Après les six volumes de L'Histoire d'une vie que nous avons publiés dans cette collection, et onze émissions à France-Culture qui en ont tiré un panorama de la littérature soviétique, il n'est plus nécessaire de présenter aux lecteurs français Constantin Paoustovski, que le monde entier considère comme l'honneur même de cette littérature. La Rose d'or se présente comme un recueil de notes sur (la) conception de l'art d'écrire et sur (l')expérience personnelle de l'auteur. Elle part d'une anecdote qui lui donne son titre. C'est en réalité la genèse d'une grande part de son ouvre : nous y apprenons, contes, récits, romans, d'où et comment sont nés ses livres, quel fait, quelle rencontre, quel paysage est à l'origine de ce qui a poussé Paoustovski à l'écrire. Nous touchons là aux secrets de la création, qui sont l'un des sujets dont aujourd'hui, la curiosité semble à la base de toute littérature. Cela est écrit avec une simplicité extrême, et l'on pourrait s'y tromper, croire même à une certaine naïveté. Par exemple, si nous lisons une phrase comme : Il est temps de rendre justice à Van Gogh... il nous paraît ici que cela n'a plus d'objet. Il faut se souvenir qu'où l'auteur vit c'est encore question de cruelle actualité. A cette lumière, on comprendra que tout ce qu'il dit de la naissance de l'ouvre d'art est en réalité fronde et audace, rejet d'une conception officielle dont nous ne pouvons plus ignorer les ravages. Ici, avec une apparente sérénité qui a de la grandeur, l'un des écrivains les plus respectés de ce temps, celui dont on a fréquemment parlé comme un autre Tolstoï, rejette ce qui est l'académisme dans la conception littéraire. Sans jamais verser dans la polémique. Avec cette simplicité du regard et du langage, qui rend sa noblesse et sa place à l'imagination. Et quand Paoustovski nous raconte comment, pourquoi il a écrit une histoire, ce comment et ce pourquoi-là deviennent aussi un conte, comme si dans l'ouvre écrite, imaginée, l'écrivain revoyait sa vie et ses pensées devant un miroir." Aragon.
Nombre de pages
288
Date de parution
04/10/1968
Poids
330g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782070272631
Titre
La Rose d'or. Notes sur l'art d'écrire
Auteur
Paoustovski Constantin
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
330
Date de parution
19681004
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce roman a été écrit au cours de l'hiver 1935-1936, à Sébastopol même. Lors des entretiens avec ses lecteurs, Constantin Paoutovski avait plus d'une fois précisé que l'idée d'un livre ayant pour sujet la mer Noire - une sorte "d'encyclopédie d'art" de ses rivages - lui était venue à l'époque où il était encore adolescent. Garte, son héros, a pour prototype l'écrivain Alexandre Grine (Grinievski) pour qui Paoutovski nourrissait une profonde estime. Pendant l'élaboration de son roman, il eut la chance de faire la connaissance d'Anna Isbach, la soeur du lieutenant Schmidt, et aussi d'un des participants de l'insurrection du croiseur Otchakov, un ancien marin torpilleur sur le Svirépy, qui avait très bien connu Schmidt et portait une véritable vénération à la mémoire de ce dernier. Dans le chapitre Le Courage moral, l'auteur relate sa rencontre avec Mikhaïl Stavraki, l'ex-enseigne de la flotte tsariste, qui s'était porté volontaire pour commander le peloton lors de l'exécution de son ancien ami Schmidt.
1917... Dans l'histoire d'un pays s'inscrit l'histoire d'un homme. Je ne transcris que ce dont j'ai été témoin, je n'ai pas du tout l'intention de brosser dans ce livre un large tableau des premiers temps de la Révolution, écrit Constantin Paoustovski dans ce troisième tome de L'Histoire d'une vie. Moscou après Février, le retour de "Kostik" chez les siens en Ukraine pendant l'été, à nouveau Moscou à l'automne... Ia Révolution d'octobre, une ère inconnue commence, et ce sont les portraits d'une extraordinaire faune humaine. Porté de ci, de là, ce témoin n'a au coeur qu'une seule lumière, l'amour profond de Ia Russie, Pouchkine, Tolstoï. L'auteur s'en explique dès le début du livre : Quel est le cheminement préférable : celui qui mène sans doute à l'approbation ou celui qui ignore le doute ? C'est à voir... En tout cas, de 1917 à 1920, de Février à la libération d'Odessa, Constantin Paoustovski traverse l'ère du doute.
Cette année où Paoustovski a soixante-quinze ans et reçoit pour son oeuvre l'ordre de Lénine, voici que nous achevons L'Histoire d'une vie avec Le Livre des pérégrinations qui nous mène de 1923 à 1932, mais, quelques digressions aidant, c'est comme si nous en avions accompagné l'auteur pendant trente-cinq ans encore, c'est son portrait finalement qui se dégage de ce voyage dans le temps. Bien qu'ici les portraits ne manquent pas. Presque tous les écrivains, célèbres ou non, qui donnent figure humaine à la Russie d'aujourd'hui, on les rencontre dans ces pages : Chklovski, Ilf, Olecha, Boulgakov, Guekht, Babel, Bagritzski, Prichvine, Maïakovski et bien d'autres. Ainsi se mêlent la nature et les hommes, les paysages du Grand Nord et de la Colchide torride, ceux de la région de Moscou ou de Léningrad, la forêt de la Metschora, les déserts transcapiens, Kara-Bougaz et la Crimée... Peut-être nulle part n'a été ainsi décrit au naturel un pays, lequel depuis cinquante ans mène les esprits à la chasse. Nulle part sans doute pour nous autres, gens d'Occident, la poésie de ce pays n'a été à la fois proche et simple, étrange et lointaine." Aragon.
Dans son livre La Rose d'or qui donnait accès aux arcanes de la création littéraire, Constantin Paoustovski avait illustré sa méditation sur l'art d'écrire du récit de certains instants de sa vie, se rapportant à celles de ses oeuvres qui en sont issues. Ce recueil-ci contient les principales nouvelles à quoi se référait La Rose d'or. Tout d'abord Le Destin de Charles Lonceville dont la langue est à dessein marquée d'un relatif archaïsme : nouvelle dont Paoustovski nous a conté l'origine dans le chapitre de La Rose d'or intitulé La Nuit blanche, lequel dit l'importance, pour l'écrivain, d'un certain sentiment de parenté avec son héros. Le Télégramme, tout comme La Constellation des chiens de chasse, venait, dans le chapitre Les Cicatrices du coeur, à l'appui du fait que c'est dans le coeur de l'écrivain que les "matériaux littéraires" fournis par l'existence s'accumulent pour l'essentiel. Et en ce qui concerne La Neige, nous en avons eu un aperçu dans le chapitre La Révolte des héros, encore que celui-ci soit surtout consacré à l'obédience dans laquelle sujet et héros tiennent leur propre auteur pendant l'élaboration d'un livre. Les autres éléments de ce recueil-ci, le choix en a été fait par Paoustovski lui-même expressément pour la France, et cela peu avant sa disparition : ils représentent un "échantillonnage" de la diversité d'un écrivain qui toute sa vie sut conserver son intégrité. Ce qui, de génération en génération, lui valut, en des temps difficiles, l'amitié profonde des lecteurs, et par là même au moins le respect officiel qui put faire défaut à plusieurs de ses confrères, pour dire les choses au plus court." Aragon.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.