L'armée dans la ville. Forces en présence, architectures et espaces urbains partagés (XVIe-XXIe sièc
Orgeix Emilie d' ; Meynen Nicolas
PU MIDI
27,00 €
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EAN :9782810707805
L'Armée dans la ville explore la question du partage des espaces, dans la ville moderne et contemporaine, entre civils et militaires. Au fil de treize articles, s'écrit une histoire, tour à tour tendue ou apaisée, des relations nouées entre administration militaire, corps municipaux et population civile, touchant la construction, l'entretien ou la réaffectation du patrimoine militaire. L'hybridation des lieux et des usages, l'appropriation des espaces et la résilience des ouvrages et des architectures militaires sont autant de signes à interpréter pour saisir la place et le rôle joués par l'armée dans la fabrique urbaine moderne et contemporaine. Les exemples de métissages architecturaux y abondent, de la maison forte au logement des soldats chez l'habitant, des magasins à vivres -granges aux places d'armes - marchés, sans oublier les esplanades-promenades, Champs-de-Mars - places publiques, portes de ville - cabarets, fossés-viviers, glacis-vergers, bastions-potagers ... autant d'espaces à vivre partagés, transformés, adaptés et appropriés tant par les populations civiles que militaires. La ville contemporaine, quant à elle, poursuit aujourd'hui pleinement cette relation dialectique à l'occasion de reconversions, réhabilitations et réaffectations du patrimoine construit ou planifié par les militaires. Casernes, corderies, hôpitaux, magasins, poudrières, portes de ville, forts et citadelles sont ainsi pleinement intégrés aux programmes de régénération urbaine.
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Nombre de pages
320
Date de parution
20/07/2022
Poids
857g
Largeur
191mm
Plus d'informations
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EAN
9782810707805
Titre
L'armée dans la ville. Forces en présence, architectures et espaces urbains partagés (XVIe-XXIe sièc
Auteur
Orgeix Emilie d' ; Meynen Nicolas
Editeur
PU MIDI
Largeur
191
Poids
857
Date de parution
20220720
Nombre de pages
320,00 €
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Dans la ville corsetée d'Ancien Régime où " les bourgeois sont, pour ainsi dire, les uns sur les autres " selon Vauban, les terrains situés au-delà de l'enceinte attisent toutes les convoitises. Si l'administration militaire impose officiellement l'établissement d'une zone non aedificandi – vaste anneau périphérique qui ne cesse de s'élargir au cours des XVIIe et XVIIIe siècles -, l'ensemble des archives dévoile une réalité de terrain bien différente. Au pied des remparts, agents du roi, administrateurs municipaux, gestionnaires militaires et habitants se livrent une guerre sans merci pour s'approprier des espaces que tous considèrent comme légitimes. La zone, souvent interlope, toujours bruyamment revendiquée par la population, bruisse d'infractions et de " petits arrangements " entre voisins de tout rang et de tout bord. Loin du portrait policé qu'offre la cartographie officielle, il n'y est question que de potagers clandestins établis dans les fortifications, de lavoirs, d'étendoirs, de mares à canards et même de futaies à haut vent plantées sur les glacis qui entravent les tirs depuis les bastions. Gendarmer les populations n'est pourtant pas le seul défi auquel doit répondre l'administration militaire. Sur " les dehors " des villes, les ingénieurs du roi se retrouvent confrontés à des travaux pharaoniques impliquant la gestion simultanée d'un grand nombre de corps bâtisseurs et ouvriers, le transport de centaines de milliers de mètres cube de terre, la construction d'imposants ouvrages militaires et l'établissement de terrains rapidement inondables en cas d'attaque. Au fil des décennies, la lente expertise qu'ils acquièrent en fait le principal outil d'un système de modélisation du territoire qui transforme durablement la configuration des villes. Cet ouvrage traite ainsi bien plus que de la construction des marges de la ville à l'époque moderne. Il illustre combien la périphérie urbaine, dont la naissance est encore souvent associée aux mutations de l'ère industrielle, a en réalité constitué l'un des principaux laboratoires de la fabrique urbaine d'Ancien Régime, reconstruisant par la même la généalogie brisée entre villes modernes et contemporaines.
