Pareyson Luigi ; Clément Arnaud ; Vappereau Jacque
CONFERENCE
Nouveauté
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EAN :9791097497781
Pareyson, avec ce livre, dont la préface d'Arnaud Clément éclaire les enjeux, remet au centre du travail philosophique la question de la vérité, et, par suite, celle des modalités ou plutôt des exigences impérieuses de la connaissance. L'auteur, entretissant divers travaux dans le livre qui leur donne leur unité, s'emploie à une manière de démonstration dont on peut retracer les étapes inaugurales - résumer l'ensemble d'un tel ouvrage exigeant bien plus qu'une simple note. Pareyson fait tout d'abord de la négation de la vérité la marque de l'idéologie, et déclare pour ce motif la nullité absolue de l'idéologie en matière de connaissance. Son intolérance sans compromis désigne l'idéologie comme l'ennemi mortel de la philosophie. La lutte à mort de ces deux adversaires s'enracine dans l'alternative fondamentale de l'être et du néant : les philosophes énoncent l'être de ce qui est, les idéologues ramènent ce qui est à la vacuité du non-être. Si l'idéologie contient quoi que ce soit de vrai, c'est qu'elle n'est déjà plus idéologie mais philosophie. Réciproquement, une philosophie qui nie la vérité se nie elle-même pour verser dans l'idéologie. La division entre philosophie et idéologie se ramène ainsi à un choix originaire pour ou contre la vérité. La première formulation magistrale de cette alternative se trouve chez Platon. De l'idéologue pareysonien, on pourrait dire qu'il était déjà chez Platon l'orateur ou le sophiste dont la réfutation constituait un enjeu vital pour la philosophie. La rhétorique repose sur la possibilité de parler sans dire la vérité, en jouant sur les apparences au mépris de ce qui est réellement. La sophistique fait un pas de plus en déclarant explicitement qu'il n'y a pas de réalité au-delà des apparences. Le mépris et la négation de la vérité sont donc les deux possibilités fondamentales qui s'offrent à la parole humaine pour faire concurrence à la philosophie qui, elle, affirme la réalité par-delà les mots et les opinions. Mais la philosophie, à cause de son idéal de sagesse et de connaissance justifiée, ne peut pas se contenter de postuler l'être : elle doit le manifester dans la vérité et triompher par ce moyen de ses adversaires qui la dissimulent. Ainsi, dans son effort, elle est moins aux prises avec eux qu'avec elle-même. Leur contribution est nécessairement destructrice de la vérité ; mais en se réappropriant le discours des sophistes, en le portant au comble de ses prétentions, le philosophe en fait un moteur produisant le mouvement où la vérité finit par se révéler. C'est tout le génie de Platon que d'avoir su faire de la négation de la vérité un moment de sa production : la dialectique, jusqu'à Hegel, procède de ce travail du négatif. Le dialecticien, en partant d'une idée statique et abstraite de l'être, ne la nie pas pour aboutir à une autre idée inerte, mais pour accomplir dans ce parcours le mouvement où la vérité se révèle. Cette dynamique de la vérité prend chez Pareyson une allure qui n'est plus dialectique mais herméneutique : elle a pour moteur l'interprétation et non la négation. Quoique les termes de la lutte se soient déplacés, ses enjeux demeurent : défendre la vérité, assurer la possibilité de la philosophie conçue comme pensée qui choisit la vérité, et par là manifester la nature sophistique des discours qui s'y opposent. Avec des mots sévères, Pareyson juge qu'il n'y a aucune vérité à tirer des pensées idéologiques. Celles-ci peuvent bien énoncer le vrai - c'est-à-dire une proposition adéquate au réel -, elles ne saisissent jamais la vérité et n'aident pas à la dire, car tout ce qu'elles énoncent découle du choix premier de réduire la vérité à l'histoire. La philosophie a pour tâche de redéployer le vrai à partir de la