Les chaînes sans fin. Histoire illustrée du tapis roulant
Pagès Yves
ZONES
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EAN :9782355222122
Parmi les machines qui hantent nos vies quotidiennes, le tapis roulant est celle qui traverse le plus insidieusement tous les secteurs d'activité : des tapis mobiles sur chaîne d'assemblage aux tapis de caisse de la moindre supérette en passant par ceux dévolus à l'exercice corporel du fitness. Travail posté, rituel consumériste et souci hygiénique de soi : trois postures qui, chacune à sa manière, nous condamnent à l'éternel recommencement d'une marche forcée.Cet essai veut en retracer la généalogie, plus sinueuse et méconnue qu'il n'y paraît. Sans s'attarder sur les " grues à tympan " de l'Antiquité romaine, on passe en revue bien des appareils oubliés ? le " moulin disciplinaire " des prisons de l'ère victorienne, le " manège à plan incliné " des agriculteurs du XIXe siècle ou le " trottoir mouvant " de l'Exposition universelle de 1900 ? avant d'aborder les usages plus récents de cet outil crucial du management fordien, de la consommation de masse et du test d'effort cardiovasculaire.Au fil de cette enquête, toutes sortes de matériaux historiques sont mis à contribution : des brevets d'obscurs inventeurs aux running gags du cinéma muet.Et, à l'arrivée, on retombe sur notre très contemporain tapis de course, cette figure terminale du mythe progressiste : de grands bonds en avant qui, la plupart du temps, ne nous ont avancés à rien.Table des matières : RemerciementsL'image terminale de la course au progrèsUne avancée stationnaireDe quel manège parle-t-on ?Une heure de gloire sans lendemain ?Scrupule de dernière minutePetit interlude hippiqueDes brevets au futur antérieurÀ propos de quelques faux amisParc d'attractions domestiqueDétour bibliophiliqueDes cages en roue libreWatt does horse power mean ?Révolution industrielle et prolétarisation animaleChevaux à bâbord et tribordGalop d'essais ferroviairesL'escalier éternel, un outil de redressement moralCercles vicieux du travail caninSupplicier ou produire ? Cruel dilemme pénitentiaireInfâmes captifs d'un moulin disciplinaireLe premier tapis d'exercice motoriséAvant-première motorisée de l'hippodramaUn panorama mobile grandeur natureUsages professionnels du moteur humainLe mirage urbain d'une " rue qui marche "Les faux départs de la " bande transporteuse "Femmes au charbon, les " clapeuses " du tri sélectifErratum tardifShopping à tous les étagesMontée en puissance des transports en communLa domestication taylorienne de la bête humaineUn tapis d'exercice à contre-courantLe meatpacking préfordienParesse sociale ou résistance au surmenageAssembler/désassemblerImageries déroulantes de l'esclavage salariéLa Grande Guerre, un accélérateur biomécaniqueUne nouvelle chorégraphie machinique (1)Bref détour par l'" inconnu "Une nouvelle chorégraphie machinique (2)Le modèle fordien selon le docteur DestouchesLa mécanisation théâtrale du brave soldat ChvéïkKrach et résurrection de la mythologie fordiennePause-repas sur le pouce et self-serviceLe stade infantile du fordisme, selon DisneyUn pionnier français du cinéma muet (mais parlant du travail)Quand la propagande se prend les pieds dans le tapis (roulant)" Le fordisme au service des travailleurs ", un contresens démobilisateurLa prévention médicale remet l'humain sur le tapisEn attendant... CharlotCause commune pour la " voiture du peuple "La science-fiction, bastion de la critique socialePanorama rétro-futuriste... avant l'apocalypseEscalator vers l'au-delà, aller-retourLe deuxième sexe du rebond fordienL'entrée en scène du tapis de caisseL'auto-mobilité du temps libreLa télé-propagande gymniqueLe kaiten zushi entre dans la rondeBrèves de trottoir roulantDoutes tardifs à propos du travail parcellaireRampe de lancement du fitnessRemettre à la chaîne les ex-colonisésMai 68, un crash-test grandeur natureCritique de la critique de la " critique artiste "Quand les rôles sociaux repassent à la caisseBandes-annonces du cinéma réfractaireEt si on s'offrait un arrêt sur imageDe l'Orgasmotron dystopique aux workout video tapesFlux tendu, sous-traitance et gestion des stocksDernier tour de piste, avant vivisectionTant de records battus, à nos corps défendantBienvenue dans la salle des pas perdusFondu au blancCrédits des figures.
