Esther Orner a publié son premier récit chez Metropolis en 1999. Avec Autobiographie de Personne, elle occupe immédiatement une place dans la littérature française. Elle a auparavant publié de nombreux textes dans la revue Commerce. Dès ce premier récit, elle est remarquée dans la page des nouveaux romans de l'année par la revue Lire « comme une auteure à suivre »: « Calme, lente, la musique de ces mots ciselés un à un envahit le lecteur. Et persiste longtemps après que le livre a été refermé ».Le Monde parle lui de: « L?écriture ou la mort: Faussement intemporel, pudiquement impersonnel, tel se présente le premier roman d'Esther Orner. Car, ce qui distinguerait ce texte bref, concentré, de la plupart des confessions concernant la catastrophe du judaïsme européen, serait justement son exceptionnelle qualité littéraire ». Une oeuvre où aucun nom de lieu, de personne, ni d?événement n'est prononcé. Phrases courtes, précises, elle écrit la mort sans jamais la nommer. Née juste avant la guerre, sa vie sera marquée par la disparition de son père qui ne reviendra pas de déportation, par sa condition d'enfant cachée en Belgique. Vers l?âge de treize ans, elle part pour Israël puis, s'installera à Paris pourune vingtaine d'années avec son mari et sa fille. Elle retourne définitivement en Israël dans les années 80. Elle appartient au groupe littéraire qui publie la revue Continuum où des auteur-es francophones continuent à publier en français. Elle a publié six autres textes chez Metropolis, tous remarqués par la critique française et suisse:
Nombre de pages
142
Date de parution
22/05/2012
Poids
174g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782883401907
Titre
Entre deux vies
Auteur
Orner Esther
Editeur
METROPOLIS
Largeur
130
Poids
174
Date de parution
20120522
Nombre de pages
142,00 €
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Absence de dates, de noms, de lieux, de personnes, dans ce journal écrit à la première personne du féminin. Même si l'auteure s'applique à brouiller les pistes, même si rien n'est prononcé, tout raconte la trajectoire solitaire de cette femme qui dit être née dans un pays qui est " mort " et n'avoir pas réussi à vivre dans celui où l'on arrive " à l'aube ". Dans le silence d'un mot qu'on ne prononce jamais, Shoah, s'installent tous les mots qui séparent la mère et la fille à qui ce journal est destiné, un silence qui les isole l'une de l'autre jusque dans cette maison de retraite où la narratrice vit ses dernières années.
Dans une ultime lettre, l'auteure tente de renouer le dialogue douloureux avec sa mère défunte depuis un an. Le long monologue qui s'écoule alors au fil des jours, comme une prière pour les morts, est rythmé par la tradition ancestrale, une façon de ne pas laisser la filiation s'éteindre.
Petite biographie pour un rêve est le troisième volet d'un triptyque qui tente de tisser la toile des souvenirs et de rétablir la parole. Le texte naît de la rencontre dans un rêve de deux figures de femmes. Interrogeant ces images de son passé, la narratrice se penche sur son enfance cachée pendant la Deuxième Guerre mondiale, et évoque en contrepoint ses débuts littéraires. Associant des bribes de mémoire et superposant les époques, l'écriture, à la fois allusive et répétitive, au rythme proche de celui de la parole, envoûtante comme un récitatif, lie les fragments du passé. Autobiographie de personne (éd. Metropolis, 1999), première ?uvre du triptyque, donne la parole à une mère vieillissante, alors que Fin et Suite (éd. Metropolis, 2001) est une longue missive d'adieu d'une fille à sa mère défunte.
... Les Israéliens sont toujours pour la coalition, rarement pour l'opposition, et en plus, personne ne veut en être. Je m y suis reconnue. Même lorsque je n'ai pas voté pour ceux qui sont au pouvoir, je les respecte. Et si souvent j'acquiesce c'est sans doute pour les remercier de bien vouloir diriger cet indirigeable pays et ce peuple que nous sommes. Et puis c'est ma compréhension de la démocratie, laisser gouverner tant qu'un gouvernement a la majorité. " Cette petite phrase glissée en page 155 proclame haut et fort le désir de l'auteure :: confier à un cahier les humeurs et les événements qui vont marquer un an de sa vie sans remettre en question le monde dans lequel elle vit. Esther Orner s'affirme ainsi ni militante, ni philosophe, ni moins encore futurologue, mais bien la pronatrice admirable et admirée du moi intime, et qui, malgré la peur au ventre, grimpe dans le bus ou le train pour courir de Tel-Aviv à Haïfa, de Jérusalem à Beersheba, aux fins d'assister à une conférence, la projection d'un film ou encore une discussion dans la petite communauté littéraire francophone d'Israël. Dans ce journal d'un an d'une guerre qui se définit pour elle uniquement comme " Intifada 2, attentats suicides ", elle se raconte dans son quotidien banal et souvent sanglant, comme elle le vit, le ressent, au jour le jour, sans vision d'avenir. Dans l'enfermement dans lequel la plonge la violence, " L'autre " est invisible, à peine esquissé, seulement vécu comme vérité mortifère.