Oici 480 ans, le 12 décembre 1539, deux des plus puissants souverains du vieux monde se rencontraient à Loches-en-Touraine, le temps d'une paix éphémère qui rassura momentanément l'Europe.Après des années de guerre, François Ier roi de France et Charles Quint roi des Espagnes et empereur du Saint Empire romain germanique, se sont retrouvés au devant de la muraille de ville et de la porte Picois et cela, non sans une certaine émotion.Tous deux n'avaient cessé d'étendre leurs possessions et François Ier veillait particulièrement à ce que Charles Quint ne s'empare pas de la Bourgogne. Ce dernier, obligé d'aller mâter en partant de Madrid, une rébellion dans ses états des Pays-Bas, avait nécessité de faire passer ses troupes à travers le royaume de France. Aussi, fallait-il se réconcilier. A la plus grande surprise des contemporains, François Ier accepta et le plus grand des hasards fit que cela eut lieu à Loches, au c'ur du Val de Loire.C'est cette étonnante histoire que nous conte Pascal DUBRISAY à travers ce livre où fourmillent les détails de cette rencontre et les nombreuses illustrations choisies par lui.Le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qui descend à la fois de François Ier et de Charles Quint, dans la préface qu'il a écrite, nous donne son sentiment à ce sujet : « L'histoire montre que les promesses échangées à Loches ne résisteront guère aux appétits de l'Empereur, mais ce bref séjour mérite de servir d'exemple aux édiles, aux chefs d'Etats de tous les temps. »Une fois encore Loches est au c'ur de l'Histoire et c'est à cette découverte que le lecteur est invité comme témoin privilégié.
C'est son ami de longue date, Bertrand, qui incita l'auteur à prendre son bâton, mais ce n'est que plus tard que Jean-François suivit le chemin en mémoire de son ami décédé. Trois textes s'entremêlent, qui tissent ce récit d'un pèlerinage : le journal du pèlerin, le regard du narrateur et les réflexions toujours amicales d'un guide, d'un ange-gardien qui chemine aux côtés de Jean-François. Peut-être est-ce Bertrand qui interpelle son ami marcheur et nous dit la poésie de l'instant (l'ombre portée du pèlerin sur le chemin, le champ d'arums sauvages), mais nous montre également la laideur des paysages défigurés par l'homme ? Dans cet entrelacs de voix, il y a le ressassement de l'écriture comme métaphore de la marche. Mais à l'image du chemin, le texte sait être aussi alerte, joyeux et ne manque ni d'humour ni de jeux de langue. On découvre au fil du récit le goût de l'auteur pour la musique (il a dans son sac à dos un harmonica dont il joue dans les églises...), la littérature et les arts en général." Partir pour Compostelle et revenir neuf, franchir à pied une distance qui se voit de la lune." Au retour d'un voyage extraordinaire et banal, l'auteur questionne ce premier pas répété deux millions de fois et qui met l'exploit à la portée de tous.