Au XIXe siècle, en Allemagne, l'histoire ne devient pas seulement la discipline maîtresse des " sciences de la culture ", elle parvient aussi à leur imposer ses problématiques, dont la discussion structure, dans le dernier tiers du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, la philosophie, l'économie, la sociologie, la théologie, l'histoire de l'art, la philologie... Le débat sur l'historisme, ou sur les implications de " l'historisation fondamentale de notre savoir et de notre pensée " (Ernst Troeltsch), loin d'être le fait des seuls historiens, devient un axe central de la vie intellectuelle allemande pendant cette période. En 1874, la Deuxième Inactuelle de Nietzsche l'interprète comme une confrontation de la " science " et de la " vie " ; la suspicion à l'égard de la " science " devient le premier objet des " sciences de la culture " allemandes, et rares sont ceux qui, tel Max Weber dans La Science comme métier et comme vocation (1917-1919), prennent le parti de la récuser au nom d'une défense inconditionnelle de la rationalité. L'historien allemand Otto Gerhard Oexle, spécialiste du Moyen Age et de l'historiographie, livre ici la synthèse d'une controverse majeure, qui éclaire les enjeux de bien des ?uvres souvent lues, en France, à l'écart de l'histoire qui en a porté la genèse.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.
Voici naître et fleurir, à la fin d'un siècle raisonneur, le génie prophétique de William Blake. Voici s'élever les chants les plus purs qu'on ait entendus depuis le temps de Shakespeare. Dans l'Angleterre rurale et citadine de George III, son regard inspiré perçoit tour à tour "les deux états contraires de l'âme humaine" opposant à la radieuse et naïve innocence qui recouvrait jusqu'aux taches noires du ramoneur et de l'esclave, l'âpre et sombre Expérience, surprise dans les replis du coeur comme dans les stigmates de l'oppression et de la misère.
Résumé : Ce livre rhapsodique réunit des essais sur l'histoire, la culture, la philosophie, la littérature, la langue des sciences modernes. Il s'agit, comme dans une éprouvette de chimiste, de provoquer des réactions entre ces diverses matières de pensée, en espérant voir se produire des combinaisons inédites et stimulantes. La science aujourd'hui est trop complexe quant à son travail propre, trop impliquée dans les rapports sociaux, trop liée aux formes idéologiques dominantes, pour n'être analysée qu'en termes épistémologiques, sociologiques ou historiques séparés. C'est de tous cotés à la fois qu'il s'agit de la comprendre - et, peut-être, de la transformer. De la confrontation entre une histoire de la science à venir, une analyse du réel selon la physique, une réflexion sur les rapports de Simone Weil ou de Bergson avec la science, une relecture moderne de Lucrèce, un apologue sur l'ignorance savante, une visite au chat de Schrödinger, une lettre à Marie Curie et une autre à Gustave Flaubert, un éloge des controverses, une lecture critique de la culture scientifique, un divertissement sur la chute des astronomes dans les puits, un scénario de science-friction, etc., on souhaite que se dégage une certaine effervesc(i)ence.
Un inventaire ses inventions les plus loufoques de tous les temps. De la poussette anti-attaque chimique au casque ventouse en passant par la cage à fenêtre pour bébé, le masque à poker, le parapluie à chaussures, le chapeau radio, le réducteur de menton, le chariot amphibie et le tank volant, nos inventeurs ont fait preuve, à n'en pas douter, d'une imagination sans limites !
Résumé : L'histoire des intellectuels, aujourd'hui, constitue un champ de recherches toujours en chantier. A la croisée des histoires politique et socioculturelle, elle s'écrit au pluriel, tant sont diverses les études portant sur les hommes et les groupes, les lieux ou les moments, tant diffèrent aussi les configurations propres à chacun des pays envisagés. Le bilan dressé ici prend en considération de multiples regards croisés sur l'histoire et les historiographies françaises et étrangères. Il présente également les apports et les supports de cette histoire : apports de disciplines voisines - histoire littéraire, histoire intellectuelle, sociologie - ; supports - de la revue aux médias audiovisuels - qui donnent forme ou sens à la vie intellectuelle. Enfin, la réflexion sur des figures connues - universitaires, savants, artistes - va de pair avec celle sur d'autres, plus récentes : intellectuels catholiques ou cinéastes, intellectuels francophones ou intellectuelles.
Résumé : Père de la théorie de l'évolution, Charles Darwin (1809-I882) a fait vaciller sur leurs bases les dogmes scientifiques et religieux de son temps, affirmant entre autres que "l'homme descend d'un quadrupède velu muni d'une queue, probablement arboricole". Mais quel homme était l'auteur de ce séisme intellectuel dont l'onde de choc vibre encore aujourd'hui ? De l'étudiant en théologie à l'agnostique convaincu, du voyageur audacieux traversant les Andes à clos de mule au vieux sage retiré dans son village du Kent, du rationaliste intransigeant à l'hypocondriaque abusé par des charlatans, Charles Darwin, révolutionnaire malgré lui, aura vécu une existence tout à la fois paisible et schizophrène où le conformiste Mister Charles s'oppose au subversif docteur Darwin.