décision originaire en faveur de la vérité. Tout procède de ce choix librement effectué par la personne humaine, celui-là même qu'avait fait Socrate et que chaque philosophe après lui renouvelle. "La distinction fondamentale et la plus importante, écrit Pareyson, est toujours le choix décisif entre rester fidèle à la vérité ou la trahir, entre se tenir à l'écoute de l'être ou l'oublier, que cela arrive dans la pensée ou dans l'action". La personne choisit de rester fidèle à la vérité ou de la trahir. Ce choix n'est pas de nature dogmatique, au sens d'une thèse qui serait admise préalablement pour être écartée de la démarche de remise en question et servir à la déduction d'autres thèses. Le dogmatique n'est pas fidèle à la vérité, mais à une formulation qu'il confond avec elle ; la fidélité à la vérité implique qu'on la recherche dans ses formulations sans prétendre l'enfermer dans un système. C'est pourquoi il ne faut pas se représenter le choix comme un instant inaugural qui prescrirait une tâche au reste de l'existence, mais bien comme une vocation de chercher la vérité, une fidélité qui s'atteste par le renouvellement constant du voeu dans la théorie comme dans l'action. Le choix n'est pas un instant fictif qui se trouverait derrière nous et qui déterminerait nos actions ultérieures. Sa temporalité est le présent où la personne s'engage librement dans l'espoir que ce qu'elle entreprend servira à révéler la vérité. L'alternative est donc entre l'ouverture et la fermeture. L'idéologue ne choisit pas véritablement : il s'enferme par son attitude dans un déni de la vérité qui le rend aveugle à sa manifestation. Le philosophe, lui, choisit de répondre à l'appel de la vérité. Pareyson reprend en ce point la leçon de Heidegger. Selon l'auteur d'Etre et temps, le Dasein doit partir de la précompréhension qu'il a de l'être s'il veut questionner en vue de son sens, procédant ainsi à une herméneutique du soi. Cette démarche fait de l'interprétation du sens le coeur de la méthode philosophique. Cependant, l'herméneutique n'a plus pour objet premier le texte ni la tradition écrite : elle questionne le soi dans son ouverture à l'être, telle qu'elle se laisse appréhender dans les différentes déterminations de son existence (la vie quotidienne, l'ustensilité, l'être-pour-la-mort, l'angoisse, le temps...). Le soi se fait texte, matière d'une auto-interprétation qui n'a rien de psychologique car elle relève de l'ontologie, de l'interrogation en vue du sens de l'être. La finalité d'une telle interrogation n'est pas la connaissance de l'âme humaine, motif écarté par Heidegger, mais l'être lui-même que l'homme ne peut questionner qu'en partant du privilège qui est le sien d'exister en se souciant de son existence. Seulement, la quotidienneté détourne souvent le soi de cette fin pour le jeter dans la préoccupation de l'étant, ce qui constitue une modalité inauthentique de l'existence : il se perd dans les choses et manque son être véritable. L'attitude authentique ne peut consister qu'à répondre à l'appel de l'être qui est le destin du Dasein. C'est donc bien l'herméneutique heideggérienne de la différence ontologique qui constitue le cadre de la démarche de Pareyson. La vérité chez Pareyson signifie, comme chez Heidegger, la manifestation de l'être telle qu'elle se révèle dans l'existence concrète, historique, du soi. Pareyson reprend l'idée d'une vie philosophique tournée vers l'authenticité, concevant la fidélité à sa vocation comme la révélation de la vérité manifestée dans son rapport à l'être. L'idée que la personne est liée à la vérité ne se fonde ni sur une mystique (l'âme divinement touchée par la vérité), ni sur l'ontothéologie métaphysique que Heidegger a définitivement réfutée, à savoir la pensée qui identifie l'être à Dieu. Ni l'être ni Dieu ne relèvent de la catégorie de l'étant, fût-il suprême. Les philosophes qui