à évoquer les thèmes picassiens des Taureau, Minotaure, Icône ou Totem. Enfin, une section conclusive aborde les thèmes hédonistes de la dernière décennie (la rêverie, le farniente, l'amour, la musique, la villégiature à Cap Martin?). On sait l'admiration enthousiaste que Le Corbusier portait au maître des lieux, dès son arrivée à Paris en 1917, l'architecte notant alors dans son journal " Picasso m'est inexplicable (?) pourquoi et d'où une telle grandeur ? " - admiration développée au fil des décennies, au travers de rencontres, correspondances, visites (dont celle de l'atelier de Picasso par Le Corbusier en juillet 1942 et celle du chantier de la Cité Radieuse de Marseille par Picasso, en septembre 1949). Outre lettres et photos de ces rencontres, un visuel documentaire évoquera les relations entre les deux hommes. Les ?uvres seront mises en valeur sur des cimaises faisant appel à la palette corbuséenne correspondant à celle utilisée durant les décennies abordées au fil du parcours.
Résumé : Si l'on considère les différents aspects de l'oeuvre corbuséenne, en regard de son activité d'architecte ? abondamment diffusée et commentée ? et de ses activités de théoricien, d'homme de lettres et de peintre, la production graphique est demeurée plutôt secrète. Elle donne pourtant à comprendre la genèse de l'oeuvre, tant plastique qu'architecturale. Et ce sont quelque huit mille pièces qui en constituent le corpus et jalonnent les décennies, depuis les années 1902-1903, à La Chaux-de-Fonds, sa ville natale, jusqu'à la fin, en 1965, à Cap Martin. Cet ensemble, d'une richesse exceptionnelle, se distingue par sa valeur esthétique, historique et scientifique et par la variété des thèmes, des techniques et des langages stylistiques explorés. Par ailleurs, sa particularité tient en ce qu'il dévoile la démarche conceptuelle de Le Corbusier et donne à suivre les méandres et les surprises du processus de création. L'ouvrage met en valeur plusieurs centaines d'oeuvres graphiques, les plus représentatives de ce corpus, et éclaire ainsi les différentes fonctions attribuées par Le Corbusier au médium. "Dessiner, c'est d'abord regarder avec ses yeux, observer, découvrir. Dessiner, c'est apprendre à voir, à voir naître, croître, s'épanouir, mourir les choses et les gens. Il faut dessiner pour pousser à l'intérieur ce qui a été vu et demeurera alors inscrit pour la vie dans notre mémoire. Dessiner, c'est aussi inventer et créer. Le phénomène inventif ne surviendra qu'après l'observation. Le crayon découvre, puis entre dans l'action pour vous conduire bien au-delà de ce que vous avez sous les yeux. La biologie intervient alors nécessairement car toute la vie est biologie Il faut pénétrer au coeur même des choses par la recherche et l'exploration." Le Corbusier, 1960
Résumé : A l'occasion des voyages qu'il fit en Afrique du Nord, en août 1931 et en mars 1933, Le Corbusier utilisa, outre ses habituels carnets de poche, deux grands albums à spirale, recouverts d'une couverture cartonnée grise. Ceux-ci sont -avec l'album "La Roche" et avec les deux albums de l'arrivée à Paris en 1917- les plus précieux dans le corpus détenu à la Fondation Le Corbusier. Ils renferment des dessins caractéristiques de la production la plus heureuse de l'artiste, celle des années trente. Au fil des pages, se succèdent scènes de genre saisies dans des villages marocains, portraits de femmes mauresques, nus féminins, paysages maritimes de la baie d'Alger ou de la côte marseillaise, esquisses d'implantation d'un projet pour la capitale algérienne, vues aériennes prises dans le désert saharien ; et enfin, de nombreux croquis faits au M'Zab où l'architecte découvre avec stupeur, émotion et enthousiasme une civilisation inattendue, vieille de mille ans, dans l'oasis de Ghardaïa.
Ce catalogue raisonné, en quatre tomes, co-édité par la Fondation Le Corbusier à Paris et les éditions AAM à Bruxelles, présente et restitue dans leur contexte créatif quelque sept mille dessins que Le Corbusier exécuta entre 1902 et 1965. Chaque volume offre un parcours documenté dans l'histoire de ce dessinateur passionné et infatigable. Le dessin est chez Le Corbusier profondément lié à l'intime, il est le témoin des "choses vues et retenues". Il est un espace de liberté, celui de la création, du plaisir à l'oeuvre et donne à comprendre le processus de la recherche et de l'invention. Les thèmes dessinés sont pour la plupart les traces de moments autobiographiques et de pérégrinations géographiques : paysages aquarelles sur les hauteurs de sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, croquis de voyages, portraits d'amis, nus féminins, esquisses faites au music-hall, pastels de femmes mauresques des périples nord-africains, fragments organiques ramassés dans la nature, scènes hédonistes en Amérique latine ou à Cap-Martin, jusqu'au thème des taureaux qui occupe plus d'une décennie. Seule la prolifique période puriste voit l'artiste se consacrer à une méditation du monde des objets avec de mystérieuses natures mortes dans lesquelles il engage l'observateur à "entrer dans le jeu". C'est à l'éclosion d'un artiste que nous assistons et c'est l'évolution d'une oeuvre toute entière qui se révèle sous le crayon, les aquarelles, les encres on les pastels du dessinateur. Cet ouvrage est à la fois un outil précieux pour les chercheurs tout autant qu'il est un recueil étonnant et touchant pour les amoureux du dessin.