Résumé : L'ouvrage d'Yves Pagès marque une date pour les études céliniennes. Publié en 1994, il traite, sous un angle nouveau, une épineuse question rarement abordée par l'ensemble des études ou travaux parus depuis : quels sont la nature et le rôle des matériaux idéologiques, explicites ou implicites, à l'oeuvre dans l'ensemble des écrits céliniens ? Par-delà l'épisode traumatique de la Première Guerre mondiale, Céline conserve une grille d'interprétation du monde tamisée par le filtre déformant des clichés de la Belle Epoque. Tour à tour, et parfois simultanément, il endosse un argumentaire conservateur et un discours libertaire. Ces chimères ambivalentes sont bouleversées dès lors que le catastrophisme droitier tarit l'imaginaire fictionnel pour privilégier une écriture ostentatoirement politique. Quant à la sensibilité réfractaire et subversive de Céline, devenue presque clandestine, elle ne se lit plus que dans l'écart existentiel incarné par tel personnage ou dans la morale insoumise de tel épisode romanesque.
Résumé : Dans le sillage des Petites natures mortes au travail, Yves Pagès a esquissé des morceaux d'histoires, de personnages et des bribes de fictions laissés en suspens. À partir de ces éclats d'écrits, il a donné naissance à des héros du rien ou presque, façonné des "portraits crachés" qui, comme il le constate en début de recueil, "devaient un jour [lui] retomber dessus". Voici une soixantaine de spécimens humains (à l'exception d'un bovidé), observés, imaginés et refondus scrupuleusement en de petites figures de mots. Chaque portrait est vu sous l'angle qui sied à sa condition d'anonyme, mais chaque individu a un prénom : Charlotte, la cascadeuse de cinéma, "suicidaire intermittente" croise Anne, monteuse de films porno, la belle endormie du taxi ; Sylvain, vainqueur des Olympiades Handisport par tricherie, réalise ses exploits alors que Phil, ex-brancardier et malade chronique de l'embauche, est un handicapé du travail...
Vingt-trois courts récits qui ont pour cadre le monde du travail. Vingt-trois personnages recrutés à contre-emploi ou exposés aux paradoxes de leur statut social. Et à chaque fois, un détail inattendu qui, mettant le quotidien en porte-à-faux, excite, comme par accident, notre imagination... Les " petits métiers " d'aujourd'hui portant de drôles de noms, on croisera, au fil des pages, un consultant d'entreprise, une hôtesse d'accueil, un télévigile, un enseignant par correspondance, un acteur de complément, etc. S'il s'agissait d'un film, on parlerait de " documentaire-fiction ". C'est sur ce même fil du rasoir qu'Yves Pagès a conçu ses Petites natures mortes au travail, entre cinéma du réel et dérives imaginaires. Entre témoignages vécus et jeux de rôle fictifs.
Yves Pagès se glisse dans la peau de Romain, un petit fugueur halluciné. Et c'est dans l'oralité réinventée d'une langue juvénile, les images volées aux films cultes de l'époque, qu'il puise des trésors d'humour et de naïveté, pour déjouer les leurres du "soi-disant" principe de réalité.
