Le jeudi 5 mai, par une matinée de printemps, nous nous retrouvons à quinze mille métallos regroupés sur le terre-plein de Penhoët. Juché sur la plate-forme d'un wagon, je reste sidéré pendant quelques instants par l'impression de puissance que donnent quinze mille hommes rassemblés pour un motif commun, pour un combat vital. Ce potentiel de violence m'effraie un peu, bien que je me sente solidaire de mes camarades. Quinze mille mâles qui domptent la matière à longueur d'année, et se déclarent ouvertement prêts à pendre par les couilles le directeur et ses adjoints si ces derniers ne leur donnent pas les moyens de vivre décemment, cela me fait l'effet d'une douche glacée. D'autant plus que mes leçons de catéchisme sont toujours aussi vives dans ma mémoire, notamment _"panem nostrum quotidianum de nobis hodie"_. Le pain quotidien ? A vrai dire les ouvriers ne tiennent pas à ce qu'on le leur donne, ils veulent l'arracher, l'obtenir par la force, pour une simple question de dignité, pour "ne pas avoir à baisser leur froc devant le patron"". Les Prolos est un témoignage d'apprentissage comme il en existe des romans. On y suit un très jeune apprenti, issu du monde agricole des régions rurales de la Loire, pour qui le passage par la condition ouvrière est une étape dans un parcours de promotion sociale. C'est à Saint-Nazaire, dans les chantiers navals, que le chaudronnier se rapproche d'une classe ouvrière nullement enchantée, dans une progression dramatique qui culmine avec la grande grève de 1955. Le monde des Prolos, immédiatement postérieur à la reconstruction, est celui de la guerre froide, d'écarts et d'affrontements sociaux qu'on peine aujourd'hui à se représenter. C'est un monde presque entièrement disparu, qui a inspiré à Louis Oury un des classiques majeurs du témoignage ouvrier.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
255
Date de parution
13/04/2016
Poids
290g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782748902822
Titre
Les prolos
Auteur
Oury Louis ; Olivera Philippe
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
290
Date de parution
20160413
Nombre de pages
255,00 €
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Emilie fait un burn out. En tout cas, c'est ce que son médecin lui a dit. Elle, elle se sent surtout beaucoup moins efficace qu'avant dans son métier de magistrate. Pire, elle ne se reconnaît plus en cette femme qui doute de la foi qu'elle avait mise dans sa carrière. Elle aimerait bien que tout redevienne naturel et épanouissant, comme au début. Quand elle découvre qu'il existe un endroit conçu pour aider les gens comme elle à se rétablir, elle s'y inscrit sans hésiter. Au programme de la semaine : pleine conscience, soins du corps et coloriages. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que le miroir tendu par les autres allait la forcer à affronter ses symptômes et, aussi, ce qui les nourrit : un glissement profond de son identité. Là où des épreuves intimes avaient anéanti sa capacité à se révolter, elle retrouve le chemin de la colère. Jusqu'où cela la mènera-t-il ? Roman reflet de notre époque, Brûler grand met en scène une galerie de personnages tous plus ou moins au bout du rouleau et interroge, avec acuité et drôlerie, notre rapport au travail pour mieux l'éclairer.
C'est le matin de la rentrée et Petit Ours refuse de se lever. Il a peur et il le dit. Il traversera pourtant la forêt, rassuré par de tendres paroles. Et au bout du chemin, retrouvant les autres petits devant l'école, il sera prêt.
