Cahiers Jean Paulhan N° 7 : Lettres à Jean Paulhan (1933-1965)
Paulhan Jean ; Audiberti Jacques ; Guérin Jeanyves
GALLIMARD
24,80 €
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EAN :9782070734054
Pourquoi dans un "Cahier Paulhan" les seules lettres d'Audiberti ?C'est que, si le directeur de La NRF avait gardé toutes les lettres de son ami, il n'en était pas de même pour Audiberti. Celui-ci déménageait souvent, à la recherche d'une chambre, dans le V ? arrondissement, coupée du monde et du bruit... traînant son mal à vivre de l'une à l'autre, perpétuellement indécis, insatisfait, meurtri... laissant derrière lui courrier et poèmes. A vrai dire, on peut presque imaginer les réponses de Paulhan : ses encouragements ou ses reproches, ses enthousiasme ou ses critiques, ses conseils, ses refus... et son inlassable patience. D'ailleurs il a fort à faire, à déchiffrer des missives de quinze à vingt pages, griffonnées, raturées, dans un déferlement d'idées et un style baroque, ou à juger un roman dont la fin n'est pas écrite, dont le début manque, dont le milieu n'est pas le bon et dont l'ordre des chapitres doit changer. Mais l'écrivain se justifie, s'explique par le menu, dissèque ses hésitations, ses repentirs, ses tourments. Il faut encore ajouter qu'Audiberti dessine, avec aisance et une vigoureuse rondeur. Ainsi, toute l'oeuvre de l'écrivain passe par Jean Paulhan, dans ces lettres souvent bouleversantes où se mêlent soucis familiaux, projets, fantasmes, espoirs, remords, tout ce qui fait l'homme Audiberti.
Nombre de pages
528
Date de parution
14/10/1993
Poids
516g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070734054
Titre
Cahiers Jean Paulhan N° 7 : Lettres à Jean Paulhan (1933-1965)
Auteur
Paulhan Jean ; Audiberti Jacques ; Guérin Jeanyves
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
516
Date de parution
19931014
Nombre de pages
528,00 €
Disponibilité
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«On verra dans Le Guerrier appliqué comment les tranchées, la mort d'un ami, une attaque assez maladroite peuvent apprendre à un jeune soldat ce que l'amour, le mariage, le travail et les autres distractions de la vie lui eussent enseigné plus négligemment.» Jean Paulhan.
« Braque est patient. Son visage, si humble qu'il semble avoir vu la paix. Mais l'épaule est d'un bûcheron; et la taille d'un géant. ?Il faut avoir le temps, dit-il, d'y songer.? En effet, il s'assoit. Puis: ?Quand j'étais jeune, je n'imaginais pas que l'on pût peindre sans modèle. Ça m'est venu peu à peu. Faire un portrait! Et d'une femme en robe de soirée, par exemple. Non, je n'ai pas l'esprit assez dominateur?. Il s'explique: ?Le portrait, c'est dangereux. Il faut faire semblant de songer à son modèle. On se presse. On répond avant même que la question soit posée. On a des idées?. Les idées, pour Braque, ce n'est pas un compliment. Quand les gens disent d'un peintre qu'il est intelligent, méfiance ». Braque le patron s'est imposé comme le livre de référence sur le peintre et son oeuvre, tout à la fois reportage, document, portrait de l'artiste et regard d'une rare acuité posé sur son work in progress.
Claude de Saint-Martin observe que l'homme ne parviendrait jamais à former une vue exacte et pénétrante du monde s'il n'avait à sa disposition les maladies, les rêves, et diverses autres ivresses ou folies, il faudrait ajouter : certaines entreprises d'ordre plus général, comme l'esclavage ou la guerre. On verra dans Le Guerrier appliqué comment les tranchées, la mort d'un ami, une attaque assez maladroite peuvent apprendre à un jeune soldat ce que l'amour, le mariage, le travail et les autres distractions de la vie lui eussent enseigné plus négligemment. " (Jean Paulhan)
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.