Présentation de l'éditeur Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci, mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art désormais futile aux yeux de l'auteur. Ortega y Gasset s'attaque en effet à une tendance de l'art de l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du divertissement. Il est désormais élitiste, il exclut les masses. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle. En effet, l'art finit par se vider de tout contenu: "Tout comme dans un système de miroirs qui se réfléchissent indéfiniment les uns dans les autres, aucune forme n'est la dernière. Toutes sont moquées et réduites à pure image."
Nombre de pages
79
Date de parution
02/10/2014
Poids
94g
Largeur
103mm
Plus d'informations
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EAN
9782844859358
Titre
La déshumanisation de l'art
Auteur
Ortega y Gasset José ; Struvay Adeline ; Vauthier
Editeur
ALLIA
Largeur
103
Poids
94
Date de parution
20141002
Nombre de pages
79,00 €
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Don José Ortega y Gasset, madrilène (1883 - 1955), est l'une des figures les plus marquantes de l'Espagne contemporaine. Philosophe, professeur de métaphysique à l'Université de Madrid, fondateur et directeur de la célèbre Revista de Occidente, il a été vraiment le phare et le guide de toute une génération. Ortega y Gasset a enrichi la pensée européenne contemporaine en lui apportant la critique à la fois de l'idéalisme et du réalisme du XIXème siècle. Pour Ortega, le thème de notre temps est une tentative en vue de substituer "la raison vitale" à la raison pure. Considérant la pensée comme une fonction "biologique", il estime que "penser, c'est placer notre individualité devant les choses telles qu'elles sont". D'où une théorie de la perspective en tant "qu'ordre et forme que prend la réalité aux yeux de qui la contemple". Et d'où, aussi, cette déduction logique que "chaque vie est un point de vue sur l'univers". Si Ortega fait à l'Espagne une place considérable dans son oeuvre, sa curiosité, ses recherches, sa critique ne s'enferment jamais dans des frontières nationales, pas plus qu'elles ne se restreignent au domaine philosophique. Sciences, arts, lettres, grands événements du jour, faits politiques, sociaux, voire mondains, tout s'éclaire et s'ordonne en des perspectives nouvelles sous le regard pénétrant et hardi de ce penseur qui est aussi un écrivain de race. Lire Ortega y Gasset, c'est chaque fois s'engager dans une haute aventure, sûr d'en sortir rajeuni, enrichi ; c'est devenir soi-même le spectateur qui ne succombe pas à la tentation mais qui l'analyse, la filtre et la distille tout en la savourant.
Race prolifique", les imbéciles, du fait même de leur nombre, assurent la survie de l'espèce. Ils sont aussi source de divertissement et autorisent la plus grande paresse. Leur domination, vu la masse qu'ils représentent, permet l'oisiveté. Car si tous les hommes étaient intelligents, que d'efforts il faudrait déployer. Qui plus est, sans imbécile, pas de génie. En effet, l'imbécile accepte volontiers des tâches, voire des responsabilités, dont l'homme intelligent ne voudrait pour rien au monde. Raison pour laquelle les puissants en sont souvent doté, d'imbécillité. L'imbécile a ceci de dangereux qu'il se mêle de tout et volontiers d'art et de littérature, quand ce n'est pas de politique. C'est que les imbéciles sont partout et prolifèrent. Mais ce peut aussi être un avantage.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".