ARGUMENTAIRE Entre 1902 et 1965, Le Corbusier produit plusieurs milliers de dessins, souvent d'une rare beauté. Les éditions AAM, en collaboration avec la Fondation Le Corbusier, ont entrepris à partir de 2019, leur publication en quatre volumes. Le tome III couvre la période des années 1929 à 1939 où la production dessinée et peinte est quasi essentiellement consacrée au thème féminin. La première phase des années 1929 à 1932 voit l'artiste explorer la richesse formelle et la poésie des éléments trouvés dans la nature (coquillages, racines, os, écorces, silex...) ou d'objets usuels détournés et parfois associés à des éléments organiques (boites d'allumettes, brique de verre...) qu'il nomme 'objets à réaction poétique'. Durant toute la décennie, intitulée pour sa production artistique "la période dite des femmes" , les thèmes féminins inspirent l'artiste au quotidien : sa compagne Yvonne, l'artiste Joséphine Baker, Indiennes des voyages en Amérique latine, Mauresques des périples nord-africains, baigneuses et pêcheuses des séjours dans le Bassin d'Arcachon, danseuses, lutteuses, géantes, duos féminins, innombrables nus... C'est une période où Le Corbusier se consacre intensément à l'activité picturale y dédiant la moitié de ses journées et produisant quelque cent cinquante-six peintures (soit le double de la période puriste), précédées chacune de suites d'études préparatoires mettant en lumière le processus de création. Sa production dessinée et peinte est qualifiée par l'artiste de "labeur secret" , qu'il ne dévoile qu'à la fin de la décennie dans une grande exposition au Kunsthaus à Zürich, en 1938.
L'histoire et la légende des samouraïs se mêlent étroitement, mais c'est à travers l'image que leur identité de guerriers et d'hommes de lettres se révèle avec le plus d'éclat. Des rouleaux peints du xiiie siècle jusqu'aux estampes, dans la centaine d'oeuvres rassemblées ici, leurs exploits et leur héroïsme sont mis en scène avec une virtuosité et un sens du drame comparables à ceux des plus grands films de guerre. On est émerveillé par l'art de Hokusai, de Kuniyoshi et de Yoshitoshi pour représenter les combats et par le réalisme des armes, casques, armures et vêtements dans leurs dessins. On découvre les onnabugeisha, femmes combattantes qui, elles aussi, excellaient dans l'art de la guerre et maniaient le naginata et le katana. Philippe Charlier nous raconte leurs histoires et nous invite, en médecin légiste et anthropologue spécialiste des rites funéraires, à explorer les secrets de leur vie et de leur mort grâce, notamment, à l'étude de leurs squelettes.
Henri Rousseau (1844-1910), dit le Douanier Rousseau, occupe une place singulière dans l'histoire de l'art moderne. Autodidacte, longtemps moqué et marginalisé, il est aujourd'hui considéré comme le précurseur de l'art naïf. Son style se distingue en effet par des formes simplifiées, par des couleurs vives et par l'absence de perspective traditionnelle. Loin des académismes de son époque, il a créé un monde poétique, à la fois innocent et mystérieux. Célèbre pour ses jungles luxuriantes, Rousseau l'est aussi pour ses paysages où volent parfois dans le ciel d'étranges engins, confrontant à ses compositions une dimension surréaliste avant l'heure. Il l'est encore pour ses singuliers portraits de groupe ou d'enfants, qui semblent comme figés dans le temps. Admiré par les avant-gardes, qui ont vu en lui un visionnaire capable d'exprimer l'inconscient, le Douanier Rousseau est aujourd'hui célébré comme un pionnier de la modernité. La collection L'Art en lumière propose une exploration de l'oeuvre des plus grands peintres dans un format raffiné, sublimé par une reliure luxueuse associant toile soyeuse, titre et jaspage métalliques miroitants. Chaque ouvrage met "en lumière" le travail de l'artiste et les moments clefs de sa carrière. Une soixantaine d'oeuvres sont accompagnées, pour les plus emblématiques d'entre elles, d'une courte notice explicative. Le lecteur est ainsi invité à une véritable visite guidée au coeur de la création.
Ce carnet s'inspire au plus près de la forme traditionnelle des carnets d'estampes originaux que publiaient les grands maîtres de l'estampe japonaise comme Hokusai ou Hiroshige. Grâce à ce système de feuilles doublées et cousues, le confort d'écriture est inégalé.
Ce carnet s'inspire au plus près de la forme traditionnelle des carnets d'estampes originaux que publiaient les grands maîtres de l'estampe japonaise comme Hokusai ou Hiroshige. Grâce à ce système de feuilles doublées et cousues, le confort d'écriture est inégalé.
Créateur des célèbres concepts de la "ville du quart d'heure" et du "territoire de la demi-heure ", Carlos Moreno a fait de la proximité le coeur battant d'un urbanisme du soin et du bien-être. Des ruelles de Tokyo aux Utopías de Mexico, de Saint-Hilaire-de-Brethmas, dans le Gard, à Busan, en Corée, il nous emmène dans un voyage mondial au contact d'initiatives concrètes qui réinventent nos manières d'habiter. Nourri de quinze années de recherches et d'expérimentations aux quatre coins du monde, l'urbaniste nous révèle une vérité essentielle : le bien-être n'est pas un luxe réservé aux métropoles privilégiées, mais un droit accessible à tous, à condition de repenser nos espaces à l'échelle humaine. Des infrastructures sociales aux services de santé, de l'alimentation locale aux mobilités douces, il trace les contours d'une nouvelle urbanité fondée sur le lien, la solidarité et la proximité heureuse.