La défaite qui sauve le royaume de Louis XIV.En cette année 1709, le royaume de France est au bord du gouffre. Engagé dans le plus dur conflit de tout le règne ? la guerre de Succession d'Espagne ?, le pays a déjà subi défaite sur défaite. En janvier, le Grand Hiver a ajouté la catastrophe climatique au désastre militaire. En mai, les États européens coalisés contre le vieux roi lancent leurs troupes sur les frontières du royaume. Ces troupes sont conduites par le prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough, les deux meilleurs généraux de leur temps. Jamais le royaume de France n'a subi l'invasion d'une force aussi puissante.Face à eux, le maréchal de Villars dirige une armée française affamée, démoralisée et dépassée en nombre. Mais il sait qu'il ne peut reculer indéfiniment et, le 11 septembre, il s'expose aux risques d'une bataille. Celle-ci est âpre, disputée, sanglante, réunissant des effectifs jamais vus jusqu'alors : plus de 180 000 hommes venus des quatre coins du continent. Par vagues d'assauts successifs, les Alliés parviennent péniblement à chasser les Français de leurs positions et à s'emparer du champ de bataille.Et pourtant, le soir même, ce sont les Français, vaincus, qui exultent. Leurs ennemis ont subi des pertes bien supérieures, pour un bénéfice limité. Le doute et les dissensions gagnent les Alliés, et l'espoir commence à changer de camp. La résistance acharnée des troupes de Villars, contre toute attente, prouve que le royaume est encore prêt à se battre. La guerre est arrivée à son point de bascule.S'appuyant sur les archives de tous les pays belligérants, multipliant les points de vue, du général au soldat, Clément Oury dévoile les mécanismes qui mènent à la bataille et qui font de cette défaite apparente un succès stratégique majeur, qui sauve la France de la débâcle et permet à Louis XIV de conserver les principales conquêtes de son règne. En s'attachant au comportement et à l'expérience des combattants, il en restitue aussi la dimension humaine et l'envergure tragique.
Le 1er novembre 1700 s'éteint le roi Charles II d'Espagne, souverain d'un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. A la surprise générale, il désigne comme héritier le jeune Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du Roi-Soleil. Cette décision arrime le royaume d'Espagne, immense mais à bout de souffle, à celui de France, première puissance du continent. Pour les autres Etats d'Europe, cette alliance est inacceptable. Le conflit qui s'ensuit représente la plus longue et la plus difficile épreuve du règne de Louis XIV. La guerre de Succession d'Espagne oppose, de 1701 à 1714, les deux rois de la Maison de Bourbon à une vaste coalition dirigée par l'Angleterre, la Hollande et l'Empereur. La France dispose alors de la plus forte armée d'Europe, invaincue depuis plus d'un demi-siècle, et d'une direction stratégique unifiée. Elle va pourtant subir une série de désastres sans précédent face aux troupes alliées commandées par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. La ceinture de fer érigée par Vauban est entamée, les frontières du royaume occupées. C'est à l'étude de cette catastrophe que se consacre Clément Oury. Dans la lignée d'une histoire militaire renouvelée, il étudie la conduite des opérations depuis Versailles ou La Haye, dans les cabinets des ministres ou sur le champ de bataille. Il s'intéresse au quotidien du soldat comme à son expérience du combat ; aux souffrances des populations dans les zones de conflit ; aux réactions des opinions publiques qui, sidérées ou enthousiastes, voient s'effondrer l'image d'un Roi-Soleil invincible et menaçant. Il analyse enfin les ressorts de la résilience du royaume. Alors que le désastre parait consommé, les dissensions entre Alliés permettent d'obtenir une paix de compromis. Celle-ci bouleverse l'agencement des pouvoirs en Europe, avec l'affirmation de la Grande-Bretagne et de la Maison d'Autriche. On ne craint plus que le royaume de Louis XIV ne prétende à l'hégémonie. Des décombres du conflit s'impose un principe diplomatique nouveau : l'équilibre des puissances.
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Jacques Bouversse s'attaquait dans ce court ouvrage aux usages discutables que fit Michel Foucault de l’œuvre de Nietzsche Nombreux sont ceux qui aujourd'hui vouent un culte inconsidéré à la pensée de Foucault, réputée incontournable. On peut pourtant émettre des réserves quant à la cohérence de l’œuvre d'un auteur qui aurait « revendiqué le droit de se contredire ». L'usage qu'il fit de la pensée de Nietzsche est symptomatique de cette attitude : il s'agissait pour lui de « l'utiliser, de la déformer, de la faire grincer, crier », attitude qui mène logiquement à une série de contradictions. C'est précisément celles-ci que Bouversse entendait ici relever. Faisant jouer Nietzsche contre Foucault, il démontrait avec brio que les positions du « Nietzsche de Foucault » sont souvent bien éloignées de celles du Nietzsche réel.
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