Pendant du volume L'Ecrivain, son "objet" , ce recueil présente neuf études écrites pour la plupart en marge de la traduction de l'Esthétique de Hegel publiée par Patocka en 1966. L'art et le temps, c'est aussi l'art et l'histoire. Non seulement un regard historique sur la discipline spéciale du savoir que l'on nomme l' "esthétique" , un tour d'horizon de la réflexion philosophique sur le beau et sur l'art depuis les présocratiques jusqu'à nos jours, à travers Platon et la Renaissance, avec un grand temps d'arrêt auprès de l'idéalisme et du romantisme allemands, une analyse approfondie de la conception hégélienne qui détermine toute la pensée moderne dans ce domaine, mais encore une réflexion qui rapporte tout ce complexe thématique aux questions fondamentales de la philosophie en général, un chemin de pensée dont les grands jalons - le souci et le drame de l'âme, la tragédie de la liberté, la crise du sens, le temps en tant que lieu de la vérité, fondement à la fois de la phénoménalisation du monde et du mouvement de l'existence humaine dans sa transcendance - sont déjà familiers aux lecteurs de Patocka. Esquissant une approche de la vérité de l'art fondée dans le problème du temps en tant que temporalité, ouvrant en avenir la théorie hégélienne de l'art comme "chose du passé" , le philosophe tchèque défend avec conviction le rôle positif qui peut être celui de la création artistique dans le contexte de la crise actuelle de la civilisation rationnelle - non pas comme récepteur passif d'une "faveur de l'être" , mais en tant que l'art, "identité du sens et de sa manifestation" , demeure "intégralement et par définition une preuve de la liberté spirituelle de l'homme" .
Nombre de pages
374
Date de parution
01/10/1991
Poids
440g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782867441219
Titre
L'art et le temps
Auteur
Patocka Jan ; Abrams Erika ; Srubar Ilja
Editeur
POL
Largeur
140
Poids
440
Date de parution
19911001
Nombre de pages
374,00 €
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Résumé : " Si la phénoménologie peut nous aider, écrit Jan Patocka en 1965, ce n'est pas en dépit de son inachèvement, mais précisément parce qu'elle n'est pas un système fermé. Une philosophie inachevée est une philosophie ouverte. Une philosophie qui, d'une certaine manière, recommence à nouveau à chaque pas, reprend chaque problème à partir du début. " Telle est la situation dont témoignent les Papiers phénoménologiques, recueil d'écrits datés des années 1965-1976, inédits en tchèque et en allemand, dont le texte a été établi, puis traduit par Erika Abrams. Le choix éditorial qu'elle propose se distribue selon deux axes principaux : tout d'abord, celui du mouvement de l'existence, rayonnant dans les problématiques de l'espace, de la corporéité, de l'être-avec ; ensuite, celui du mouvement de l'apparition, en confrontation critique avec les pensées de Husserl, de Heidegger et de Fink. De l'un à l'autre axe, et dans leurs recroisements, se trouvent les motifs complexes qui ont préparé à l'élaboration de la " phénoménologie asubjective ", sans doute l'apport le plus original de Patocka à la phénoménologie. À l'heure où l'essentiel de l'?uvre phénoménologique de Patocka commence à être connue du public français, il était indispensable, pour donner l'idée du travail phénoménologique, de pénétrer dans le " laboratoire " des pensées du philosophe tchèque. Et ce, pour tenter de conjurer le danger qui menace la phénoménologie depuis sa fondation par Husserl : sa réduction à des corps de doctrine où se perd ce qui fait la " vie " même de la phénoménologie. Incitation, donc, à la poursuivre plutôt qu'à la " compléter " ou à la " dépasser ", dans la découverte qu'il n'y a pas un seul de ses thèmes de réflexion qui ne soit très concrètement une question et un problème, ouverts à l'infini de la reprise incessante, au gré de styles d'interrogation irréductiblement divers.