Mona Chollet s’attaque ici à l’image de la sorcière pour mieux déconstruire ce que la culture patriarcale verse sur l’image des femmes d’aujourd’hui et nous inviter à s’accepter pleinement telles que nous sommes. Elle explore les 4 facettes qui ont amené à la persécution des sorcières : l’indépendance, le non-désir de maternité, la vieillesse et le savoir, notamment scientifique. Avec un texte piquant et vif, elle invite à une lutte pleine de sororité et à redorer l’image de la sorcière à la manière des féministes américaines. Un livre essentiel et passionnant.
Mona Chollet s’attaque cette fois à notre propre démon intérieur, celui qui nous culpabilise de ne pas faire assez, de ne pas être assez bien. Elle plonge dans les racines religieuses de nos sociétés occidentales pour démontrer l’origine de cette culpabilisation plus prégnante chez les femmes et minorités. Elle évoque brillamment ce sujet à travers la honte des victimes de violences sexuelles, la culpabilité des mères ou celle des enfants toujours jugés coupables, mais également l’impossible perfection dans le cadre du travail et dans le militantisme. Dans cet essai éclairant, elle offre en plus un regard sincère sur ses propres failles tout en analysant avec pertinence la part que joue la société sur cette voix intérieure qui nous rabaisse constamment.
Nombre de femmes et d'hommes qui cherchent l'épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s'invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies et qui revient aujourd'hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l'amour hétérosexuel, ce livre propose une série d'éclairages.Au coeur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d'infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d'elles-mêmes et le bonheur amoureux. Le conditionnement social subi par chacun, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l'abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques. Même l'attitude que chacun est poussé à adopter à l'égard de l'amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu'être malheureuses. Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l'espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ?Table des matières : RemerciementsL'illusion de l'oasis. IntroductionFaire le grand sautL'amour et la colèreLe rêve d'une " hétérosexualité profonde "Entre conformisme et nihilisme. PrologueBelle du Seigneur, anti-Carte du TendreLes délices de l'amplitude temporelle" Si la vie n'a été qu'une sieste d'été "" Deux êtres qui s'aiment n'en font qu'un : lequel ? "1. " Se faire petite " pour être aimée ?L'infériorité des femmesDans notre idéal romantique" On serre un peu et ça pète "Prière de ne pas trop briller" Érotisez l'égalité "Ce que cela fait d'être un fantasme" Une petite femme à peau jaune "De Pierre Loti à Marlon BrandoLa " double féminisation " des femmes asiatiques" Elle ne parle pas "2. Des hommes, des vrais. Apprendre de la violence conjugale" Pervers narcissiques " ou " enfants sains du patriarcat " ?Un aplomb à toute épreuveNotre révérence pour les émotions des hommesL'impossibilité de défendre ses propres intérêtsQuand l'entourage brise la violence - ou la redoubleLa parabole de Manniford McClaine" Je me sentais comme sa mère "Le " petit ami parfait "L'amour-et-la-mort, prospérité d'un clichéLes droits exorbitants de l'Artiste Tourmenté3. Les gardiennes du temple. L'amour, une affaire de femmes ?L'aliénation et la sagesse" Sortir de l'ombre et de l'anonymat "Un " noyau de dépendance "Le rôle irrésistible de la femme démunieRemettre de l'ordre en soiLes autres femmes, pis-aller ou rivalesEt la dépendance masculine ?Hommes-forteresses et femmes contrefaites" Parce que tu es vivant "Savoir renoncer4. La grande dépossession. Devenir des sujets érotiquesDesserrer l'étau des regardsHistoire d'une silenciationLa femme qui fantasme, un " monstre "Harrison et moi" O " ou l'histoire d'un piratageUn poison... ou un contre-poison ?
Un document édifiant où l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Normand Baillargeon, philosophe, professeur à l'université du Québec à Montréal, et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle paru chez Lux en 2007.Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, fut l'un des pères fondateurs des relations publiques . Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.