nient la vérité et ne veulent pas admettre un appel à la découvrir s'acharnent sur le cadavre de l'ancienne métaphysique qui ramenait toute vérité à l'étant suprême. Ils confondent la fin de cette idée de la vérité - que Nietzsche a annoncée avec verve à travers la mort de Dieu - et la fin de la vérité tout court. Or, l'herméneutique de Heidegger repose sur une tout autre conception de la vérité, rendue justement possible par la destruction nietzschéenne des idoles et des arrière-mondes métaphysiques. La vérité se dévoile au cours de l'histoire de l'être, qui est aussi l'histoire de son occultation. Sans souscrire entièrement à la condamnation radicale de la métaphysique par Heidegger, Pareyson reprend l'idée d'une révélation historique de la vérité dans les époques qui surent la formuler. C'est pourquoi le philosophe réfute l'idéologue en offrant son activité pour exemple de la fécondité de son choix en faveur de la vérité. L'idéologie est menée à sa fausseté par un jeu de miroirs qui en accuse les insuffisances. Il ne s'agit pas de mener la critique des idéologies en conduisant une polémique sur leur terrain, mais de reprendre l'histoire de la philosophie afin de manifester la vérité qui s'y lit malgré la diversité voire la contradiction des pensées qui l'ont faite. Renversant l'historicisme des idéologues qui rejettent la vérité éternelle en revendiquant le caractère irréconciliable de ses diverses formulations, Pareyson fait de cette pluralité le vecteur essentiel de la révélation de la vérité.
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Nombre de pages
272
Date de parution
16/01/2026
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470g
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160mm
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EAN
9791097497781
Auteur
Pareyson Luigi ; Clément Arnaud ; Vappereau Jacque
Editeur
CONFERENCE
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Date de parution
20260116
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Luigi Pareyson est le chef de file de ce que l'on a appelé "l'école de Turin" dont Gianni Vattimo et Umberto Eco sont les plus illustres représentants. Pourtant, si ces deux derniers sont désormais connus en France, Pareyson, lui, n'avait jamais été traduit : Conversations sur l'esthétique est son premier livre publié en français. La "théorie de la formativité" qui sous-tend son oeuvre esthétique s'articule sur une herméneutique et une ontologie de la liberté. En réfléchissant sur l'essence de la création artistique, Pareyson relit ici Aristote, Valéry, Gilson, Kierkegaard, Goethe et Schelling, de sorte que ce livre, tout en exposant la doctrine originale de son auteur, la confronte aux penseurs et aux philosophes qui ont, d'une manière ou d'une autre, repensé la genèse de l'oeuvre d'art, une telle entreprise n'ayant de sens pour Pareyson qu'à la lumière d'une théorie de l'interprétation.
Ces trois textes de Luigi Pareyson, le premier tiré du cours universitaire de 1958-59 sur " l'esthétique de Valéry " qui concerne la genèse de cette pensée, les deux autres qui mettent en lumière la notion de " règle " et le rapport du " son " et du " sens " chez Valéry ; forment une véritable introduction à l'esthétique de Paul Valéry, une explication éclaircissante de l'?uvre. Le dialogue de Pareyson avec l'?uvre de Valéry naît en étroite liaison avec son livre Estetica. Teoria della formatività de 1954 et avec la question de la connaissance comme " interprétation ", dont l'?uvre d'art représente le modèle majeur. Si, par la suite, la méditation de Pareyson est entièrement dirigée sur l'herméneutique ontologique dont témoigne son dernier livre Ontologie de la liberté, nous pouvons voir dans ces textes sur Valéry un moment essentiel de la réflexion du philosophe turinois sur la théorie esthétique de la formativité, avec ses enjeux et ses limites.
