Revue de presse Otsuichi est essentiellement connu en France pour les adaptations en manga de ses romans. C'est pourtant bien un romancier, et seul Un flingue et du chocolat et Rendez-vous dans le noir (qui bénéficie depuis peu d'une seconde vie grâce à sa parution en format poche) sont parvenues jusque chez nous à ce jour. Michiru est aveugle depuis peu. Suite à un incident à première vue sans gravité, son acuité visuelle s'est amenuisée jusqu'à s'éteindre presque complètement (en cas de lumière vive, elle aperçoit bien une lumière rougeâtre, mais c'est tout). Elle vit désormais seule dans sa demeure, vivant de sa maigre pension et passant ses journées allongée à attendre et à survivre le plus simplement et frugalement possible, bien décidée à passer son existence ainsi, seule. D'un autre côté, il y a Akihiro, jeune employé dans une imprimerie, inapte à s'intégrer socialement et victime des railleries de ses collègues. L'un d'entre eux en particulier prend un malin plaisir à le ridiculiser, au point qu'Akihiro décide un jour de le faire passer sous un train. Et le collègue en question passe bel et bien sous un rapide, après quoi Akihiro s'enfuit du lieu du crime (à noter qu'à aucun moment il n'est dit que c'est bel et bien lui qui passe à l'acte, même si les apparences sont contre lui) et se cache dans la demeure d'une femme aveugle... Le roman mêle deux grande intrigues qui finissent par se rejoindre. Une intrigue psychologique et sociale, dans un huit clos étonnant et subtil, ou deux individus en marge de la société vont apprendre à s'apprivoiser, malgré des circonstances bien particulières ; et une intrigue policière, avec son lot de révélations et de surprises, ou un jeune individu est accusé du meurtre d'un de ses collègues, à tort ou à raison (le roman joue sur cette ambiguïté). La première de ces deux facettes passionnante. La description de ces deux individus asociaux est particulièrement réussie, on s'attache très vite à l'un comme à l'autre, parce qu'ils sont des victimes, mais aussi et surtout, parce qu'ils sont particulièrement humains. Le quotidien de Michiru, atteinte de cécité, enfermée dans des ténèbres qu'elles peinent à apprivoiser est également très intéressant à découvrir. Comment gérer des tâches à l'origine simples quand on a perdu la vue ? Comment affronter le monde extérieur quand on ne peut le voir ? Autant rester chez soi. Le fugitif et l'aveugle sont deux individus effrayés, solitaires, et la situation va pourtant peu à peu les rapprocher, de façon naturelle, à l'insu de l'un puis de l'autre, pour aboutir sur une relation unique et fascinante. La psychologie des personnages est merveilleusement décrite, à tel point que la situation, pourtant invraisemblable (voire peu crédible) au premier abord, nous apparaît finalement comme absolument vraisemblable. La seconde facette du récit, qui se fait de plus en plus présente vers les deux tiers du roman pour finalement en devenir le centre, laisse quant à elle plus dubitatif. D'abord occultée au profit du développement de la relation entre Michiru et Akihiro, l'enquête pour déterminer si le jeune homme et bel et bien coupable finit par resurgir pour occuper le devant de la scène. Si dans les faits, le dénouement et cohérent (bien qu’improbable, mais cela reste une fiction), deux points sont à regretter. Tout d'abord, la mise en valeur de l'enquête précipite l'avancement (à l'origine lent et subtil) de la relation entre les deux protagonistes, pour un résultat pas décevant dans les faits, mais vraiment trop expéditif. Ensuite, le final est vraiment beaucoup trop rose et optimiste. Pas qu'il faille absolument que la fin soit dramatique, mais ici, tout se délie avec une facilité déconcertante, et tout rentre dans l'ordre en l'espace de quelques pages, c'est un peu dommage. Malgré quelques points noirs, Rendez-vous dans le noir est un roman passionnant la majeure partie du temps. L'auteur aurait simplement dû prendre la peine de développer plus longuement son final, et ça aurait été parfait. Huit clos original et enquête policière trop expéditive, mais surtout portrait de deux êtres attachants qui se lient dans les ténèbres, incapables malgré leur résolution de se tenir loin de toute présence humaine. Une belle réussite d'Otsuichi. (Critique de www.manga-news.com)
Morio, un quartier de la ville de S. Alors que Koichi Hirose connaît une vie tout ce qu'il y a de plus paisible, celle-ci prend une nouvelle tournure lors de sa rencontre avec Rohan Kishibe. Ensemble, ils vont suivre un chat ensanglanté et y découvrir un cadavre. Ils vont mener l'enquête et le pouvoir de Koichi se révèlera indispensable... The Book ou la capacité d'archiver tout ce qu'il voit et ressent dans un carnet.