Nouvelle édition augmentée de ce petit pamphlet nécessaire à lire et à diffuser ! Salomé Saqué nous relate des faits, vérifiés et sourcés, sur l’extrême-droite, ses méthodes, ses origines comme ses dangers pour les droits et la démocratie. Mais elle nous donne aussi des pistes pour résister ensemble. Un ouvrage éclairant qui inspire à faire front commun avec beaucoup de justesse mais aussi de force et qui invite à un vrai débat démocratique.
Résumé : "On ne peut plus rien dire..." La complainte de celles et ceux qui dénoncent la "censure", à l'instar d'un Donald Trump, s'étire à longueur de plateaux télévisés. Toute contradiction est dénoncée comme une agression, la lutte contre le racisme est présentée comme une marque d'intolérance "woke". Par un incroyable retournement, tout effort de protéger le débat démocratique est aujourd'hui brocardé comme une atteinte à "liberté d'expression". Pourtant, la haine et le mensonge nuisent gravement à la délibération démocratique : les restrictions de l'expression publique, loin d'être en contradiction avec la liberté d'expression, lui sont consubstantielles. Le juriste Thomas Hochmann révèle la manière dont la réaction a accaparé la liberté d'expression pour mieux imposer ses manières de dire. Mais il montre également comment se réapproprier cette liberté fondamentale, après avoir rappelé et défendu, exemples à l'appui, les lois qui interdisent les discours de haine et les campagnes de désinformation. Leur mise en oeuvre constitue désormais une de nos dernières chances de repousser l'extrême droite.
D'une communauté médiévale de clercs, l'université est progressivement devenue un véritable enseignement de masse, où les professeurs, censés être des érudits et des savants, sont de plus en plus confrontés à des étudiants impréparés aux exigences du haut enseignement, notamment en raison des déficiences d'un enseignement secondaire miné par l'idéologie de l'égalité des capacités et de la réussite pour tous. L'établissement est par ailleurs menacé par la toute-puissance de l'administration, la barbarie du "managérialisme" , l'irruption du juridisme, et plus récemment encore la "cancel culture" et le "wokisme" . Renvoyant dos à dos les excès du gauchisme culturel et la toute-puissance du néolibéralisme triomphant, l'auteur s'attache à identifier ce qui a progressivement muté une forteresse du savoir en ce que d'aucuns voudraient voir comme une machine à délivrer des diplômes. Il entend aussi dénoncer tout ce qui restreint la liberté et le pouvoir des professeurs. Depuis trop longtemps l'université absorbe peu à peu les dérives d'une société clientéliste dont les valeurs culturelles et intellectuelles se dégradent peu à peu, et en appelle à un sursaut salutaire de l'institution, qui suppose la fin de toute sujétion au pouvoir politique et économique.
Résumé : Pourquoi la théorie de l'évolution est-elle contestée dans nos écoles ? Pourquoi les cours d'histoire sont-ils remis en cause ? Pourquoi le port du voile est-il devenu un tel enjeu ? Pourquoi Samuel Paty a-t-il payé de sa vie l'exercice de l'esprit critique ? Enseigner est aujourd'hui devenu un métier dangereux. L'école n'est plus un sanctuaire, un lieu protégé de la fureur du monde. Les islamistes la considèrent comme l'école de la mécréance, parce qu'elle enseigne la liberté de conscience. De Kaboul à Bruxelles ou Paris, elle est une cible. Déconsidérés, trop peu entendus, les enseignants ne sont pas armés pour y faire face. Dans cet ouvrage qui se veut un cri d'alarme, Laurence D'Hondt et Jean-Pierre Martin sont partis à la rencontre de ces professeurs qui osent évoquer leur solitude et briser le silence. Des témoignages entrecoupés de chapitres qui raconteront l'influence de l'islamisme au coeur de nos écoles publiques et privées, la détresse des directeurs, le silence embarrassé des syndicats et des partis politiques, les enjeux de la laïcité. Enfin, les auteurs rapporteront, à travers les réflexions et les expériences de professeurs, des initiatives pour refaire de l'école un lieu d'instruction et non de prosélytisme.