Pareyson Luigi ; Tiberghien Gilles A. ; Di Lorenzo
Ce livre est un grand traité d'esthétique, le plus important venu d'Italie depuis L'Esthétique comme science de l'expression et comme linguistique (1902) de Benedetto Croce. En rupture avec la pensée crocéenne de l'oeuvre accomplie, Luigi Pareyson (1918-1991) s'interroge sur le processus de formation lui-même, la forme formante dans son rapport à la forme formée. La théorie de la formativité produit une philosophie de la création et une critique de type herméneutique qui inspirera de l'aveu même de son auteur L'oeuvre ouverte d'Umberto Eco. Faisant grand cas du matériau lui-même, cette esthétique montre comment le mouvement de l'interprétation est indissociable de la production des oeuvres. Inscrite dans la tradition morphologique inaugurée par Goethe et Dilthey, la pensée esthétique de Pareyson dépasse l'opposition entre historicisme et structuralisme et invente une approche originale de l'activité artistique.
Pareyson Luigi ; Tiberghien Gilles A. ; Di Lorenzo
Ce livre est un grand traité d'esthétique, le plus important venu d'Italie depuis L'Esthétique comme science de l'expression et comme linguistique (1902) de Benedetto Croce. En rupture avec la pensée crocéenne de l'oeuvre accomplie, Luigi Pareyson s'interroge sur le processus de formation lui-même, la forme formante dans son rapport à la forme formée. La théorie de la formativité produit une philosophie de la création et une critique de type herméneutique qui inspirera, de l'aveu même de son auteur, L'Ouvre ouverte d'Umberto Eco. Faisant grand cas du matériau lui-même, cette esthétique montre comment le mouvement de l'interprétation est indissociable de la production des oeuvres. Inscrite dans la tradition morphologique inaugurée par Goethe et Dilthey, la pensée esthétique de Pareyson dépasse l'opposition entre historicisme et structuralisme et invente une approche originale de l'activité artistique.
Joseph Rykwert ne s'y était pas trompé, lorsqu'il écrivit des pages en mémoire de son ami Gio Ponti (1891-1979), marquant sa profonde différence avec les architectes de son temps : "Il est difficile de trouver une photo des grands modernistes - Le Corbusier, Gropius, Mies - en train de rire ou même de sourire. La plupart du temps, ils ont l'air austères, propres sur eux, "autoritaires". Ce n'est pas le cas de Ponti - ébouriffé par le vent sur la photo la plus connue de lui, prise à la fin de sa vie, mais que l'on voit souvent en train de jouer avec un des objets qu'il a conçus. Son humour semble avoir débordé dans son travail comme dans ses nombreuses lettres, chaque jour ou presque - ce même humour qui envahissait toutes ses activités -, au point qu'en lui parlant, on avait l'impression que son dernier projet portait sur la chose la plus amusante qu'on puisse imaginer". On l'aura compris : Aimez l'architecture est un texte hors du commun... Gio Ponti, à la fois architecte, designer, céramiste, directeur de revue, le publia au sommet de sa carrière, en 1957. Dès son titre, c'est bien d'un engagement qu'il s'agit, mais qui laisse au lecteur - effet sans doute de la foi de Ponti, tout ensemble foi en l'architecture et foi religieuse - le soin de se prononcer lui-même en faveur de l'adoption ou non des propositions qui lui sont faites. Car Aimez l'architecture n'est pas un traité, ni un discours monolithique cherchant à provoquer, à dominer l'adhésion. C'est un texte au sens propre du terme, c'est-à-dire un tissu, une collection d'idées reflétant celles qui se sont accumulées au fil du temps chez l'auteur. Un livre fait "comme on peint" , avec de multiples retouches, de nombreux repentirs, et qui pourtant, à la fin, compose un tableau. La chose n'est pas fréquente, en un siècle où ont plutôt prévalu les manifestes, ou les déclarations impérieuses. "Il existe" , écrit Ponti, "outre la logique directe et glorieuse de la pensée, outre la logique de la logique, a priori, qui conduit à un résultat irréprochable, logique, par un processus logique, il existe aussi une logique anecdotique, illogique, qui suit des itinéraires éprouvants, et procède par constatations a posteriori, par rattrapages ? : empirique. Elle nous conduit, à travers le métier, sur des chemins de traverse et aussi d'imagination, vers des objectifs dont nous finissons par reconnaître la substance logique". C'est bien à ce parcours aussi sérieux que drôle et parfois étrange que Ponti nous convie, d'un chapitre à l'autre, d'une page à l'autre, et presque d'une phrase à l'autre. Ponti avait été particulièrement marqué par la définition que Persico proposait de l'architecture, ou plutôt qu'il suggérait à la fin d'un article célèbre de 1934, citant en réalité un passage de la Lettre aux Hébreux : "La substance des choses qu'on espère". C'est en cette substance, travaillée d'idéaux toujours à remettre concrètement sur le métier, que, pour Ponti, l'architecture consiste.
