Ma ville rongée par la mer ! Je la connais rue par rue, quartier par quartier, je connais ses différences, la différence des visages et des âmes. J'ai un sentiment d'amour, de piété filiale envers cette ville, un sentiment de solidarité avec les êtres. Cortège de paumés : filles de joie sans joie, fantômes errants d'insomnie, vagabonds englués dans les bas-fonds du rêve. J'aime cette ville, labyrinthe où résonne, jusque dans la blancheur blême du petit matin, l'écho de la voix éraillée de Lumane Casimir. Dès qu'elle commençait à chanter de sa voix de braise, elle incendiait le monde de la meringue. Suis-je en train d'inventer ces images que je lâche au fur et à mesure comme des flatulences de petit mil ? Ethnologue de moi-même, je suis parti à la recherche d'images fondatrices, taraudé par le désir lancinant de comprendre cette vie que je vivais."Emile Ollivier.
Nombre de pages
173
Date de parution
23/03/1999
Poids
175g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070755028
Titre
Mille eaux. Récit
Auteur
Ollivier Emile
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
175
Date de parution
19990323
Nombre de pages
173,00 €
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Dans une ville des Caraïbes, un homme est assassiné de plusieurs coups de revolver. Cet homme s'appelait Sam Soliman, unanimement respecté et admiré, issu d'une des plus vieilles familles de l'île, veuf de Mona Monsanto, elle-même appartenant à un lignage dûment reconnu. L'un des témoins du meurtre, Adrien, revient d'un long exil au Canada, attiré par le vent de liberté qui souffle sur sa terre natale. La rumeur et les « hâbleurs » vont se charger de lui narrer à leur façon les généalogies et les malédictions, les folies et les rêves qui font les hommes et préservent leurs mystères. Les Urnes scellées : un roman lyrique, baroque et coloré, où la fatalité, la passion et la violence ont leurs motifs entrelacés, où la langue aux saveurs inouïes est à l'image de la végétation luxuriante, d'une population qui vit par à-coups, entre terreur et frénésie, possédée par la magie du verbe qui cautérise les plaies en réinventant le monde.Emile Ollivier, né à Haïti, professeur à l'université de Montréal, a publié plusieurs romans dont Mère-Solitude et La Discorde aux cent voix, aux éditions Albin Michel.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.