Comment les modernes ont-ils été amenés à considérer sous un nouveau jour le problème de la certitude et de la connaissance? L'étude proposée ici vise à mettre en évidence le rôle joué par la renaissance du scepticisme et à montrer comment et par quels détours le "phénomène" du scepticisme pyrrhonien est devenu en l"" apparence "des modernes. Dans cette histoire, les sceptiques déclarés n'ont pas seuls opéré ce travail de reprise et de transformation: une part décisive revient aussi aux adversaires du scepticisme (Campanella. Mersenne, Descartes, mais aussi Hobbes). Le renouveau sceptique ne tire pas son importance de sa seule dimension critique; par ses objections, il a joué un rôle majeur dans la réforme moderne de la"philosophie première". Faire de la connaissance un rapport entre le monde interne de la représentation et le monde extérieur des choses, a évidemment une origine sceptique. Mais cette conception a son histoire complexe et multiforme. Elle passe notamment par la dissolution de la doctrine aristotélicienne des species (Sanches et Campanella), par la reprise de la conception du phénomène tirée de Sextus (Montaigne et La Mothe Le Vayer), par une réflexion sur les effets destructeurs du scepticisme libertin (Descartes), mais aussi par la conjonction du relativisme de Montaigne et des résultats de la nouvelle science (Hobbes). Ainsi, en rouvrant le dossier sceptique, Bayle peut mener sa critique des présupposés de la philosophie première en débat à la fin du XVIIe siècle. Pour montrer comment le scepticisme a pu modeler ainsi la réflexion philosophique de l'âge classique, il était nécessaire d'étudier en profondeur une série d'auteurs majeurs, plutôt que de se livrer à un panorama historique général."
Date de parution
30/11/2008
Poids
745g
Largeur
240mm
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EAN
9782711621439
Titre
SKEPSIS LE DEBAT DES MODERNES SUR LE SCEPTICISME
Auteur
PAGANINI
Editeur
VRIN
Largeur
240
Poids
745
Date de parution
20081130
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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Le manuscrit clandestin représente un genre très particulier de la communication philosophique : on peut envisager le Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin comme l'archétype du genre, mais les quelques 200 textes répertoriés et correspondant à près de 2000 copies remontent pour la plupart à la deuxième partie du XVIIe et au siècle suivant. L'ancêtre véritable de cette littérature foisonnante s'avère être le Theophrastus redivivus qui, à une date assez précoce (1659), fixe le paradigme du traité philosophique clandestin, dans ses traits les plus radicaux : rigoureux anonymat, critique rationaliste de la philosophie et de la Malebranche, à la métaphysique spinoziste ou au mécanisme de Hobbes, à la méthodologie empiriste de Locke. Surtout, ils essayent des voies nouvelles, par la combinaison de parcours philosophiques parfois hétéroclites, dans la conviction que l'histoire culturelle européenne devrait être lue " entre les lignes ", à la recherche d'une vérité cachée au-dessous des professions officielles de foi des écoles ou des auteurs.
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Les transformations des philosophies hellénistiques constituent, dans l’histoire de la pensée morale entre Renaissance et Lumières, un phénomène d’une fécondité extraordinaire, capital à beaucoup d’égards pour l’étude des « transferts » entre mondes antiques et Europe de la première modernité. Le cas du scepticisme offre de ce point de vue un terrain d’investigation de premier ordre. Or les relations entre scepticisme et pensée morale envisagées dans la longue durée et dans la multiplicité de leurs variations, entre philosophie et littérature, n’ont pas été jusqu’ici étudiées avec l’attention qu’elles méritent. La présente enquête collective a pour ambition de remettre en évidence la finalité essentiellement éthique du scepticisme.
Andrieux Béatrice ; Colleyn Jean-Paul ; Paganini A
A l'occasion de la célébration du Centenaire de la naissance de Jean Rouch, ce numéro double de Camera offre un aperçu de l'héritage cinématographique et ethnologique de l'inventeur du "cinéma vérité" . L'occasion d'inviter plusieurs personnalités influencées par l'oeuvre du cinéaste dont la photographe, réalisatrice et productrice de films documentaires Catherine de Clippel. Depuis 1980, elle s'est associée avec les anthropologues Jean-Paul Colleyn, puis Marc Augé pour coproduire une trentaine de films documentaires et reportages photographiques au Mali, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Sénégal, au Venezuela, au Brésil, en Allemagne, en Belgique et en France. "Sur les traces de Rouch" est une rétrospective de son travail photographique publiée conjointement à une longue conversation.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.