Longtemps considérée comme une frontière naturelle, la montagne a été fondamentale pour le contrôle et la mise en défense permanente du territoire national largement bordé de massifs élevés. Contraints par des impératifs topographiques invariants et par des conditions météorologiques très souvent défavorables en altitude, les ingénieurs militaires ont procédé à des adaptations tant stratégiques que techniques et architecturales de leurs ouvrages, si nécessaire en domptant la nature sinon en la faisant plier. Quel est aujourd'hui l'état des connaissances de ces ouvrages de montagne (Pyrénées, Alpes, Jura, Vosges) et des documents historiques qui leur sont liés ? Comment les ingénieurs se sont-ils adaptés à l'anatomie si particulière de la montagne ? Comment construit-on en montagne, avec quels matériaux et dans quelles conditions ? Quel dialogue entre tradition vernaculaire et invention formelle et technique s'est mis en place ? Comment camoufler les ouvrages aux yeux des ennemis ? Et enfin, comment aujourd'hui conserver, mettre en valeur, faire vivre et connaître ces ouvrages aux typologies très variées, souvent difficiles d'accès et fragilisés par des conditions climatiques rigoureuses ? Ce riche ouvrage collectif, fruit d'une collaboration entre les universités Toulouse - Jean-Jaurès et Bordeaux-Montaigne, explore l'ensemble de ces questions à la lumière de cas d'études français et européens.
Casciato Maristella ; Orgeix Emilie d' ; Favel Bru
Comment assigner une valeur à l'architecture du XXe siècle ? Comment identifier et estimer la potée culturelle des édifices du mouvement moderne ? Comment lutter contre la perte inexorable des témoignages architecturaux des mouvements modernes ? Comment le temps et la mémoire agissent-il sur les processus de patrimonialisation ? L'architecture d'après-guerre est-elle trop récente pour être reconnue comme patrimoine ? Quels critères définir pour sélectionner, classer, organiser, lier et inventorier les édifices, sites, ensembles urbains, villes et paysages fruits d'un siècle durant lequel la modernisation des approches sociales, esthétiques et techniques a transformé la vie quotidienne ? Comment atteindre une vision commune et un ensemble de savoir-faire et les bonnes pratiques adaptés à la conservation des oeuvres du XXe siècle ? Et enfin, quels sont les leviers efficaces pour sensibiliser le public à la sauvegarde du patrimoine moderne ? Les auteurs de cet ouvrage se sont attachés à répondre à ces questions à travers un large spectre d'analyses approfondies sur le contexte d'émergence local et international du patrimoine architectural du XXe siècle. Les dix-huit essais qui le composent dressent un état des lieux précis des actions, programmes de recherche et d'enseignement mis en place depuis la fin des années 1980 par des institutions privées, publiques et universitaires à travers le monde autour de la question du patrimoine moderne. Dévoilant les avancées successives qui ont permis d'intégrer de nouveaux discours et dialectiques bouleversant profondément la vision canonique du patrimoine moderne, ils révèlent aussi, par ricochet, combien les enseignements nés de ses déplacements tectoniques et de l'ouverture à de nouveaux territoires patrimoniaux permettent aujourd'hui de mener une réflexion lucide et sélective sur la mise en place de processus de patrimonialisation adaptés à l'héritage du siècle passé.
Les études sur l'architecture civile et l'architecture militaire sont aujourd'hui conduites de manière trop souvent dissociée, comme si elles appartenaient à des cultures différentes que rien ne liait entre elles. C'est oublier que l'architecture militaire ne s'est détachée de l'ensemble des théories et des pratiques de la construction qu'à l'époque contemporaine et que les architectes du XVe au début du XIXe siècle étaient, pour la plupart, des ingénieurs militaires. Les liens entre ces deux architectures, ancrées dans un héritage antique commun, sont tout aussi pratiques que symboliques. Les formules que la culture classique, tout particulièrement romaine, a élaborées face au territoire conquis, au champ de bataille, au trophée, au triomphe, aux machines, nourrissent une abondante iconographie militaire continuellement présente dans l'architecture civile moderne. Plus l'architecture militaire se modernise, plus elle se justifie par l'image antique. Franchissant les limites disciplinaires et croisant les "thèmes" militaires et civils à travers leurs fondements antiques, les auteurs de ce livre traitent de sujets rarement abordés par l'histoire de l'architecture, pourtant centraux pour la culture architecturale européenne.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.