L'urbanité et les savoirs à l'oeuvre dans la fabrication des villes sont entrés en crise. Ces savoirs agissants - les comportements, les systèmes relationnels, les éléments cardinaux réglant la vie civile, les dispositions physiques des ensembles urbains, et tout ce qui concourt à imprégner d'urbanité et de beauté la vie privée et collective - auraient pu constituer la base d'une réflexion théorique et pratique sur la ville, et, plus généralement, sur la vie associée et la politique, en fournissant des instruments d'orientation à la société humaine soumise au changement de ses conditions historiques. Mais ce travail ne s'est pas fait, de sorte que l'héritage des villes ne suffit pas à servir de guide dans cette mutation générale. Les vestiges des villes historiques résistent, du moins en partie ? : mais la plupart d'entre eux restent muets, ou relégués dans une situation qui les rend incapables de féconder l'avenir. Les villes sont donc exposées à un double front ? : celui, dévastateur, des guerres, et celui, insidieux, de la rente immobilière, qui, par son action sélective, appauvrit peu à peu le potentiel le plus précieux des contextes urbains, qui tient à leur nature de réalités socialement complexes et de laboratoires des règles et des possibilités de la vie en commun. Ville et nature sont deux dons également menacés. Mais alors qu'on a vu s'accroître ces dernières années la conscience de l'importance de la crise climatique et des actions à mener pour la défense de la terre, la question de la défense des villes - posée avec lucidité par Giorgio La Pira dès 1954 - est totalement négligée. La dimension esthétique témoigne elle aussi de cette absence ? : dans un contexte obsédé par la recherche d'un "accomplissement individuel" , la beauté civile s'est dissoute avec l'appauvrissement des cadres relationnels. La réponse ne peut consister qu'à remettre la réalité urbaine au centre : il faut redonner aux villes le sens de l'urbanité, de l'inclusion, et d'une beauté qui interprète et manifeste la fécondité de la vie commune. Terre et ville, qui s'unissaient - et dont Cattaneo avait admirablement décrit les rapports il y a près de deux siècles -, deviennent équivalemment le lieu de la rente et de l'appauvrissement de l'expérience sensible - et de l'appauvrissement tout court d'une majorité de la population. Sans la responsabilité qu'exige la vie commune, il est vain de prétendre remédier aux excès d'un rapport au monde dévoyé.
Il n'existe pas de folie dépourvue de signification et les gestes que les gens ordinaires et mesurés considèrent comme d'un fou impliquent le mystère d'une souffrance que les hommes n'ont pas écoutée, n'ont pas recueillie". Cette souffrance, L'autre vérité veut la recueillir et l'écouter; dans un récit limpide et implacable, la poétesse Alda Merini, disparue le 1er novembre 2009, nous dit ce qu'était l'internement psychiatrique dans les années 60 et 70, qu'elle a elle-même vécu dans le plus profond abandon. La poésie de ces pages vaut comme une arme au service d'un "esprit d'enfance (...) qui ne pourra jamais être perverti par personne", une arme pour ne pas sombrer, pour réinventer l'espoir d'être aimé. Voici l'un des plus grands textes littéraires mettant en scène la folie.