Tout commence par la découverte du cadavre de Kaneshiro, un odieux lycéen qui harcèle perpétuellement ses camarades. Les soupçons se tournent rapidement vers Wakatsuki, un étudiant qui est introuvable depuis ce meurtre. Matsuda, un camarade de Wakatsuki, va alors le prendre sous son aile pour le cacher, d'autant plus qu'il est persuadé que Wakatsuki n'est pas réellement coupable du meurtre...
Ne en 1978 dans le département de Fukuoka. En 1996,Otsuichi débute sa carrière d'écrivain en remportant le 6eGrand-Prix de romans pour l'éditeur Shueisha JUMP. En2003, il remporte le Grand-Prix du 3e concours "HonkakuMystery Novel" avec "Loth List Cut Jiken". Depuis, il estl'auteur d'un grand nombre de romans populaires comme"Zoo", "Gun & Chocolate", "Rendez-vous en lieu sombre","Le chien plat", etc. Hiro Kiyohara est né en 1981 dans ledépartement d'Aichi. Il débute sa carrière de mangaka avecune série publiée dès le mois de mai 2005 dans le magazineShônen Ace ("Sakura Iro Shinmetori"). En 2006, il est chargéde l'adaptation en manga des titres de la série Mad World.
Cela fait un an que Penny a franchi pour la première fois les portes du Grand Magasin des Rêves, cet univers fabuleux où les dormeurs viennent chaque nuit choisir les rêves qu'ils désirent vivre. Dans le "quartier des compagnies" , les producteurs inventent sans relâche des rêves qui ressembleraient à une forêt tropicale, qui auraient l'odeur du riz cuit ou encore la couleur du bleu de la nuit : rêves primés ou rêves en solde, rêves de souvenirs, rêves de sieste ; ils sont tous de véritables créations artistiques. Penny découvre aussi le Service des Réclamations auquel s'adressent les rêveurs insatisfaits car certains ont cessé tout bonnement de se rendre au Grand Magasin des Rêves. Comment expliquer que certains dormeurs ne reviennent jamais ? Penny va lever le voile sur les aspirations secrètes des rêveurs en quête d'expériences immersives fabuleuses et surtout de sens à leur vie. Car s'il est vrai que le rêve permet de s'évader, il permet aussi de s'émanciper. Il réconcilie le dormeur avec lui-même en lui permettant de retrouver sa propre voix, parfois de manière imprévue. Et donne au lecteur la liberté de rêver.
Ochi Tsukiko ; Bescond Sophie ; Noriko Oto ; Tsuki
Elles sont cinq femmes à partager une maison dans la ville de Kamakura. Cinq femmes de trente-sept à soixante-treize ans, qui ne se connaissent pas, sauf Kara, la propriétaire, et sa grande amie Mikiko, qui a lancé cette idée inattendue de créer une colocation pour femmes à 8 minutes à pied de la gare de Kamakura, comme le dit l'annonce, dans une vieille demeure de style occidental. Elle s'appelle le Café Ouchi car Kara y sert à de trop rares clients de délicieux cafés dont elle moud elle-même les grains et compose les mélanges de saveurs. Dans cette maison qui devient vite un refuge, il y a un grand jardin foisonnant de cerisiers et de fleurs bleues ; elle bourdonnera bientôt des récits des nouvelles locataires, toutes un peu malmenées par la vie et souvent à bout de souffle. Dans cette pension de famille recomposée, elles prennent la parole à tour de rôle et interrogent les fantômes de leur passé en même temps que leurs espoirs réprimés et recouverts de silences ; elles vont apprendre à s'accepter, à partager leurs savoir-faire ainsi que le café, entre amertume des souvenirs et douceur des bavardages. Certaines apprendront à écouter le chant des oiseaux, d'autres découvriront les currys de palourdes de Chieko ou l'art de fabriquer des feuilles de cerisier confites au sel. Pour réapprendre à aimer.
Les gestes simples - cueillir des herbes aromatiques dans le jardin, faire bouillir de l’eau pour le thé, s’occuper du potager - sont autant d’actes qui éloignent la peur et les angoisses. Ode à la lenteur, à l’émerveillement, à la transmission.
