Iles et archipels ne peuvent qu'être en devenir, rien ne les fige. L'impermanence est constitutive de l'entrelacs systémique hommes/environnement, et plus spécifiquement celui des îles et archipels. Cette impermanence suit le cours du temps avec des intervalles de relative stabilité, non durables, et des séquences de ruptures, brutales pour certaines, plus insidieuses mais non moins perturbantes et déstabilisantes pour d'autres, de gravité variable. Ces séquences de ruptures sont des crises à identifier, gérer, solutionner et dont il faut recouvrer en tendant le plus possible à retrouver le système dans sa phase antérieure d'équilibre, donc à en assurer la résilience. Tous les environnements insulaires et archipélagiques ne sont pas également exposés à ces soubresauts chaotiques de nature composite, intégrant tant des facteurs naturels que socio-naturels et autres. Au sein d'un même ensemble, diverses sont aussi les expositions à ces possibles déstabilisations. Les Antilles sont des terres fragmentées soumises à une grande diversité de crises, expressions d'aléas climatiques, géodynamiques, sociaux etc. Enoncer les problématiques soulevées par la complexité des crises, de leur gestion et les possibles constructions différenciées des territoires à l'épreuve des perturbations subies fait l'objet de la première partie de cet ouvrage. Penser les îles en espaces clos, bridés par les mers, représente désormais une vision surannée de l'insularité. Vivre, penser, se représenter les îles et les archipels c'est avec le mouvement, la pratique du lien, sous toutes ses formes qu'il importe de le faire. La distanciation physique est effacée par tous les modes de rapprochements, l'avion, le bateau, la réticularite qui affranchit des barrières environnementales. C'est au réexamen de quelques concepts clés, que la seconde partie de cet ouvrage (Insularité, îléité, mobilités interrogées) invite le lecteur. Si les Antilles françaises fondent le coeur des analyses, les auteurs partent de leurs particularismes, mais construisent modélisation et typologies aussi à partir de la diversité des îles et archipels du monde. Enfin l'augmentation de la vulnérabilité de l'ile de la Réunion au risque cyclonique est abordée, renvoyant à celle des Antilles, et des sources d'espoir en Haïti sont énoncées. Des secteurs de biodiversité préservée pourraient servir une nouvelle dynamique touristique fondée sur la protection de l'environnement.
Nombre de pages
312
Date de parution
24/03/2022
Poids
500g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811128982
Auteur
Pagney Bénito-Espinal Françoise
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20220324
Nombre de pages
312,00 €
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Comment les Rimèd razié utilisés par les anciens (gran moun), ces éléments de la flore des Antilles et de la Guyane employés comme plantes médicinales sauvages pour soulager, guérir, maintenir en bonne santé, préserver des maléfices?, sont-ils devenus ces recours exclusifs ou, plus récemment, adjoints à la médication allopathique ? Comment, de " guérisseurs ", selon des pratiques empiriques efficaces, savamment transmises de génération en génération, ces éléments de la flore constituent-ils de nos jours un potentiel exceptionnel de valorisation d'une biodiversité remarquable ? Comment aussi ces entités de la flore native ou introduite au fil des temps (de l'ère précoloniale à l'actuelle) sont-elles devenues des marqueurs de la quête d'expression et de reconnaissance identitaire de nos sociétés antillo-guyanaises ? Cet ouvrage fait suite à une journée publique d'études, organisée par le laboratoire de recherche universitaire AIHPGÉODE de l'université des Antilles et de la Guyane. En choisissant de réunir des points de vue d'horizons différents, il rappelle que le travail scientifique ne peut se passer ni de regards et d'approches complémentaires, ni d'échanges avec un large public. Ce numéro 9 de Terres d'Amérique rassemble la contribution d'historiens, de spécialistes des sciences expérimentales sur les plantes aromatiques et médicinales (PAM). Il laisse aussi la parole à des acteurs qui se sont fortement impliqués dans la défense et la valorisation de ces plantes dans les territoires antillo-guyanais, tels que Michel Grandguillotte, Jacques Portécop, Edouard Bénito-Espinal et, plus récemment, Emmanuel Nossin et Henry Joseph qui, aujourd'hui encore, sont pleinement engagés dans la défense et la valorisation de ce riche patrimoine naturel et socio-culturel.
A l'interface des continents nord et sud américains, la Caraïbe se caractérise par de grandes disparités sociétales et biologiques. A la pluralité des environnements physiques correspond une diversité floristique, faunistique, écosystémique et paysagère. Ressource primordiale pour les Amérindiens, les écosystèmes terrestres et marins sont aujourd'hui à l'intersection d'intérêts divers relevant de l'économique et du culturel ou encore de l'aménagement territorial. Les spécificités écologiques, qui sont fonction des différentes terres caribéennes, sont à la base d'usages nouveaux susceptibles de participer au développement économique, par exemple le tourisme. A cette histoire singulière, façonnée par l'action des hommes, s'ajoutent les incommodités naturelles telluriques et atmosphériques, dont les effets directs et indirects ont érigé certaines composantes de cette partie de la biosphère en terre à risques. Les nuisances de toutes sortes, inhérentes au fonctionnement de ces sociétés, sont des freins au développement maîtrisé ou soutenable. Pour l'essentiel, les économies relèvent des propriétés du mal-développement et peuvent entraîner, dans des cas extrêmes, un chaos politique et social. Les conséquences pour les milieux biophysiques sont souvent graves et s'apparentent à un écocide (Haïti par exemple). Le but premier de ce numéro de Terres d'Amérique est d'explorer les différentes facettes du fonctionnement des sociétés caribéennes ainsi que leurs dynamiques d'interface au regard des environnements physiques et biologiques.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.