A la 6le minute, 25e seconde de la Mort d'Empédocle, un lézard fait irruption en bas du champ et disparaît d'emblée. Il faut s'exercer, la perception aux aguets, pour qu'il ne passe pas inaperçu. Mais une fois qu'on l'a vu, on ne regarde et on ne pense plus le monde comme avant. Car pour Danièle Huilier et Jean-Marie Straub (et pour Rosa Luxembourg) le sort d'un petit reptile a autant d'importance que le sort de la révolution. Ce livre va ainsi à la rencontre d'une oeuvre au pluriel de ses textes, de ses musiques (la têtue géométrie cézannienne comme aplat géologique de l'image), et sans auteur fixe : le nom propre est "l'appréhension instantanée d'une multiplicité" (Deleuze) et celle-ci un événement qui continue aujourd'hui pour les Straubs. Chaque chapitre compose une carte mouvante, qui se répète et se modifie. Il s'agit d'une cartographie tout d'abord italienne, depuis les constellations des films-Pavese et Vittorini et d'un autre Dante exilé au paradis. Dès lors, on dérivera de l'ailleurs-dehors de l'Italie fasciste et " démocratique ", post-fasciste (Fortini), à l'Allemagne nazie et "démocratique", post-nazie (Brecht), à l'Égypte nomadisée, mosaïque de Schoenberg, à ses révoltes trop tôt trop tard d'hier et d'aujourd'hui, à la Palestine hallucinatoire de Kafka... D'où l'interférence avec les visions de Godard ou encore avec le regard-désert d'Antonioni. Donc, un livre-carte, dont les Straubs ne sont pas les sujets mais les passeurs, jusqu'aux derniers films en numérique qui extériorisent un réalisme psychique terrifiant et vivant... Image roche, sur roche, contre le saccage du capitalisme planétaire. Un lézard.
Nombre de pages
226
Date de parution
09/01/2014
Poids
382g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782757406076
Titre
Un lézard. Le cinéma des Straubs
Auteur
Passerone Giorgio
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
160
Poids
382
Date de parution
20140109
Nombre de pages
226,00 €
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Résumé : La prodigieuse invention dantesque de la langue italienne est sa rencontre avec une langue étrangère, le trajet de l'exilé " s'en allant pérégrinant, presque mendiant, dans presque toutes les contrées où se répand cette langue qui est la nôtre... " (Convivio). La répétition-progression, le rythme brisé d'un style (le prosimetrum de la Vita Nova, la terza rima de la Divine Comédie) entraîne l'?uvre et la biographie hors d'elles-mêmes, défait les figures et les allégories existentielles, politiques, théologales du Moyen Age et en extrait le devenir des personnages et des paysages ; une musique et une peinture dans la langue, à la limite de tout le langage (non-style) que les créateurs déviants, mineurs, de la lignée de Dante nous donnent à voir et à entendre. Duns Scot et Nietzsche (les heccéités, la Roue), Notker le Bègue et Bach (la séquence, la fugue), les bâtisseurs anonymes des cathédrales et Paul Klee (l'abstraction haptique), ou encore Beckett, Ezra Pound, Eliot, Primo Levi et Mandelstam, Pasolini, Glenn Gould, Carmelo Bene, et Deleuze-Guattari. Comment nommer 1'extériorité des linéaments de l'art de Dante qui concerne les anges, les diables et les animaux, autant que la multitude des voix des hommes ? Comment dégager son éthologie des bons rapports qui allège la terre et affirme à l'infini l'immanence d'un être commun de la vie ?
Résumé : Qu'est-ce qu'il y a de commun entre le cinéma roc des Straub, les oeuvres foisonnantes de Dante, de Pasolini, de Pound et les voyages dramatiques des "refugiés" , la révolte des autonomes dans l'Italie des années 70, et plus bizarrement encore François d'Assise - non pas le Saint mais l'idiot -, ou les hérésiarques Margherita et Dolcino mis au bûcher en 1307 ? Aiguisés par la pensée vitale de Gilles Deleuze nous tentons de questionner, théorie et pratique, le rapport mystérieux qui lie l'art (isanat) au combat des plus opprimés des hommes : un rapport sans lequel toute résistance aux Pouvoirs ne pourra pas construire une libération de la Terre à l'heure de son saccage capitaliste planétaire. Car les cinq études qu'on présente ici (et qui demandent bien d'autres "cas") sont autant de cartes d'une géographie intensive (géologie) qui se dérobe à l'Histoire écrite par les vainqueurs. Ces cartes tracent un espace/temps (transhistoire) peuplé d'événements dont les personnages-Noms Propres deviennent eux-mêmes des événements : autant les "reconnus" , Baruch Spinoza, Karl Marx, Giacomo Leopardi, Friedrich Nietzsche ou plus près de nous Elio Vittorini, Franco Fortini, Félix Guattari, Jean-Luc Godard, Toni Negri... que les inconnus,... Khalid, Maya, Aida, Riaz... en lutte pour tout le monde. Ce sont nos "rencontres" , sans distinction : des heccéités de relations irréductibles à la "forme" dominante, subjective ou objective, philosophique, politique et existentielle.
Résumé : " En-dehors ", " en dehors de... " : on pourrait se demander comment il se fait que l'oxymore qui désigne la souplesse " en extériorité " du corps du danseur (semblable à celle des marionnettes de Kleist) en vient à amorcer un tel mouvement d'exclusion. Peut-être a-t-on pris l'habitude de tenir pour non avenu ce qui, au c?ur des événements les plus imperceptibles, évoque l'idée d'une intériorité d'emblée braquée sur ce qui l'excède. D'où l'idée de prendre à rebrousse-poil les disciplines et les arts afin de les ramener à cette " logique de l'indistinct " qui s'inscrit en faux contre leur état présent. Dès lors il ne s'agit pas de convoquer côte à côte la littérature, les arts, la philosophie afin de mieux définir leurs compétences voire leurs " jardins " respectifs, mais d'envisager une nouvelle consistance en dehors des partages consensuels du sensible et du pensable. A l'époque où l'on tente scandaleusement d'arrimer jusqu'aux flux des sans patrie aux logiques identitaires les plus lugubres, l'" en-dehors " tout simplement, est à ce prix.
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Comment représenter une expérience qui échappe au langage ? L'exil ; vécu comme déracinement et déplacement, troupe au cinéma un espace de réinvention formelle et sensorielle. L'Image-exil explore les puissances de l'image cinématographique à resaler cette expérience-limite. Ce concept - Image-exil- au croisement du visible et de l'absence, permet de renouveler notre regard sur la représentation du déplacement, de la mémoire et de l'altérité. Issu de recherches menées sur plusieurs années, ce liure interroge les devenirs de l'image à travers quatre réalisateurs majeurs du cinéma mondial : Walter Salles, Andreï Tarkovski, Glauber Rocha et Wim Wenders. En dialogue avec les pensées de Gilles Deleuze, Maurice Blanchot, Henri Bergson, Giorgio Agamben et Walter Benjamin, il propose une lecture inédite du cinéma comme médium de l'exil et offre les mayens de penser l'image au prisme de la condition contemporaine du déplacement.
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