Si Momoko n'ouvre son coeur qu'à sa chatte Lala, son père n'a d'yeux que pour la belle et pulpeuse Chinatsu, au grand dam de la jeune fille au pair : trois habitants d'une même maison dans le Japon d'après-guerre vivent dans un calme apparent, ignorants d'une vérité cachée qui les pousse inexorablement vers la tragédie. Quand la neige recouvrira de silence le jardin et le champ de blé alentour, les non-dits réveilleront ce petit démon intérieur qui appelle au meurtre. Et Lala, sphinx au blanc pelage, pourrait bien alors s'avérer la victime et la clé de ce surprenant suspense psychologique.
Reito Naoi est un jeune homme en manque de repères, qui a appris à grandir seul. Accusé d'effraction et de tentative de vol, il risque la prison, mais se voit proposer un marché qui pourrait bien changer sa vie. Un avocat, agissant pour le compte d'un mandataire qui souhaite rester anonyme, lui propose la liberté en échange d'une mystérieuse mission. Reito devient le gardien d'un illustre camphrier, niché au coeur d'un sanctuaire de Tokyo, qui semble renfermer bien plus que du bois et des feuilles. La légende dit en effet que, si l'on suit un rituel bien établi, l'arbre centenaire exauce les voeux et se fait le messager des défunts. "Le Gardien du camphrier" interroge avec émotion et grâce les liens du sang ou ceux du coeur, qui se tissent ou s'érodent au fil du temps et jusque dans la mort. Il est une ode poétique à la découverte de soi et à la connexion aux autres.
Un soir, en rentrant du travail, Sayaka découvre un inconnu allongé, inconscient, dans les buissons devant chez elle. Elle accepte alors de le recueillir pour une seule nuit, mais une relation inattendue va pourtant éclore. Itsuki, véritable encyclopédie botanique, prend progressivement ses marques et s'installe à demeure. Au fil des saisons et des promenades autour de Tokyo, le jeune homme lui fait découvrir l'art de la cueillette sauvage et de la cuisine. Puis un beau jour, Itsuki disparaît sans explication. Pour conjurer l'absence, Sayaka retrace les étapes de leur vie à deux, cueille les mêmes plantes, tente les mêmes recettes, recrée les mêmes plats. Drôle, tendre, attachant et empli de sagesse, "J'ai trouvé un homme dans le jardin" est une merveilleuse histoire d'amour, de fleurs et de cuisine, rythmée par les cycles de la nature, au coeur de la ville.
La cuisine, ça ne se mesure pas en temps, ce n'est pas une histoire d'heures et de minutes. Un plat s'élabore avec les cinq sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, bien sûr... Quand sa mère décède brusquement et lui lègue son restaurant, Akiko décide de faire de sa passion pour la cuisine son métier, malgré des années passées à construire sa vie loin du modèle maternel. Grâce aux conseils d'une cheffe expérimentée, elle reprend le restaurant et le transforme, à son image, en un établissement simple qui propose de délicieux plats préparés à partir de produits frais et locaux. Accompagnée par Taro, le chat errant du quartier, et Shima-chan, une jeune serveuse appliquée, elle se lance dans une aventure qui pourrait bien lui permettre d'en apprendre plus sur celle qui l'a élevée et de se réconcilier avec son histoire familiale... D'une plume élégante et épurée, Yoko Mure met en lumière l'importance de partager de bons repas et célèbre le lien sans pareil qui nous unit à nos amis félins.
Cela fait un an que Penny a franchi pour la première fois les portes du Grand Magasin des Rêves, cet univers fabuleux où les dormeurs viennent chaque nuit choisir les rêves qu'ils désirent vivre. Dans le "quartier des compagnies" , les producteurs inventent sans relâche des rêves qui ressembleraient à une forêt tropicale, qui auraient l'odeur du riz cuit ou encore la couleur du bleu de la nuit : rêves primés ou rêves en solde, rêves de souvenirs, rêves de sieste ; ils sont tous de véritables créations artistiques. Penny découvre aussi le Service des Réclamations auquel s'adressent les rêveurs insatisfaits car certains ont cessé tout bonnement de se rendre au Grand Magasin des Rêves. Comment expliquer que certains dormeurs ne reviennent jamais ? Penny va lever le voile sur les aspirations secrètes des rêveurs en quête d'expériences immersives fabuleuses et surtout de sens à leur vie. Car s'il est vrai que le rêve permet de s'évader, il permet aussi de s'émanciper. Il réconcilie le dormeur avec lui-même en lui permettant de retrouver sa propre voix, parfois de manière imprévue. Et donne au lecteur la liberté de rêver.