Témoin omniprésent et omniscient parce que vieille autant qu'on peut l'être, Saveria n'est que souvenirs, intuitions et commentaires qu'elle assène à ses interlocuteurs, et au lecteur. Voix obstinée, une parmi tant d'autres possibles, elle décide d'exprimer le monde silencieux des siens, divers et contradictoire. Assignée par l'âge au spectacle de l'histoire, elle croit ne plus rien attendre, sans savoir qu'elle n'est que désir d'un dialogue et angoisse d'un avenir. "Ces vocalises, ce cri collectif inlassablement repris et dont on souhaite qu'il ne finisse jamais, la ravissent et l'emplissent d'effroi. C'est que ce chant dont l'oreille guette les accords sans cesse renouvelés chante rarement la joie, mais presque toujours le malheur qu'il tient ainsi à distance. Paroles de la douleur subie, musique du bonheur d'être ensemble, solidaires. Tendue à se briser, la voix haute crie, la voix moyenne est douce, la voix basse est virile. L'une inquiète, les autres rassurent. Le groupe vit ainsi, au soir de son labeur, son instant de plénitude, face à la nuit. Ceux qui n'ont pas entendu a paghjella ne nous connaissent pas." Qui parle ? Une conscience singulière, mais aussi toute une île, paysage compris. A l'imitation du chant méconnu, des voix tissent le récit polyphonique des confidences, des révoltes et des espoirs.
Nombre de pages
168
Date de parution
14/04/1988
Poids
239g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070712830
Titre
L'île de Saveria
Auteur
Ottavi Antoine
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
239
Date de parution
19880414
Nombre de pages
168,00 €
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Julius est nerveux. "Pas l'amour, non... seulement ma main qui se tend, ces visages qui se confondent à l'autre bout du monde, Haïl et CaIman, et Djemila et Cupule, le ridicule Astolphe et toutes mes chaisières branques, entre les écuries de l'aube et les hautes lisses du crépuscule..."
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.