Loin du traité systématique sur la phénoménologie après Husserl et Heidegger, encore plus loin du commentaire savant de tel ou tel texte fondateur, le présent recueil est porté par quelques-unes des questions et perplexités fondamentales laissées pendantes par les deux maîtres de Fribourg. Témoins d'une méditation prolongée sur le sens de la phénoménologie comme interrogation ouverte à l'écart de toute réduction scolastique, les études ici rassemblées (écrites entre 1960 et 1976) sont appelées, par leur style et par leur fond, à faire de Patocka un véritable classique de la phénoménologie, à montrer que celle-ci, quoi qu'on en ait dit durant des années heureusement révolues, appartient toujours au mouvement de la pensée. Qu'il s'agisse du problème de l'autre et de la spatialisation originaire, de la réinterprétation du cogito à travers la conception d'une phénoménologie " asubjective " qui ouvre à un nouveau sens du monde et de sa phénoménalité, ou encore, dans le même mouvement, de la distinction rigoureuse qu'il faut désormais opérer entre épochè et réduction phénoménologique, la pensée ici au travail nous propose des réponses inédites à des apories bien connues, et qui sont susceptibles de constituer, à leur tour, autant de nouveaux départs pour la réflexion. Pour la première fois sans doute depuis le tournant du siècle, et avec une subtilité extrêmement stimulante, Patocka, dont on sait que la vie fut brutalement interrompue en 1977, était en train, parallèlement à Merleau-Ponty, de libérer la phénoménologie d'une métaphysique trop exclusive du temps originaire, et par là, de l'ouvrir à un sens plus aigu de la phénoménalité.
Dans cet ouvrage, Jan Patocka nous propose un cheminement, une " tentative d'introduction aux questions générales d'orientation dans la situation présente du monde ". Remontant aux fondements spirituels de l'Europe et aux racines mêmes de la métaphysique chez Platon, il met le thème platonicien du soin de l'âme en parallèle avec la méthode de la phénoménologie de Husserl et le questionnement renouvelé par la pensée de Heidegger. Il s'interroge à la fois sur notre héritage et sur notre avenir. La fin de la philosophie est-elle possible. La philosophie - non pas celle qui s'est rendue tributaire de la science ou de la praxis révolutionnaire, mais celle des " hommes pris à la gorge par la nécessité vitale de s'expliquer avec la détresse fondamentale de la vie ", l'aspiration vers la " vie bonne " dont l'Europe est issue - n'est-elle pas à même de nous fournir, aujourd'hui encore, un appui et une arme contre le déclin ? N'y a-t-il pas un autre " engagement " que celui qui, se cantonnant dans le domaine du quotidien, s'égare fatalement, victime de prophètes antithétiques ? S'interroger sur le sens et les possibilités de la philosophie, c'est s'interroger sur le rôle qui pourra encore revenir à l'Europe dans l'histoire. Le message de Patocha est fait de lucidité et d'espoir.
Rassemblant douze textes rédigés entre 1934 et 1976, ce recueil remet les Essais hérétiques en perspective en permettant de saisir quelques-unes des principales lignes de force qui font l'unité intime de l'?uvre de Patocka et communiquent à sa pensée la tonalité et la tension éthiques qui lui donnent son éclat particulier à l'intérieur du mouvement phénoménologique. Ligne de force de la liberté en tant qu'expérience fondamentale de l'être historique qu'est l'homme, transcendance qui, dans sa négativité, rejoint le " pas en arrière " des analyses phénoménologiques. Ligne, négative là encore, de la problématisation socratique. Ligne du destin qui s'ensuit et qui, incarnation exemplaire du conflit de la philosophie avec le monde comme il va, renvoie en direction du " sacrifice radical " à travers lequel la liberté, reniée à force de trop se revendiquer, refait signe à l'époque moderne, poussant Patocka, dans un regard qui embrasse toute l'étendue de l'histoire spirituelle de l'Europe, à considérer le Gestell heideggérien à travers le prisme du polemos dont parlait Héraclite. Écrits " polémiques " donc et " pathétiques ", autant que " politiques ", qui nous parlent de l'humanisme, de la modernité et de ce qui ne prétend pas " sauver ", mais qui résiste dans l'expérience philosophique vécue en tant que " soin de l'âme " - à la fois ébranlement radical et mode fondamental de la responsabilité vis-à-vis d'un sens à jamais problématique.
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
Charles Juliet a rassemblé ces textes en préparation du onzième volume de son journal qu'il avait choisi d'appeler Mes meilleures années. Il est mort le 26 juillet 2024, à Lyon, avant de pouvoir achever son projet. Nous publions aujourd'hui ce volume avec les textes inédits qu'il avait sélectionnés, dans un ordre fragmentaire qui restait à définir, mais qui témoignent de sa volonté d'atteindre sa part la plus singulière, "là où je rencontre ce qui appartient à tous, là où j'ai la chance d'accéder au permanent, à l'intemporel", écrivait-il.
Plus je lui écrivais de lettres, plus mon affection pour Ilaria grandissait. Il me fallait en savoir plus sur elle. Mais je n'étais pas certaine qu'elle souhaitât que je dévoile les anecdotes intimes que la lecture de son herbier m'avait apprises. Dans le même temps, certains de ses textes sur les plantes laissaient transparaître un désir de percer les secrets de Venise.