Le climat, la bataille et la guerre : des conflits limités aux conflits planétaires
Pagney Pierre ; Corvisier André
L'HARMATTAN
31,01 €
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EAN :9782296055797
La bataille et la guerre entrent dans un système où leur sort est lié à la masse des combattants, à son aptitude à combattre, à la valeur des chefs, à la puissance des idéaux, mais aussi au caractère des conditions naturelles. Le l'ait est que le milieu physique joue un rôle fondamental clans sa relation avec les combattants, les matériels et la chaîne de commandement. Et pourtant, ce constat n'est pas totalement intégré dans l'Art militaire et dans l'Histoire militaire, du moins pour ce qui est des affrontements terrestres (sauf intérêt pris aux reliefs, à la végétation et à l'hydrographie) car il s'impose, à l'évidence, aux marins et aux aviateurs. Le parti a donc été pris de montrer systématiquement la pertinence de la relation milieu physique, bataille et guerre, le milieu physique étant représenté ici par le climat qui en est le facteur dynamique par excellence, et aussi le plus ignoré clans l'Histoire militaire. L'argumentation s'appuie sur le continuum historique, ce qui implique la prise en compte des facteurs spatio-temporels, de l'Antiquité jusqu'à nos jours. Si, dans l'Antiquité et durant le Moyen Age, les conflits étaient structurés par les espaces restreints et le temps court (un champ de bataille et le temps météorologique d'une journée : le type (le temps), ils sont devenus progressivement le fait d'espaces beaucoup plus considérables (les théâtres d'opérations) et du temps long (le long terme), plus précisément en phase avec le climat. Ainsi aboutissons-nous à l'une des plus grandes interrogations du XXIe siècle : la modification des milieux physiques du l'ait du réchauffement climatique et la nécessité pour les hommes, y compris les militaires, d'y faire face.
Nombre de pages
313
Date de parution
27/05/2008
Poids
425g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296055797
Titre
Le climat, la bataille et la guerre : des conflits limités aux conflits planétaires
Auteur
Pagney Pierre ; Corvisier André
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
425
Date de parution
20080527
Nombre de pages
313,00 €
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Au moment où les technologies les plus performantes semblent assurer à l'homme un avenir fait de certitude, il convient de rappeler que la nature et les sociétés comportent des incertitudes que le génie humain ne résoudra jamais. Le climat impose, par sa variabilité, des incertitudes que, aussi perfectionnés qu'ils soient, les modèles ne réussiront pas à maîtriser complètement. C'est à cette incertitude climatique (et météorologique) que la décision militaire peut être affrontée. Après avoir rappelé les principaux caractères climatiques, l'auteur présente des événements militaires terrestres dont certains ont été des échecs largement liés au climat (le Chemin des Dames, Barbarossa), d'autres, contrôlés (Overlord et l'attaque de novembre 1944 dans la vallée du Doubs), mais tous marqués du sceau de l'incertitude. Est analysée ensuite la guerre du Pacifique, au moment où les processus météorologiques tropicaux étaient encore mal connus. Aux aléas qui relèvent de la variabilité climatique habituelle telle que les opérations précédentes l'impliquent, il convient d'ajouter l'incertitude liée aux effets du réchauffement climatique. Deux cas de figure sont envisagés dans l'optique de l'affrontement guerrier : l'Arctique, les régions sèches et peuplées de l'arc de crise saharo-arabique. Si l'Arctique, même modifié par le réchauffement, reste hostile au déploiement stratégique, l'arc saharo-arabique, fragilisé par une histoire ancestrale complexe, par les découpages politiques initiés par les Occidentaux et par de multiples interventions, risque de devenir un espace de tensions accrues, et donc de conflits potentiels ou ouverts préoccupants.
A la vue des titres des médias qualifiant tout évènement climatique sortant de la normale de " jamais vu " ou " d'exceptionnel ", nous pouvons nous demander si l'homme ne se retranche pas derrière un vocabulaire d'exception pour cacher ses angoisses et son impuissance face aux imprévisibles colères du ciel. Roger Dubrion, en guise de réponse, nous convie à une grande leçon de climatologie. Il analyse avec pertinence trois siècles d'histoire climatique française, et prouve que notre pays est largement dominé par des variations susceptibles d'aller jusqu'aux extrêmes, tant en froids intenses, qu'en chaleurs caniculaires... Le lecteur se trouve alors placé devant un dilemme, qu'est devenue sa douce France ? Il constate, lui qui se croyait loin des froids polaires, de la chaleur des déserts, des déluges pluviaux, que ces excès peuvent l'atteindre et même, qu'ils constituent une trame de variabilité incessante, beaucoup plus proche de son vécu que ne le sont les moyennes apaisantes... La réponse est nuancée et à découvrir dans les pages de cet ouvrage à dévorer par toute personne que le temps interroge et avant que le ciel ne lui tombe sur la tête...
Face à des présupposés, il est facile de nier le déterminisme climatique. Pour autant on ne peut soutenir que les hommes vivent sans lien avec le climat au sein du " milieu géographique ". La notion systémique de " potentiel climatique ", fil conducteur de ce livre, dégage des relations entre les composantes " physiques " du climat (structures, variabilité, normales et écarts, accidents) et les composantes sociologiques, démographiques, économiques, politiques et culturelles. L'ouvrage met l'accent sur certains éléments qui interagissent pour former le complexe climatique ou social et interviennent de manière plus soutenue. Ainsi le manque d'eau contraint les hommes à se concentrer là où d'autres ressources en eau sont accessibles ; de même que le vent, les conditions thermiques pèsent sur les comportements humains et les déplacements. Il insiste surtout sur les aspects spatiaux ou territoriaux d'échelle moyenne : l'essentiel des faits ne se situe pas en effet à l'échelle locale ou à celle du système climatique planétaire, mais aux niveaux des " méso-échelles ". Il bat ainsi en brèche la tendance qui réduit la place et le rôle des faits physiques dans le complexe géographique. L'homme ne disposerait-t-il pas désormais des moyens de se libérer de l'environnement naturel ? Mais en même temps l'usage massif des énergies fossiles conduit au trouble chimique de l'atmosphère, du niveau local (pollution) au niveau planétaire (gaz à effet de serre) ; l'eau est usée inconsidérément. Ce sont bien des situations auxquelles les société humaines n'étaient pas confrontées avant le XXe siècle.